Paris-Normandie: Perez, soleil des Huskies

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\n\n\n427] patiente dans le champ extérieur aux côtés de Jason Kosow et son frère Keino. Le Vénézuélien s’exprime dans un mélange d’anglais et d’espagnol. A cinquante mètres, le batteur n’attend qu’une balle du lanceur pour arroser les trois baseballeurs une dernière fois. L’entraînement touche à sa fin au stade Saint-Exupéry. Les blousons sont suspendus aux crochets des bancs de touche, au-dessus des sacs de sport.\nLa pelouse, elle, semble revivre sous les rayons de soleil. A l’image de Randy Perez, qui a sorti ses lunettes de soleil sous sa casquette grise. Le Sud-américain les quitte rarement depuis sa venue à Rouen, il y a deux semaines. Comme pour mieux attirer la lumière. Dimanche dernier face aux Bretons de la Guerche, il a joué sous la neige. Le natif de Caracas était davantage habitué aux 30 °C, la saison dernière en ligue amateur du Venezuela. Pays où le baseball est roi.\n\n\nRandy Perez enfile le gant à 5 ans, époque où il fréquente les stades de 25.000 spectateurs avec son père. S’il s’attarde devant des matches de NBA ou de soccer à la télévision, le baseball occupe ses pensées. Tous les garçons rêvent de devenir pro. Un moyen d’échapper au contexte économique du pays, où le salaire moyen tourne autour de 220 € par mois.\n\n\n {Repéré par Toronto} \n\n\nChauffeur de bus dans les rues de Caracas, son père est un exemple. « Mes parents ont travaillé très dur pour nous. Là-bas, qu’on soit diplômé ou non, ça ne fait pas grande différence. » Il intègre l’Atlético Caracas et est élu meilleur minime de la ligue à 14 ans. Du collège, il passe à l’Université centrale du Venezuela à 17 ans pour y étudier la sociologie. Repéré par les Blue Jays de Toronto, équipe pro du Canada, il quitte le pays à 19 ans, pour une ligue d’été en République Dominicaine. Il y joue arrêt-court (joueur placé entre la 2e et 3e base).\nSa puissance de frappe et son agilité au gant ne passent pas inaperçues. Son caractère non plus. Keino, son frère, le décrit perfectionniste et visuel. Il rêve de MLB (Major league baseball aux Etats-Unis). L’aventure s’arrête deux ans plus tard. « Le club avait un quota de visas à délivrer aux étrangers. Je ne faisais pas parti du groupe. Mais j’y ai appris la discipline et répété les fondamentaux. Le baseball est un sport exigeant. » Le Vénézuélien se rapproche de ses parents en 2001 et signe pour les Lions de Caracas. Au bout de trois ans, il change de tactique dans l’espoir d’être repéré et s’envole pour l’Espagne, direction Bilbao. Même langage. L’intégration y est facile.\nIl découvre la France et Toulouse en 2006. « Une très belle ville, des joueurs amicaux. » Malgré les amitiés nouées avec les Argentines et Vénézuéliennes de l’équipe féminine de Softball, le Sud-Américain se sent isolé. « Il aime parler et être entouré », précise son frère. L’arrêt-court retourne encore au Venezuela pour retrouver sa famille et fait une grosse saison. A l’heure d’opter pour Rouen, Perez a le choix. Montpellier, Toulouse et Savigny sont sur les rangs, « mais rien n’est clair au niveau des contrats. » Il aurait pu rester au pays. Mais à 27 ans, l’attrait financier pèse dans la balance et rejoindre son frère fait la différence. D’ici un ou deux ans, il compte retourner définitivement au Venezuela pour retrouver les bancs de l’université.\nSon but, devenir professeur de sports. Le baseball pour s’assurer un second salaire. En attendant, il sera un des atouts rouennais demain face à Savigny.\n\nRaphaël Ferber