Quentin Becquey, el professional

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Membre du Pôle France de Rouen, il a rejoint les Huskies cet hiver pour progresser, franchir des paliers et pourquoi pas comme un autre rouennais, Joris Bert, taper dans l’oeil des recruteurs de la Major league américaine. Pour le moment, il a déjà séduit ses mentors rouennais et les sélectionneurs de l’équipe de France junior. \n\n\n\nLa scène se passe en février dernier. Quentin est à Montpellier, installé dans les tribunes du terrain de baseball des Barracudas. Le Pôle de Rouen vient d’affronter celui de Toulouse. Sylvain Virey, le patron du Pôle de Rouen, rejoint les joueurs dans les gradins. C’est l’heure du débriefing. A la fin du speech, Sylvain annonce quelques noms. « Randy Johnson, le scout des Minnesota Twins en Europe (NDLR, celui qui a fait signer Fred Hanvi avec la franchise américaine) veut vous voir en tête à tête ». Le nom de Quentin Becquey est prononcé. Un moment fort pour le Rouennais. « J’ai discuté avec Randy Johnson, il m’a posé plusieurs questions, pris tous mes contacts. Il m’a dit de me dépêcher d’avoir mon Bac. C’est le début d’un rêve !! » Et la naissance d’un surnom, « el professional ». « Ce surnom, explique Quentin, me vient de Gerardo Leroux (le responsable sportif cubain du Pôle de Toulouse et manager de l’équipe de France junior)…. Depuis cette rencontre avec Randy Jackson. Je trouve cela marrant mais dans ma tête je me répète qu’il faut travailler et être fort pour être professionnel.» Sylvain Virey complète. « On lui a donné ce surnom car son attitude est à la fois proche de ce statut alors qu’il est encore loin d’y être…» Le message est clair: attention aux têtes qui enflent. Sylvain surveille. \n\n« J’étais assez doué pour lancer la balle dans la zone »\n\nLe virus du baseball, Quentin l’attrape à l’age de 9 ans. « C’était en 2000. Je me suis inscrit au club des Niners de Ville d’Avray dans les Hauts de Seine. J’ai rencontré un formateur qui m’a transmis sa passion pour ce sport, c’était François Mays. J’y suis resté 6 ans. » Et déjà, Quentin a trouvé sa place, la plus haute en altitude sur un terrain de baseball: sur la butte. « j’ai toujours été lanceur. J’étais assez doué pour lancer la balle dans la zone et je regardais tout le temps le lanceur dans les matches MLB. » \nQuentin poursuit sa progression, se fait remarquer. Présélection en équipe de France cadet pour le championnat d’Europe, entrée en 2006 au Pole Espoir de Rouen, Tournoi de Vancouver cet hiver… Au Pôle, il travaille sous les ordres de Sylvain Virey et des adjoints, Luc Piquet et Keino Perez… « Keino m’a appris beaucoup de choses en le regardant agir. Sylvain et Luc sont mes coachs du pôle et tous les jours j’apprends avec eux et ils m’encouragent énormément. Avec eux, le groupe au Pôle ne fait que s’améliorer. »\n \nA Rouen, j’ai appris l’importance de se soutenir dans les moments difficiles\n\nEt après un passage durant deux saisons par Colombes, il rejoint les Huskies de Rouen, quadruples champions de France et vice champion d’Europe. « Je suis venu au club de Rouen car depuis un bon moment, Rouen est connu pour être un très bon club. De plus, cela me permet de jouer en Nationale 1 avec la réserve et étant pensionnaire au CRJS, cela me paraissait évident. » Quentin a même plusieurs fois été appelé dans le groupe Élite par Dany Scalabrini. « J’ai l’impression d’avoir progressé. Rouen m’a appris l’esprit de groupe. M’a appris l’importance de se soutenir dans les moments difficiles. De plus, je compte rester dans ce club et je n’ai pas fini d’apprendre ! » Et au sein des Huskies, il côtoie des joueurs qu’il admire. « Crouk (David Gauthier) pour sa puissance, Dany (Scalabrini) pour sa rapidité en défense, Joris (Bert) pour sa course, et bien d’autres encore. En MLB, mes joueurs préférés sont Rogers Clemens, Prince Fielder, John Papelbone, pour le monticule et la puissance à la frappe ». Quentin a naturellement cité Joris Bert parmi ses joueurs références. Le champ centre de Rouen, désormais avec les Dodgers de Los Angeles, est forcément un modèle. Quentin rêve de l’imiter. « Joris est un joueur complet et il a la capacité de monter en A en fin d’année. Je suis assez souvent en contact avec lui. Cette année a bien commencé pour lui et je lui souhaite tout le succès qu’il mérite. »\n\nEn attendant, Quentin a déjà dressé son plan de carrière et ses objectifs: « faire partie de l’Équipe de France, gagner des titres, acquérir encore plus d’expériences, et signer pro ».\n\n\nL’AVIS DE SYLVAIN VIREY \n{Sylvain Virey, le responsable du Pôle France de Rouen et CTN baseball, connaît bien Quentin. C’est l’un des pensionnaires de son Pôle. Pour lui, Quentin est aujourd’hui l’un des meilleurs prospects (« espoirs ») français. Il nous parle de son jeune lanceur.} \n\n\n- Si vous deviez le résumer en quelques mots ?\n- Jeune potentiel lanceur. Motivé et souriant. Il n’a pas toujours confiance en lui mais il se relance vite en le remotivant. Il est pour ça, assez influençable…\nIl est très « coachable » et s’intègre bien dans un groupe. C’est un bon coéquipier.\n\n- Quelles sont ses qualités ?\n- Son physique (grand) et sa volonté de bien faire afin d’atteindre son rêve de lanceur. C’est le genre de joueur qui peut passer du temps à faire toutes ces petites choses lassantes pour un lanceur (entretien de son bras, courir…) mais qui lui permettront de devenir meilleur. Il en a pris conscience cette année et le résultat s’est fait sentir sur des matchs importants comme à Vancouver, contre Pessac avec le club de Rouen ou encore contre les Belges cette semaine avec l’équipe de France Junior (Quentin a lancé quatre manches en finale du tournoi de Bruxelles avec Eloi Secleppe. Victoire des Bleus 9 à 6.)\n\n- Quels sont ses meilleurs lancers ?\n- Ce n’est pas encore affirmé aujourd’hui, Quentin développe progressivement sa balle rapide ainsi que son changement de vitesse. Sa progression se fera progressivement mais sûrement. Aujourd’hui, Quentin a su montrer que même lorsqu’il commence mal les comptes (ce qui arrive encore trop souvent), il est capable de revenir.\n\n- Ses défauts ?\n- Il est influençable dans le mauvais sens du terme aussi… Et parfois, il est trop sûr de lui.\n\n- Dans quel domaine doit il progresser ?\n- Tous. D’abord son Physique (ses jambes), sa technique (passer par dessus sa jambe avant, accélérer son bras lanceur à l’armé pour avoir un meilleur point de relâchement), mental (Prendre confiance en lui et gagner de l’expérience en jouant).\n\n- Qu’est ce que vous aimez chez lui ?\n- L’attitude. Sa capacité cette année à se corriger (il avait un comportement plus fragile en début d’année). Son envie de connaître et de progresser. Sa disponibilité pour les autres. Il ne « rechigne » pas à compter les lancers de ses coéquipiers lanceurs, ça fait partie du boulot. Il accepte aussi volontiers le rôle qu’on lui donne.\n\n- Quel avenir peut il espérer ?\n- C’est toujours difficile de se prononcer mais je pense qu’il peut prétendre rivaliser avec les meilleurs Français d’aujourd’hui. Il faut simplement qu’il continue à s’entraîner et à entretenir sa soif de perfection. Le travail paiera et le temps travaillera pour lui.\n\n- Quel est son parcours avec les Bleus ?\n- Il n’a pas fait l’Équipe de France cadet en 2006 mais il est dans les joueurs à fort potentiel pour le projet junior 2009.\n\n\n{L’avis de Keino Perez, lanceur de Rouen, pitching coach au Pôle France}\n\nQuentin ? C’est un bon gars, qui est toujours curieux d’apprendre comment mieux jouer au baseball. Personnellement, je pense que son avenir dans le baseball se situe sur le monticule. Il est grand, il a un bon physique, et je crois qu’il continue à être bien encadré, il peut devenir l’un des meilleurs lanceurs en France. Il a encore beaucoup de travail à faire, mais il le sait. Et il une qualité indispensable pour progresser : il écoute les conseils, il est toujours demandeur pour travailler et apprendre. Ce n’est pas si courant chez les jeunes de son âge. Une autre chose qui va l’aider à progresser : il est dans un club qui a la culture de la victoire. Un club qui apprend comment être un « winner »… Il a les qualités physiques, il est intelligent, il écoute et il dans un bon environnement… Il a tout pour devenir un très bon lanceur.\n