Senor Keino Perez, MVP

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{crédit Christophe Elise}
\n\n_ MVP de la série finale ? Le lanceur rouennais aurait pu prétendre au même titre si celui-ci été également décerné pour la saison complète.\n_ Keino a en effet remporté 17 victoires pour aucune défaite, toutes compétitions confondues. C’est lui, en Coupe d’Europe, qui blanchit les Champions d’Espagne Tenerife (victoire 2 à 0 et 3 petits hits seulement accordés en 9 manches). C’est lui qui vient closer la finale du Challenge de France (victoire 7/5 face à Savigny). Et c’est lui qui est sur la butte dimanche dernier. Lors de la finale, il décroche 2 victoires et 1 sauvegarde. \nIl affiche un ERA de 1.20, deux points mérités en 15 manches lancées. \n_ A 30 ans, il les a eus le 7 octobre, ce futur papa a peut-être réalisé sa meilleure saison à Rouen. Mais l’ancien lanceur des Orioles de Baltimore promet encore mieux en 2010. \n \nKeino, Rouen n’a jamais perdu de finale de championnat. C’est quoi la recette ? \n_ On joue pour l’amour du baseball. Et moi, je fais tout pour aider cette équipe. Tous les ans, nous avons de nouveaux joueurs au contact desquels j’apprends beaucoup. Je pense leur enseigner aussi des choses, leur montrer la valeur de ce groupe au sein duquel gagner est devenu une tradition. \n_ J’ai commencé en 2005 avec des amis comme Robin Roy, Boris Marche, Yann Monnet, Boris Rothermundt ou Luc Piquet. Je poursuis maintenant avec les joueurs plus jeunes comme Kenji (Hagiwara), David (Gauthier) ou Joris (Bert). \n_ Tous les joueurs (comme les ex-joueurs) aiment beaucoup gagner, et ils donnent, de génération en génération, cette culture du baseball à Rouen, cette volonté de vaincre. J’ai l’honneur de participer à l’enrichissement de cette culture. La coupe d’Europe est notre nouvel objectif. Je ne sais pas si nous allons être champions d’Europe en 2010 ou dans 10 ans, mais quand nous le ferons, ce sera notre victoire à tous. Ce sera le résultat du travail de l’actuelle et la future génération… Nous aurons établi les bases. \n\nComment as tu vécu les matchs de cette finale ? \n_ Ce fut des matchs solides de la part des deux équipes. Les joueurs des deux équipes ont tout donné, lors de chaque passage au bâton, lors de chaque lancer.. Et nous avons été poussés par nos fans. Eux aussi ont été à la hauteur de la finale, ils étaient euphoriques comme jamais. \n_ On a pu voir le niveau de jeu qu’on est capable de pratiquer en France… J’espère qu’il va continuer sa progression. \n\n\n
{crédit Christophe Elise}
\n\nQuels sont les moments forts que tu garderas des matchs dans ta tête ? \n_ Le première match: Dans le 4eme manche, Nicolas (Dubaut) frappe un double avec bases pleines, et le Hit by pitch de Kenji (Hagiwara) dans le 11eme manche (HbP qui donne la victoire à Rouen).\n_ Le deuxième match: Le double jeu que tourne notre défense dans la 6eme manche quand je relève Giovanni.\n_ Le troisième match: La blessure de Robin (Roy, qui sort en 4me) qui ajoute encore plus de tension à la finale.\n_ Le quatrième match: Dans le 6eme manche, le double jeu de Nicolas (Dubaut, quand Stewart frappe une flèche directement sur lui avec bases pleines et aucun retrait), le moment qui marque la finale et refroidit les espoirs de Savigny. \n \nMeilleur lanceur. MVP. Quel est le titre dont tu es le plus fier ? \n_ MVP, parce que je peux lancer deux gros matchs, gagner le titre de meilleur lanceur, et malgré tout je peux ne pas être champion.. Mais le MVP, c’est la distinction que l’on offre à un joueur membre de l’équipe championne. \n\nEst-ce la meilleure équipe de Rouen dans laquelle tu as joué ? \n_ C’est l’équipe la plus mature et individuellement la plus forte. Mais j’ai une petite faiblesse pour l’équipe de 2005 avec Yann (Monnet), Boris (Rothermundt), Blake (Densichuk), Robin « ROI » Roy, Brian Deler, Thomas Mechmache, Boris Marche, Flavien Peron, Giovanni Ouin, Hugues appleby, Simon Colboc, Pierre Leguillou, Kenji Hagiwara, Batiste Polidor et Joris Fillatre.\n\nEt toi, penses tu que tu as réalisé ta meilleure saison ?\n_ Je ne sais pas. J’ai eu un début de saison difficile, j’étais blessé et je suis revenu doucement. \n_ C’est pour cela aussi que j’ai dû changer ma façon de lancer. J’ai moins réussi de strike out, je me suis plus appuyé sur ma défense. Mais j’ai toujours tout donné à 100%. Alors est-ce ma meilleure saison ? Peut-être. Mais moins bonne que la prochaine. C’est un Keino « plus frais » qui visera avec ses copains un nouveau titre de champion en 2010 \n\nQuel sera ton meilleur souvenir ? Rouen Tenerife ? Rouen Savigny au Challenge ? Rouen Savigny en finale dimanche ?\n_ Battre Tenerife a représenté une grande fierté. C’est une victoire qui nous a ouvert la voie pour réussir une nouvelle performance en Coupe d’Europe. Je suis triste de ne pas avoir lancé contre Nettuno lors du dernier match de cette Coupe d’Europe. Mais je sais que cela va arriver, qu’un jour je lancerai la balle pour le titre européen.\n \n_ Gagner contre Savigny, c’est forcément un grand souvenir. Je savais dès le mois de mars lorsqu’on les a affronté en amical, que ce serait notre plus dangereux adversaire, qu’on les retrouverait en finale. \nTu sais, c’est à chaque fois un peu plus difficile quand on lance contre un frappeur. Ils te connaissent mieux plus, ils savent comment tu lance. C’est pour cela, qu’avec Moochie (son receveur Boris Marche), on a décidé de changer des petites choses lors des play offs. Savigny a des frappeurs intelligents et gagner contre ce line-up me donne une grande satisfaction. \n \n_ L’autre grand souvenir que je garde en moi, quand nous gagnons, ce sont les visages de mes coéquipiers… Leurs sourires… J’aime cela. j’aime bien ça. \n_ Comment oublier notre joie quand nous avons battu Amsterdam en Coupe d’Europe avec Robin sur la butte ! \n\n\n\n{L’AVIS DE FRANÇOIS COLOMBIER ET DE ROBIN ROY}\n \nKeino a t il fait sa meilleure saison en France ? \n_ RR: Je n’ai pas vu toutes ses saisons, mais Keino a fait en 2009 une très grande saison. Il a gagné de gros matchs, notamment en coupe d’Europe, et une grosse performance en finale.\n_ FC: Dans un premier temps, laissons parler les statistiques. En prenant en compte toutes les compétitions (, Championnat, Play offs, Challenge, Coupe d’Europe), voici ses performances.\n- 2005 : 17-2, 2 sv, ERA : 2,26, K/9 : 9,57 , BAA : .205.\n- 2006 : 7-2, 2 sv, 3,24 / 6,66 / .247.\n- 2007 : 12-1, 3 sv, 1,44 / 8,21 / .203. \n- 2008 : 13-2, 1 sv, 1,93 / 8,21 / .212. \n- 2009 : 17-0, 5 sv, 1,07 / 5,20 / .204. \n\n_ Les chiffres ne mentent, c’est sa meilleure saison. La seule chose qui a un peu baissé c’est son nombre de strike-out, ce qui est dû sans doute au fait que sa rapide est peu moins explosive que par le passé. Mais la qualité de ses tirs et leur précision (à l’image de son change-up, qui est un modèle du genre) fait que la moyenne des frappeurs adverses reste semblable d’une année sur l’autre. Keino a sorti des gros matches quand il le fallait, contre Tenerife, la ½ finale contre Montpellier, le 4ème match de la finale, et a également affiché sa présence comme releveur dans des moments chauds, contre Anvers, en finale du challenge, lors du premier week-end des finales. Il a répondu présent à chaque fois. C’est une saison vraiment exceptionnelle pour lui. Il faut également souligner son investissement sans faille pendant les entraînements. \n \nQuelle est sa principale qualité ? \n_ RR: Keino est un guerrier, un winner.C’est un grand joueur d’équipe qui va au devant. Il fait surtout preuve d’une grande régularité. Depuis son arrivée chez nous, je ne me souviens pas de mauvais matches, on sait qu’il répond présent.\n_ FC: Sportivement, c’est un battant, un gagneur qui ne lâche jamais rien, qui donne tout pour son maillot. Il a une éthique de travail irréprochable qui fait qu’il est rarement blessé. Il connaît le jeu à la perfection, il sait comment réagir, comment s’adapter. Et humainement, Keino est une excellente personne, un ami fidèle, avec beaucoup d’humour. Il a fait beaucoup de progrès en français, mais continue à nous amuser avec sa façon de prononcer certaines phrases. Le « c’est pas rigole » pour dire « on n’est pas là pour s’amuser », est devenu un des musts chez les Huskies ! Bien sûr, il a parfois le sang chaud, c’est un « latino », mais il s’européanise de plus en plus dans ses comportements ! \n\nQu’aimez-vous le plus chez lui ? \n_ RR: Sa personnalité. C’est un grand monsieur. Droit avec une belle éthique de travail.\n_ FC: J’adore le voir serrer le poing après un gros retrait dans un match serré. Il exprime là toute sa volonté, son envie de gagner, son amour du club. \n \n{Eric Hartout,} \npatron du Chalet \net employeur de Keino\n_ KEÏNO, un grand Monsieur, toujours égal, qui ne faillit jamais devant les évènements. Je n’ai jamais vu quelqu’un s’adapter aussi vite à un nouveau défi ! Lorsqu’il est arrivé au Chalet alors qu’il maitrisait si peu notre langue, il avait tout compris en une petite semaine, le travail bien sur, mais surtout les subtilités qui l’entourent. \n_ La rigueur est pour moi sa plus grande qualité, vérifiée dans toutes les circonstances. Son exigence personnelle confine parfois à l’intransigeance à l’égard des autres, mais toujours dans le but de « servir une cause » qui pour lui est plus importante que tout, au risque de se faire mal voir par ses collègues. \n_ Autrement dit, j’ai le sentiment qu’il s’agit d’une qualité nécessaire au rôle de manager, si bien que je n’hésite jamais à lui confier la formation et l’encadrement des nouveaux arrivants. \n_ Que dire de plus, à part que je remercie souvent le Baseball de m’avoir fait rencontrer cet homme ! \n \n \n{Xavier Rolland} \nPrésident des Huskies\n_ J’ai beaucoup d’affection pour Keino, qui est quelqu’un de droit, de travailleur, de fidèle. \n_ Il aime le club, s’investit beaucoup. Si quelqu’un ouvre un fan club, je prends ma carte. C’est un guerrier. D’ailleurs il avait été caricaturé au club avec un couteau à la ceinture. Il donne toujours tout. Il peut être moins bon un jour, mais il aura tout de même tout donné. \n_ Une anecdote résume bien sa mentalité. C’était en Coupe d’Europe 2007 en Italie. Il avait lancé contre Tenerife 9 manches deux jours plus tôt. Il fallait conserver notre point d’avance en fin de match contre les Italiens. Sébastien Bougie le manager de l’époque le voit mettre ses spikes et se préparer. Sébastien est surpris. »-Qu’est ce que tu fais ? -Je veux aller lancer et terminer le boulot. -Mais tu ne peux pas, tu n’as plus de bras ! -Je n’ai plus de bras mais j’ai encore des c…lles ! » Le vocabulaire n’est peut-être pas très poétique, mais on comprend bien le message. Sébastien m’a avoué qu’il y avait tellement de détermination dans le regard de Keino qu’il lui a donné la balle. Et on a gagné. \n_ Autre exemple, coupe d’Europe l’a passé en Italie encore. Il a lancé la veille. Il sait que ce jour-là, il ne va pas jouer, il est au repos. Je suis dans le Hall de l’hôtel. Je le vois partir avant tout le monde, une heure avant le rendez-vous. Il m’explique qu’il y va déjà par ce qu’il veut s’échauffer et bien se préparer ! Au cas où ! \n_ C’est cela Keino. C’est un sacré bonhomme. \n \n