Robin Roy: « Je m’imagine en joker »

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\n\nDans le microcosme du baseball rouennais, le lanceur Robin Roy est considéré comme la plus grande star que les Huskies n’aient jamais eue. D’ailleurs, son n° 21 avait été retiré de l’effectif, à l’image – toutes proportions gardées – du n° 10 de Diego Maradona à Naples, où du n° 23 de Michael Jordan aux Chicago Bulls. Après la rémission de son cancer d’un testicule, l’ex-international a décidé de ressortir son maillot fétiche.\n\n16], pour me faire plaisir. J’ai vu que mon bras était toujours là. J’ai vu des matches de Rouen en fin de saison dernière. Il y a des anciens que je connais, comme les frères Meurant de Sénart ou Carlos Jiminian de Savigny. En les voyant, je me suis dit que j’aurais peut-être encore le niveau. »\n\nC’est votre troisième come-back à Rouen, après vos arrêts d’un an en 2004, de quelques mois en 2006, et de deux ans en 2007 et 2008. Vous êtes repartis pour combien de temps cette fois ?\n_ « (Il rit) Je ne sais pas ! Mais c’est vrai qu’en 2003, il y avait mon travail qui me prenait de plus en plus de temps (NDLR : responsable des ventes pour le groupe Lidl en Normandie), et ma famille qui se développait. On avait terminé la saison sur un premier titre de champion de France. C’était le moment de faire une pause. Il y a ensuite eu ce rôle d’entraîneur (en 2005), qui me faisait envie. Sauf que je n’avais pas mesuré à quel point c’était prenant. J’ai adoré l’expérience mais planifier les entraînements, organiser les déplacements, c’était difficile à gérer. »\n\n\nCette deuxième interruption n’aura duré que quelques mois…\n_ « Il y avait des blessés chez les lanceurs (en 2006). J’ai repris le gant pour donner un coup de main. On a gagné le championnat, à l’issue duquel je pensais raccrocher pour de bon (NDLR : il a été élu meilleur joueur de la finale). »\n\n\nPuis il y a eu ce cancer diagnostiqué un jour d’août 2007…\n_ « J’ai été arrêté quatre mois. L’annonce a été assez dure. Je n’avais jamais eu de problème de santé auparavant, les médecins ne me voyaient que très rarement. J’ai eu droit aux opérations, à la chimiothérapie… Le côté rassurant, c’est qu’il a été décelé assez tôt. Le cancer, c’est une vraie course contre la montre. »\n\n\nAvoir gagné ce combat vous a-t-il changé en tant qu’homme ?\n_ « Quand on s’en sort, on voit les choses différemment. On relativise les difficultés. Je m’amusais toujours de voir, sur mes bilans, l’inscription « jeune patient ». Dans le sport, à mon âge, on est déjà vieux. C’est un monde où on vit déconnectés. »\n\n\nQuels sont vos objectifs personnels ?\n_ « Je m’imagine en joker, prêt à rentrer sur des situations précises, comme un footballeur qui entre pour tirer un coup franc important. Je n’ai plus le niveau de mes 20 ans. Je prendrais le rôle qu’on me donnera. J’ai été élu MVP à deux ou trois reprises, mais aujourd’hui, les vraies stars des Huskies, ce sont Keino Pérez, Joris Bert, Kenji Hagiwara, Nicolas Dubaut, Dany Scalabrini… »\n\n\nCette année, vous serez coaché par François Colombier, votre ami, qui était votre assistant en 2005. Original comme situation !\n_ « Les rôles se sont inversés mais nous sommes adultes. Notre relation n’est pas celle d’un joueur et de son entraîneur. On aura chacun un boulot à faire. Les joueurs aussi m’ont eu comme entraîneurs. Là, je redeviens un coéquipier. Il n’y a aucun problème ! »\n\nQuel regard portez-vous sur le potentiel rouennais ?\n_ « Au niveau des lanceurs, on n’a jamais eu une telle profondeur. Pérez, Dubaut et Sochon sont restés, alors que Miet, TJ Stanton et moi sommes venus les renforcer. Défensivement on tient la route, même si on doit faire preuve de plus de concentration. On a commis quelques erreurs de course sur bases lors des matches amicaux. C’est une question de temps de réaction ou de prise de décision. On va travailler ça. »\n\n\nÇa fait dix-sept ans que vous avez quitté le Canada pour la France. Visiblement, vous vous êtes attaché à ce pays…\n_ « Je m’y suis plu tout de suite. Je me souviens du premier jour où Xavier Rolland est venu m’accueillir à l’aéroport à Paris. Dans la voiture, sur le périphérique, j’avais la sensation d’avoir toujours vécu ici. Il y en a qui critiquent mais j’adore la culture française, sa nourriture, ses vins… C’est ici que j’ai rencontré mon épouse, puis fondé une famille. Quand ce n’est pas moi qui traverse l’Atlantique, mes parents viennent me voir. Je ne dis pas que je ne retournerai pas au Canada. Mais pour l’instant, ce n’est pas dans mes projets. »\n\n{Propos recueillis par Raphael Ferber}\n