Rouen et l’Europe, 7 ans de fidélité

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\nLa victoire dans le challenge de France 2002 qualifiait les Huskies pour leur première Coupe d’Europe, la Coupe CEB qui se disputait sur le terrain de San Boi.\nL’histoire retiendra que le premier Huskies à se présenter à la batte en Coupe d’Europe fut Boris Rothermundt, qui commença même par un simple, un roulant dans la gauche. Ce fut un des rares bons moments pour les rouennais, qui n’étaient pas tout à fait à la hauteur face à l’équipe locale, emmenée par un Civit des grands jours. Malgré une belle performance de Christian Chénard pendant 8 manches, Rouen laissait filer petit à petit le rouleau compresseur espagnol, et s’inclinait 1-7, le seul point des Huskies étant marqué par Mechemache sur une frappe de Piquet.\nAprès une promenade de santé face aux croates de Varazdin (13-1), les rouennais se frottaient de nouveau au très haut niveau européen avec les hollandais de Kinheim. André Tremblay au monticule parvenait à enrayer pendant 5 manches la puissante attaque adverse (0-0), mais après deux retraits et avec les bases pleines un double de Groenendal, malgrè un superbe course et un plongeon de Rothermundt, mettait le match hors de porté des rouennais qui perdaient 0-7.\nIl restait à Rouen d’assurer le minimum, à savoir garder la France dans le groupe A, ce fut fait par une victoire 7-2 contre les autrichiens. Rouen terminait finalement 6ème après un long face à face de 12 manches contre Regensburg, qui se terminait étrangement, avec une dernières manche de 5 points pour les allemands, et de 4 pour les rouennais.\n\n\n_ Champions de France, les Huskies se retrouvaient propulsés en coupe des champions, mais hélas dans le groupe B. Pour digérer un peu la déception, ils décidèrent d’organiser la compétition à Rouen. \nDe cette épreuve, on retint plus l’ambiance que les résultats. Beaucoup de monde dans les tribunes, le lancer protocolaire par le maire de Rouen, les « pom-pom girls » de la Grand-Mare, le n°21 de Robin Roy retiré, les tambours et la musique, les réceptions à la mairie et au conseil Régional, les équipes ont été particulièrement gâtées. Les rouennais ont dominé sans grande difficulté l’épreuve, écrasant tout sur leur passage, y compris Kaunas en finale (11-1), avec une belle sortie de la génération montante représentée par Piquet et Hagiwara. \nOn se souviendra de l’énorme home-run de Sneeder Santos contre les finlandais, du grand chelem de Boris Marche sur un compte de 3-0 contre les autrichiens où encore les pick-off de Patrice Plante qui rendirent fou les lituaniens. \n\n\n_ Les rouennais ont fait remonter la France dans le groupe A de la Coupe des Champions, mais ils ne purent en profiter. Terminant 3ème du championnat, ils se retrouvèrent de nouveau en Coupe CEB, avec de nouveau des espagnols pour débuter, cette fois-ci les Marlins de Puerta Cruz et le redoutable lanceur Duarte. On a craint une défaite facile des Huskies quand les espagnols prirent les devants 5-0 en début de 7ème manche, avec au passage deux home-runs ; Mais les Huskies commençaient à grandir au niveau européen, et réussirent un superbe come back, orchestré par Peron( 2 RBI), Fessy (2 RBI) et Hagiwara (2 RBI). Les rouennais menaient 6-5 avant la 9ème manche, mais l’américain Cutler, entré en relève à Perez, , ne parvenait pas à fermer la porte, concédait le point égalisateur puis le point de la défaite en 10ème manche. Les Huskies avaient frôlé l’exploit. Ils frôlèrent la défaite dans le match suivant face aux autrichiens, ne s’imposant que 3-1 en 10ème manche. C’est face à Zagreb que la qualification allait se jouer, et là encore au bout du suspens, là encore avec beaucoup de regret. Rouen s’inclinait 5-6 en 9ème manche, alors que les Huskies menaient encore 5-3 en 7ème. Cutler, en relève à Lecourieux puis Ouin, fut encore à la triste conclusion de ce match. Les rouennais (qui reçurent 11BB, 4 HP et frappèrent 6 hits) laissèrent pas moins de 18 coureurs sur les sentiers, et un terrible 1/15 avec des coureurs en position de marquer. Deux faciles victoires contre les suédois et les russes n’enlevèrent pas ce goût amer. \n\n\n\n\n\n_ De nouveau champions, et de nouveau dans le groupe B puisque Savigny avait été relégué l’année précédente. Les rouennais se fixèrent l’objectif de remporter cette coupe d’Europe, et d’être champion de France pour enfin goûter aux plaisirs du groupe A. L’épreuve se déroulait à Anvers, et tout le monde s’attendait à une finale entre les français et les belges, qui inquiétait un peu dans le camp des Huskies. Même les suédois de Leksand rendirent un fier service aux rouennais en surprenant les belges en demi-finale, sans doute en raison d’un trop grand excès de confiance des Royal Greys qui avaient gardé assis bien au chaud au fond u dug-out leur lanceur américain, prévu pour une finale qu’ils ne disputèrent jamais. \n\nRouen, emmené par Robin Roy au monticule venait facilement à bout des suédois en finale 14-6, avec une poussée de 7 points en 6ème manche. Cy Donald (MVP) et Luc Piquet (meilleur frappeur) confirmaient la mainmise des Huskies sur cette coupe d’Europe B. \n\nLe match le plus étrange fut celui opposant Rouen à Trnava, terminé sur le score improbable de 21-17 pour Rouen. \n\n\n\n_ Que faut-il retenir de San Marin ? Le regret éternel d’un exploit absolu frôlé en 8ème manche de la finale contre Kinheim, avec le score de 1-3, les buts remplis et un seul retrait, les hollandais faisant appel à leur closer Van’T Kampen pour mettre un terme à la menace française ? Ou le souvenir immortel d’un parcours exceptionnel qui vit des rouennais sur un nuage faire tomber Tenerife et San Marin pour se qualifier en demi-finale ? Puis ce match incroyable contre Rimini, l’arrogance des italiens étouffée à petit feu par le talent de Nicolas Dubaut, par les frappes opportunes de Flavien Peron, Dany Scalabrini et Boris Marche, par les courses de Joris Bert, par la relève d’un autre monde de Keino Perez… Il faut peut-être se rappeler des cris de joie des puissants hollandais, tout étonnés de se retrouver vainqueurs d’une finale que les petits français leur ont contesté jusqu’au bout, dans l’aspiration de l’immense Karl Meljholm. Les images se bousculent pendant toute cette semaine à nulle autre pareille, la plus belle restant peut-être Philippe Lecourieux volant un circuit à San Marin, exploit qui qualifiera les rouennais quelques manches plus tard. Les Huskies ont écrit la plus belle page de l’histoire du baseball français, et signé l’un des plus grands exploits de l’histoire du baseball européen. Mais peut-être que ce qu’ils retiennent le plus de cette Coupe d’Europe, ce sont les soirées sur la plage de Rimini, dans une tellement douce et belle ambiance.\n\n\n_ Rouen s’est habitué à l’excellence. A tel point qu’on ferait presque la moue sur une nouvelle demi-finale, et une quatrième place européenne qui est restée hors de portée de tellement d’autres clubs. C’est vrai aussi que cette petite finale contre San Marin perdue 1-3 aurait pu mieux tourner, et permettre de finir sur le podium, mais les rouennais, qui n’étaient pas au meilleur de leur forme à l’époque, étaient à court de munitions. Rouen était venu pour confirmer, les Huskies y sont parvenus en ne ratant pas les matches qu’il fallait gagner. Ce fut un peu laborieux sous une rare pluie italienne contre les allemands de Mainz, les deux équipes se rendant la politesse en multipliant les erreurs. Ce fut somptueux contre Anvers, avec une démonstration de Jason Kosow (18K en 9 manches) et un 4/4 somptueux de Flavien Peron. Les rouennais, à court de pitching, ne firent pas le poids par la suite contre Kinheim en ½ finale, mais inscrivaient une nouvelle fois leur nom dans le gratin européen. \n\n—-\n[CE2009_Rouenbaseball76761]\n—-