Rouen – Montigny : Aldo, ce héros

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\n\nCela fait des années qu’Aldo Ramelet donne beaucoup au baseball. D’abord sous les couleurs de Bois-Guillaume, puis aujourd’hui sous celles de Rouen, il décline toujours la même passion. On lui dit statistiques, il répond équipe. On lui parle de performances individuelles, il déclame l’esprit collectif. Aldo a rayé le mot égoïsme de son vocabulaire. Il est là comme le maillon d’une chaîne, et il est loin d’être le plus faible.\n\nAldo, qui se rapproche tranquillement de ses 39 ans, est un exemple à l’entraînement. Pousser de la fonte, accumuler les tours de terrain, sacrifier son bras pour lancer un batting-practice, travailler, toujours travailler pour s’améliorer, il le fait bien mieux que d’autres. Sur le terrain, il ne baissera jamais les bras, donnera son 100% (et parfois plus) pour faire gagner ses couleurs. Il joue ? Il sera irréprochable dans son attitude et ses performances. Il est sur le banc ? Il sera du même tonneau, encourageant, conseillant, motivant.\n\nBien sûr Aldo n’est pas le plus doué. Il y en a qui frappent plus fort, lancent plus loin, courent plus vite. Mais il n’y en a pas beaucoup qui aient son cœur, son amour du jeu et son respect du maillot. Si le talent se mesurait à l’aune du courage, Aldo serait au Hall of Fame. Regardez son comportement, jeunes vedettes du baseball français, et apprenez de lui ce qu’est le don de soi au profit d’une cause commune.\nAldo Ramelet, en revenant ce dimanche matin d’une nuit de travail, se sentait très fatigué, malade même. La mort dans l’âme, parce qu’il ne tenait presque pas sur ses jambes, il prévient son manager Robin Roy. «Je crois que je ne vais pas venir, je n’en peux plus ». « Ce n’est pas possible, il est 6 heures du matin, j’ai 9 joueurs dont toi, tu ne peux pas me laisser tomber », répond le coach. « OK, j’arrive », conclut Aldo. Une boisson énergétique, du paracétamol, un café, et Little Big Man arrive sur le terrain, méritant plus que jamais le surnom de « La Love » dont l’ont affublé ses équipiers, toute ironie mise à part.\n\nOn l’a dit, Aldo n’est pas de ceux dont on compte forcément pour gagner les matches. Son nom ne figure pas dans les comptes-rendus. Mais il arrive parfois que les Dieux du baseball aiment à récompenser leurs plus vaillants soldats. Il arrive que les projecteurs du succès se braquent tout d’un coup sur un homme discret, qui ne cherche pas la gloire mais qui rêve des victoires de son équipe.\n\nDéjà, la semaine passée, Aldo avait un peu touché les dividendes de son travail avec un solide double de trois points qui brisait la glace contre Toulouse. Mais là, il s’est offert le rêve de tout baseballeur, le coup-sûr qui fait gagner le match, le « walk-off » qui fait écrire une ou deux lignes de plus dans le grand livre de l’histoire du sport.\n\nC’était la 9ème manche d’un match pénible pour les Huskies face à des Cougars qui ne valent certainement pas leur dernière place. 2-2 au bout de la bataille. Coureur en 2 et 1, un retrait, au tour d’Aldo de se présenter à la plaque. Ecoutons le : « j’avais un peu de pression après que Yohann Bret ait raté son bunt. J’étais décidé à m’élancer sur le premier pitch. Coopman commençait souvent par une droite, je savais qu’il je devais sauter dessus si l’occasion se présentait. Le lancer était parfait pour moi, au centre, enfin pas tout à fait, un peu à l’extérieur, je n’avais plus qu’à la frapper au champ opposé ». La flèche d’Aldo filait dans le champ gauche, Crystal filait au marbre, Rouen évitait le pénible tie-break et signait sa 5ème victoire de suite. Une victoire signée Aldo Ramelet. Il le méritait bien ;\n\nLa journée avait commencé plus calmement pour les Huskies qui avait maîtrisé facilement le premier match, une victoire 13-0 en 7 manches. 3 points par manche dans les 3 premiers innings avaient mis la partie hors de portée des Cougars. 3 en 5 pour Piquet, 2 en 4 pour Gauthier, 2 en 2 pour Hagiwara et Bret, 2 en 3 pour Ramelet, les Huskies avaient fait bien des misères à Higashiyama (7 IOP, 13 R, 11 ER, 5BB, 2K, 14 hits). Jordan Crystal lançait six manches pour la victoire, avec 9K, 21BB et 3 hits, Joris Bert finissant le travail au monticule (1K, 1BB, 1 hit).\n\nDans le deuxième match, c’est Montigny qui partait à l’assaut de Keino Perez. Après deux retraits, un solide roulant de Dagneaux était jonglé par Gauthier en troisième base. Coopman frappait un double d’un point puis Daire un simple pour faire passer le score à 2-0 pour les hommes d’Arnaud Fau. Rouen allait donc faire la course derrière. A leur retour au bâton, les Huskies divisaient l’avance des Cougars par deux, quand Marche était sauf sur une erreur de Higashiyama, allait en 2 sur une balle passée et marquait sur le simple d’Hagiwara. Ils égalisaient en 3ème après un simple de Marche, et une erreur d’Higashyama sur un roulant d’Hagiwara.\n\nMontigny poussait fort contre Perez. Des coups-sûrs à toutes les manches, de la pression, mais aussi quelques courses malheureuses, les Cougars ne parvenaient pas à faire la différence contre Perez (8 IP, 2R, 0ER, 0BB, 8K, 11 hits). Bert, entré en relève en 9ème, lançait une manche d’un BB et deux K. Coopman allait jusqu’au bout (8,1 IP, 3R, 0ER, 2BB, 6K, 2 hits). Mais une nouvelle erreur de sa défense en 9ème plaçait Crystal en première, un sacrifice de Perez permettait à tout le monde d’être sauf, avant qu’Aldo Ramelet se lève et tranche les débats. Avant d’aller faire sa récupération, et de repartir au travail. C’est aussi cela, le quotidien d’un héros du dimanche. \n\nLes alignements partants\n\nMatch 1\n\nMontigny : Couton (4), Lafeuille (6), Dagneau (3), Coopman (5), Ehrt (8), Godin (9), Nishino (7), Daire (2), Higashyama (1)\n\nRouen : Bert (9), Piquet (6), Marche (5), Gauthier (2), Hagiwara (8), Bret (4), Brau (DH), Perez (3), Ramelet (7)\n\nMatch 2 :\n\nMontigny : Couton (4), Lafeuille (2), Dagneau (5), Coopman (1), Daire (7), Godin (9), Ehrt (8), Nishino (3), Higashyama (6)\n\nRouen : Bert (9), Piquet (6), Marche (2), Gauthier (5), Hagiwara (8), Crystal (3), Brau (DH), Bret (4), Ramelet (7).\n