Xavier Rolland : «On mérite notre place»

| Publié par | Catégories : Non classé

[Paris-Normandiehttp://www.paris-normandie.fr]\n\n\n\n\nFinale retour du championnat de France, manque d’engouement, exploits et fonctionnement des Huskies, Xavier Rolland, le président, dresse un rapide état des lieux du baseball à Rouen.\n\n- PN : Qu’avez-vous prévu pour la finale?\n- Xavier Rolland : {« On va réunir toutes les générations de joueurs depuis 20 ans. Nos résultats actuels sont aussi les leurs. Dary Lee, notre premier lanceur américain (en 1988), a pris un vol d’Atlanta. Ils porteront les maillots de l’époque. Des structures gonflables seront installées pour s’initier au baseball. Le match sera commenté au micro, diffusé sur Stadéo. On rajoutera des chaises et des bancs. Plein de gens veulent venir. On réserve aussi quelques surprises. »}\n\n- Mais pourquoi le baseball, à Rouen, attire-t-il en général si peu de spectateurs ?\n- {« A cause de notre qualité d’accueil déjà. Les gens aiment être au chaud, manger, être à côté des toilettes, pouvoir se garer… On l’a vu avec le hockey. L’ancienne patinoire des Dragons sonnait le creux. Avec la nouvelle, l’affluence a explosé. Nous, on n’est pas capable de proposer ça. Les gens vont et viennent. Sur un instant, ils sont une cinquantaine. Sur l’ensemble de la journée, ils sont 400. C’est au niveau du CFA-CFA2 en football. »\n}\n\n- Beaucoup reprochent à ce sport d’être lent, complexe et peu spectaculaire. Comprenez-vous ces critiques ?\n- {« Il n’y a pas de buts, pas de panier. C’est une autre culture. Alors oui, je les comprends. Quand, en plus, on ne connaît pas les règles, et donc les tactiques, l’intérêt s’évapore forcément. Tout peut se jouer sur une frappe. Cette intensité, peu de sports la procurent. C’est ce qui fait son charme. Des réflexions sont menées au niveau mondial pour accélérer le jeu. Au Canada, beaucoup de matches se jouent en 7 manches (au lieu de 9). En Amérique du Nord et du Sud, au Japon, en Corée, tout le monde s’éclate. On peut être un outil de développement économique pour la ville. Parmi tous les clubs de la région, on a la plus grande dimension internationale. »}\n\n\n\n- Il y a un décalage entre l’intérêt général et le fonctionnement des Huskies, très professionnel…\n- {« On est obligé d’en faire plus que tout le monde pour combattre le scepticisme. Quand on a remporté notre premier titre, on nous a dit que c’était facile. Depuis on a montré notre niveau sur la scène européenne. Joris Bert a été le premier Français de toute l’histoire a être drafté en Major League, par les Los Angeles Dodgers. C’est frustrant. Les mecs ne sont pas reconnus à la hauteur de leur talent. On mérite notre place à Rouen. Je vais paraître prétentieux. Mais ce qu’on a fait en Italie l’an dernier (éliminer Rimini et San Marin, les champions d’Europe 2005 et 2006, lors de la coupe d’Europe 2007), est un des plus grands exploits rouennais de ces dernières années. Dans le monde du baseball, ça a fait l’effet d’une bombe. Une équipe de foot aurait défilé sur les Champs- Elysées. »}\n\n[ Paris-Normandie – R.Ferber – 16/10/2008 ]\n\n—-\n\n\n[Paris-Normandiehttp://www.paris-normandie.fr]\n\n{«Des exploits dans l’ombre» }\n\nLes gradins du terrain Pierre-Rolland ne sont remplis qu’à moitié. Copains, copines, parents… Une quarantaine. Sur le champ, les Huskies de Rouen. Journée classique de championnat. Aux alentours, on court sur le parcours de jogging. Partie de foot ou de basket-ball sur les terrains stabilisés. Lecture sur la pelouse. Même quadruples champion de France, vice-champions d’Europe 2007 et comptant la moitié de l’équipe nationale dans ses rangs, les baseballeurs de Rouen jouent dans l’indifférence générale. Dans leur bulle.\n_ {« Ça ne nous dérange pas. On est fans de ce sport »}, jure Luc Piquet, le 2e base rouennais, international. {« Les coupes d’Europe et l’équipe de France sont au bout. Les voyages en République tchèque, en Italie, les stades de 3000 places. C’est notre récompense. »} Le baseball, un sport à l’écart ? {«Comme d’autres sports. Je crois que le canoë attire peu en dehors des JO. Et on ne se compare pas au foot. Par ignorance, certains peuvent se moquer. D’autres s’y intéressent. »} Piquet est un ancien du club. Il a vécu les quatre titres de champion de France. {« Au début, personne ne nous suivait, même en finale. Maintenant, il y a de plus en plus de monde. »}\n\nA Rouen, l’équipe Elite des Huskies n’est plus une façade, même si le club a failli disparaître en 1994. Xavier Rolland, à l’origine de la création du club avec son frère et deux amis, en 1986, a lancé un travail de fond. Recrutement d’éducateurs, naissance d’un pôle France (qui fête ses dix ans cette année).\n_ Aujourd’hui, 150 licenciés. Trois équipes seniors (Elite, N1, régionale), une équipe mixte de softball, des cadets, des minimes, des benjamins. Une école de baseball (dès 5 ans). Chaque année, une équipe part jouer à l’étranger. {« Les échanges internationaux, c’est notre philosophie »}, explique Rolland. C’est par delà les frontières que le club trouve d’ailleurs sa reconnaissance. {« En Italie, on a lu des articles sur nous jamais vus en France. A Rouen on est atypiques. Mais à Brême, Rotterdam, Anvers ou Barcelone, on nous respecte. »}\n\nR. F. \n