Rouen, quartier américain…

| Publié par | Catégories : Non classé

\n\n\nSolide et puissant lanceur de 26 ans (1,90 m, 100 kg), Jason Kosow va apporter la culture du baseball américain auprès des jeunes lanceurs rouennais (photo Raphaël Ferber) \n\nCasquette bleue des Nashua Pride sur la tête, Jason Kosow balaie brièvement la terre battue de son monticule avec sa grosse paire de baskets. Laurent Aoutin, le receveur, vient de lui renvoyer la balle. L’Américain visualise son prochain lancer. Dernière trouvaille des Huskies, ce natif de Mount Krisco (état de New-York) porte encore le blouson du Babson collège de Boston qu’il a fréquenté jusqu’en 2004, et le short des Arizona Mesa Cubs dont il était joueur en rookie league. Il y a deux semaines à peine, il quittait Boston pour rallier l’aéroport Charles De Gaulles via un crochet par Londres. Six heures de décalage horaire. Quinze heures de vol. A l’arrivée à Paris, l’attente se prolonge. Ses bagages n’ont pas suivi. Quatre heures à attendre mais Kosow n’en perd pas son sourire, sorte de marque de fabrique chez l’Américain. Boris Marche et Nicolas Dubaut, ses nouveaux coéquipiers, sont venus l’accueillir à l’aéroport. Son manuel d’apprentissage du français est resté dans ses valises. Premiers échanges autour d’un hamburger, et le trio prend la direction des Pays-Bas pour rejoindre les Huskies en plein tournoi de préparation à Utrecht. Cinq heures de route. \nEn Chrysler. Les symboles des States continuent de suivre Kosow en France mais ce n’est que pure coïncidence.\n\nDes lancers qui atteignent 145 km/h\n\nLe lanceur a soif de découvertes. « J’étais super excité malgré la fatigue. Mon arrivée à Rouen est comme une porte ouverte sur d’autres cultures. Je ne connais rien de l’Europe et de la France. Je veux visiter des châteaux ! Aller à Paris, Londres, Barcelone… Aux USA, on ne fait que jouer. Je compte profiter du baseball pour parcourir de nouveaux pays », explique t-il en anglais américain. Tranquillement assis sur le banc du terrain Pierre-Rolland, ses yeux azurs n’en finissent pas de s’illuminer. Ce droitier rejoint pourtant un pays où le baseball n’est pas roi. Il aurait pu rester pro à Nashua Pride ou ailleurs, dans la league Can-Am (league canado-américaine indépendante). Mais sait qu’il n’intégrera jamais la MLB (Major League Baseball) alors qu’il avait effectué des débuts fracassants avec les clubs de Mesa puis Boise (dans l’Idaho). La faute à une déchirure d’un ligament au coude en 2005, terrible blessure pour un lanceur. Opération. Six mois de rééducation en Floride. \nSa balle flirte à nouveau avec les 90 miles (145 km/h). Il remporte le championnat avec Nashua Pride en 2007. « On n’a jamais eu un joueur qui lance si fort », s’enthousiasme le président des Huskies, Xavier Rolland.\n\n« La mentalité qu’on recherchait »\n\n« Je ne croyais pas à son arrivée. Sa dernière saison a été très bonne. On a contacté entre 30 et 35 lanceurs cet hiver. Jason était déjà une option avant le vrai-faux retour de Karl. C’est devenu notre premier choix. Il a la mentalité qu’on recherchait. On sait qu’il ne va pas nous claquer entre les doigts. » A l’origine de sa venue, un de ses coaches Derek Aucoin qui le conseille à Robin Roy, conseiller technique des Huskies. Les deux hommes ont joué ensemble au Canada. Kosow a maintenant tout le loisir de s’imprégner de la vie en France. « Je me sens ici comme dans un quartier français de New-York ! » En se promenant dans les rues de Rouen, le lanceur américain se familiarise avec « un autre style d’architecture, des rues différentes.» Il aura le temps de s’habituer aux petites affluences lors des matches, même s’il ajoute qu’il ne jouait « que » devant 400 spectateurs voire 2.000 les week-ends avec Nashua Pride. Dimanche contre la Guerches, Kosow devrait prendre le relais de Keino Pérez lors de quelques manches. Laissant son blouson de Babson dans les vestiaires pour enfiler le maillot « Yankee » des Huskies.\n\nRaphaël Ferber\n\n\n\n {« Retrouver la bonne étoile »} \n\nL’entraîneur-joueur québécois, Dany Scalabrini prévient : « il ne faut pas sous-estimer les autres » \n\nLes batteurs des Huskies frappent des balles roulantes dans le diamant du terrain Pierre Rolland. A ras de la terre battue. Au lancer, Dany Scalabrini, l’entraîneur-joueur québécois. L’accent canadien émaille ses consignes qu’il distille aussi en anglais. La meute travaille sa défensive depuis le résultat contrasté face au Stade Toulousain lors de l’ouverture de la saison (victoire 3-4, défaite 8-5).\n\nQue retenez-vous des deux matches de l’opening day à Toulouse ?\n\nDany Scalabrini : «On a joué de la pire des façons, inefficaces en attaque, absents en défense, pas bons au bâton, ordinaires aux lancers. C’est une leçon à retenir. On peut trouver 1.000 excuses, aucune ne sera la bonne. Il ne faut pas nous surestimer et sous-estimer les autres. »\n\nQue pensez-vous du potentiel des Huskies version 2008 ?\n\n«Il est équivalent à celui de la saison passée. On a assez de talent et de maturité pour réaliser une grande saison. La coupe d’Europe est aussi un vrai objectif. Notre groupe est bon. Jason (Kosow) remplace Karl (Mejlholm) sur le monticule. Kenji (Hagiwara) revient mi-mai (pour jouer champ centre). Mais la grosse perte est celle de Nicolas (Dubaut). Il travaille très fort pour revenir en juin. »\n\nLes Hawks de La Guerche semblent à votre portée…\n\n\n« Il faut prouver que la défaite à Toulouse n’était qu’une erreur de parcours. L’équipe a été défaillante, à elle d’agir en groupe. Tout le monde veut nous battre. On est seul à avoir la pression. L’an dernier, les Huskies ont évolué sous une bonne étoile. On va vite voir si elle est toujours là. »\n\nPropos recueillis par R.F.\n