Templiers – Huskies Sous le signe du suspens

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\nOn ne peut pas vraiment parler de surprise. Que Rouen et Sénart se retrouvent face à face en finale du championnat de France 2008 faisait partie des fortes probabilités en ce début de saison. Les deux favoris logiques n’ont pas manqué leur rendez-vous. Si les trajectoires n’ont pas été parallèles, la mise sur orbite est finalement réussie. Reste à savoir maintenant lequel atterrira sans encombre sur la planète victoire.\n\n\n_ Les deux équipes ont faim. Rouen n’est pas rassasié de victoire, et veut continuer à imposer sa marque dans l’histoire du baseball français en remportant un quatrième titre consécutif (un cinquième au total), exploit qui n’a pas été réalisé depuis le grand PUC, alors que la concurrence était un peu moins rude. \n\n_ Sénart veut arriver au sommet, faire tomber le tenant du titre, imposer son style et sa façon de pensée.\n\n_ Les Templiers ne cessent de progresser au fil des saisons. Depuis leur arrivée en Élite en 2004, emmenés sur le monticule par le fougueux Lachapelle, ils ont tenté plusieurs recettes pour arriver au sommet. Ils furent ainsi les premiers, en 2005, à faire appel à un joueur professionnel de l’union européenne, en l’occurrence Geoff Freeborn. Les Sénartais échouèrent cette année- là en demi-finale contre Rouen (8-5, 3-0). Ce fut ensuite la filière sud-américaine, avec Martinez, Santos, Aray, complétés de Falls et Recuenco et en cerise sur le gâteau le retour de Sylvain Hervieu. Au bout du compte, une nouvelle demi-finale pour Sénart, qui échoue devant le Toulouse de Max Leblanc et Sam Meurant. \nSénart tente en 2007 une nouvelle approche, celle des passeports anglais : Hunt, Young, Hobbs-Brown rejoignent le club, qui met la main aussi sur Blesoff, fait venir Samuel Meurant et sortir de sa retraite David Meurant. On connaît le résultat, une finale héroïque contre Rouen. \n\n{2008, changement d’orientation dans la politique de recrutement sénartais.} \n\n\n\nPlace aux cadres d’hier et d’aujourd’hui de l’équipe de France : Hervé, Benhamida, Anthony Meurant et Fessy endossent l’armure des Templiers. Sénart survole le championnat, remporte son premier titre, le challenge de France (avec au passage une correction retentissante sur Savigny en finale), fait trembler chez lui Regensburg en Coupe d’Europe (au bout du compte, une très belle victoire contre les tchèques pour la 5ème place synonyme de maintien en Groupe A) et gère tranquillement sa fin de saison pour arriver au top pour l’ultime rendez-vous de la saison.\n\n_ Les rouennais ont connu de leur côté quelques hauts et bas, des blessures, des rendez-vous ratés, mais ont su se recomposer durant l’été, et retrouver leur fonds de jeu dans la dernière ligne droite.\n\n_ Autant dire que le duel est des plus indécis. \n\n_ Les deux équipes présentent chacune de solides arguments à faire valoir.\n\n_ Sénart regorge de talents. Défensivement, l’arrivée de Sébastien Hervé a stabilisé l’avant-champ, et sa complicité avec Lahcène Benahmida est un gage de nombreux double-jeux réussis. Aux extrémités du losange, l’expérience est là, on ne tombera pas dans la fébrilité et le n’importe quoi, avec David Meurant et Ian Young. Derrière le marbre, Ernesto Martinez continue au fil des saisons d’ignorer les balles passées, et son bras rend timides les voleurs de bases les plus agressifs. Il est parfaitement secondé par Benjamin Deruelle, un guerrier, capable d’évoluer par ailleurs à plusieurs positions. Au champ extérieur, là aussi une arrivée fort utile avec Gaspard Fessy, toujours spectaculaire et efficace, complétant à merveille Hervieu et A.Meurant.\n\n_ L’attaque de Templiers est tout aussi redoutable. Elle est capable d’exploser à tout moment : Meurant, Young, Martinez, Fessy sont tous capables de sortir la balle à n’importe quel moment, de même que Blesoff, dont la puissance a surpris cette saison. Hervé et Benahmida apportent de la vitesse et permettent à Didier Seminet et mixer les stratégies, de recourir souvent à l’amorti, au double vol ou au cours et frappe. Enfin, sur le monticule, rien à craindre pour les Templiers. Si Samuel Meurant a paru parfois un peu moins dominant que ces dernières saisons, il demeure un spécialiste de tout premier ordre, contre lequel marquer un point n’est jamais chose facile. Blesoff a souffert de douleurs dans l’épaule toute la saison, mais son match complet à Montpellier semble indiquer que tout est revenu dans l’ordre. Là aussi, on à affaire à un lanceur de tout premier ordre, à la slider dévastatrice. Pour compléter ce duo, Mathieu Brelle, le MVP de la finale 2007, qui ne cesse de progresser.\n\n{Les rouennais ont aussi des armes à faire valoir.}\n\n\n\n_ Ainsi le champ extérieur rouennais n’a sans doute pas d’équivalent en France. Peron (ou Jordan Bert), Hagiwara et Joris Bert, c’est beaucoup de terrain couvert, et des balles qui reviennent très vite. A l’avant-champ, Scalabrini est égal à lui-même, sans doute le meilleur spécialiste à son poste dans le championnat de France. En troisième base, Randy Perez fait parler son bras-canon, et derrière le marbre, Boris Marche apporte son talent et sa sérénité. Du côté des lanceurs, Keino Perez continue depuis quatre saisons à donner des maux de tête aux frappeurs adverses. Les rouennais ont eu plus de difficultés avec leurs lanceurs français. Tour à tour Ouin, Couton, Sochon, Crescent ou Aoutin ont eu leur chance, sans parvenir à s’imposer de façon durable. Le retour de Nicolas Dubaut sera-t-il suffisant ? Après 9 mois sans lancer, le héros de l’année 2007 aura-t-il retrouvé à temps l’intégralité de ses moyens ? Une partie de la finale 2008 tient dans la réponse à cette question. L’attaque rouennaise est très équilibrée, du 1er au 9ème frappeur, avec beaucoup de vitesse (Bert, Hagiwara, Piquet), et une bonne dose de puissance (Gauthier, David). Les rouennais sont capables d’enchaîner les coups-sûrs, et ne donnent pas beaucoup de repos aux lanceurs adverses.\n\n\n{A quoi alors va se jouer cette finale ?} \n\n_ Sans doute à pas grand-chose. La forme du moment, un peu de chance, un héros inattendu… Les matches s’annoncent âpres, au couteau, disputé du premier au dernier lancer. Du premier au cinquième match. En plus, un vrai antagonisme oppose les deux équipes, qui a vu parfois le ton monter entre dirigeants, coaches ou entre joueurs. Ce n’est pas encore Yankees – Red Sox, mais une certaine rivalité musclée peut s’exprimer pendant les matches, ajoutant, après tout, un grain de sel qui peut ajouter au spectacle, si elle reste dans les limites de la correction.\n_ Deux belles équipes, des joueurs de talent, une forte envie de faire toucher les deux épaules à l’adversaire, la finale du championnat de France 2008 s’annonce sous le signe du spectacle. Après la bataille de Chartres en 2007, la revanche d’octobre fait saliver. Play-ball !\n