Rouen Savigny, le choc de la finale

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\n\nC’est une affaire de prestige qui est en jeu. Pour les Huskies continuer leur série de saisons victorieuses et graver un peu plus profondément encore leur nom dans le marbre de la légende du baseball français. Pour les Lions, c’est briser l’hégémonie du tenant, le rejoindre au nombre de victoires finales, c’est rugir encore une fois au sommet du championnat. \n_ Ce sera aussi une affaire d’hommes, car il est rare que de l’affrontement Rouen – Savigny ne naissent pas quelques étincelles, quelques regards bravaches, quelques échanges musclés. L’intimidation fait aussi partie d’une finale. Le beau jeu aussi, et les nombreux talents qui peuplent les line-up des deux équipes sont garants de matches spectaculaires, indécis jusqu’à dernier retrait.\n\n_ Depuis 1998, le titre se partage entre ces deux formations. Savigny l’a emporté en 1998, 1999, 2001, 2002 et 2004, Rouen en 2003, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009. Seul le PUC a joué les intrus en 2000, mais c’est le PUC, qui ne fait jamais rien tout à fait comme les autres. \n_ Si on ajoute deux Challenges de France pour Savigny (2003, 2005) et trois pour Rouen (2002, 2007, 2009), on comprend que même l’observateur le moins averti des choses du baseball et du sport pourrait conclure que le baseball français de ces douze dernières années appartient à ces deux clubs. \n \n_ Avec une petite nuance. Cela fait cinq ans que les Lions n’ont rien gagné, alors que les Huskies surfent depuis la même période sur des succès nationaux et parfois continentaux. « Savigny est toujours là. Les autres équipes ne tiennent pas le rythme sur la distance. Sénart et Toulouse, qui nous ont concurrencés entre 2006 et 2008, se sont essoufflés. Montpellier n’est plus parvenu en finale depuis 2004. Les Lions eux, sont toujours là. Ils sont su passer au travers d’années un peu plus difficiles pour revenir au sommet », constate Xavier Rolland.\n \n{C’EST LA QUATRIÈME FINALE ROUEN SAVIGNY}\n \n\n\nAu cours de ces 12 ans de règne, les deux équipes se sont croisées trois fois en finale. En 2003, les rouennais de Christian Chénard avaient réussi un hold-up parfait dans le match 1 et Savigny ne s’en était jamais remis, Robin Roy se chargeant du reste. En 2005, c’est Blake Denischuk qui avait consciencieusement matraqué les lanceurs des Lions pour donner la victoire à son équipe. En 2009, au tour de Keino Perez de jouer les héros au monticule avec deux victoires et un sauvetage. La finale appartient donc souvent à un seul homme. Et ils sont nombreux à pouvoir jouer les héros. \n_ Du côté des Lions, on pense à Tim Stewart, force offensive majeure, et lanceur de tout premier plan, à Pierrick Lemestre, qui gagne en maturité à chacune de ses sorties au monticule, à Florian Peyrichou, toujours aussi juste en défense et efficace en attaque, à Yann Dal Zotto dont la combativité et l’explosivité font merveille dans ce genre d’affrontement au couteau, à Vincent Ferreira, joueur de devoir et excellent frappeur, à Romain Martinez, bougie d’allumage d’un line-up surpuissant. \n\n_ A Rouen, cela pourrait être Anthony Piquet, qui mérite de remporter un titre majeur après une si belle carrière, à Keino Perez, qui ne sait pas ce que perdre une finale veut dire, au duo Joris Bert – Luc Piquet, dont les succès aux deux premiers rangs du line-up jouent un rôle essentiel dans la bonne santé des Huskies, à Aaron Hornostaj, capable d’élever son niveau de jeu à des sommets que peut peuvent approcher en France, à David Gauthier, infatigable producteur de point, à Kenji Hagiwara, tour de contrôle du champ extérieur, à Boris Marche, jamais aussi efficace que quand cela compte vraiment.\n\n\n{ ROUEN A BOULEVERSÉ SON EFFECTIF}\n\n \n \n_ Les deux équipes ont connu un parcours très diffèrent cette année. Déjà, au niveau de l’effectif. Les Lions ont misé sur la stabilité l’hiver dernier. Seul départ, celui pour l’Allemagne de Jérôme Rousseau (dont le puissant bâton manque un peu dans le line-up des Lions), compensée par l’arrivée du lanceur américain Kyle Nash, et d’une brochette de jeunes talents, le rapide Boubacard Guaye, et lanceurs Eloi Secleppe et Nicholas Walterpserger. Les Lions ont aussi fait de gros efforts en termes de communication, d’organisation, et il convient ici de souligner cet aspect positif.\n_ Du côté rouennais, un impressionnante vague de départ, et pas des moindres (Dubaut, Scalabrini, Sochon, Peron, Young, Grimaud, Israël, Miet), compensée par les arrivées d’Aaron Hornostaj, Mark Terrana (remplacé ensuite par Mike Musgrave), Anthony Piquet, Mathieu Brau et Maxime Lefevre. \n_ Et aujourd’hui, les deux équipes ont quelques soucis d’effectif un peu du côté des Lions avec l’épaule de Kyle Nash, au repos depuis quelques semaines, beaucoup du côté des rouennais avec une forte envolée au-dessus de l’Altantique, et les départs de Musgrave, Lefevre, Becquey et Benedek et la blessure de Brau. « Ce n’est pas grave, nous avons intégré Yohann Bret et Oscar Combes dans le line-up, et c’est déjà comme s’ils avaient toujours joué avec nous », se réjouit Robin Roy.\n \n{ ROUEN FINIT EN TROMBE} \n \n\n \n_ La saison des Lions et des Huskies a pris des trajectoires différentes. Les deux équipes ont fait jeu égal pendant la première moitié de saison, puis les Lions se sont envolés pendant les matches retour, quand les Huskies bafouillaient leur baseball, et ne terminaient qu’à la 3ème place de la saison régulière. Ils se sont même fait corriger par les Lions au cÅ“ur du mois d’août. Il faudra un jour se demander à quel point ce match a servi de tournant pour les rouennais. Depuis, ils n’ont plus perdu. Ils ont blanchi deux fois Toulouse, se sont sortis du guêpier européen en dominant à la surprise quasi-générale les dangereux allemands de Solingen, et n’ont rien lâché en play-offs, terminant avec une fiche de 7-0. \n_ « Tout ça, c’est bien, mais c’est du passé. On ne construit pas un match sur le souvenir des autres. C’est une finale, tout repart à zéro. Savigny nous a battu deux fois en août, nous les avons battu trois fois en play-offs, mais on joue au baseball, et chaque match est différent de l’autre », prévient Robin Roy.\n\n{0FFICIELS}\n\n\n\n\n- Les scoreurs\n_ Week end aller \n_ Suzanne Bricaud, Alexandra Defane et Stéphanie Raulet.\n \n_ Week end retour\n_ Pascal Maitrot, Didier Chenal et Stéphanie Raulet\n \n- Les arbitres\n_ {Matchs à Savigny} : Makouchetchev, Lacoste, Carrette-Legrand, Lautier\n_ {Matchs à Rouen} : N’Guyen Makouchetchev, Lautier, Carrette-Legrand\n_ {Derrière le marbre} : Makouchetchev (match 1 et 5), Lacoste (2), Carette (3), Lautier (4)\n\n