Nicolas Dubaut en réeducation à Cap Breton

| Publié par | Catégories : Non classé

\n

{crédit Dupont Elise}
\n\n\nElle était belle, cette année 2007. San Marin, Chartres, Barcelone… Autant d’étoiles dans le ciel de Nicolas Dubaut, autant de succès historiques, remplis d’émotions, de dépassement de soi, de bonheurs sans pareil, tant sous le maillot de Rouen que celui de l’équipe de France. Elle était belle cette année 2007, peut-être la plus accomplie individuellement de l’histoire du baseball français pour un joueur. Du titre de meilleur lanceur européen au grand chelem rouennais, des deux victoires sur les italiens aux pages de l’équipe, Nicolas Dubaut avait retrouvé le plaisir de jouer, de gagner, d’être le plus fort. Elle était belle, cette année 2007, jusqu’au 24 décembre. Un jour qu’on aime bien, d’habitude, le réveillon et les cadeaux dans la tête. C’est le matin, Nicolas enfourche sa moto pour aller travailler. Indispensable, la moto, pour aller travailler de Saint-Mandé, à quelques encablures du stade de Pershing, à Velizy, au sud ouest de Paris, en évitant les embouteillages du périphérique. Il fait froid, ce matin là. Dans une ligne droite, quelques mètres après son départ, Nicolas voit une voiture qui débouche d’un parking sur sa droite. Un coup de klaxon, un coup de frein. Une plaque de verglas. C’est la chute, inévitable. « J’ai à peine touché la manette de frein que je suis part en travers. La rue était gelée, je ne m’en étais pas rendu compte » La moto glisse sur plusieurs dizaines de mètres, et Nicolas git sur la chaussée, une intense douleur dans l’avant bras droit. Le poignet à cédé. Vraiment. Complètement. « J’ai brisé tellement d’os que je ne me souviens plus de la liste. On m’a souvent demandé depuis ce que je m’étais fait précisément, mais je m’excuse auprès de tout ceux auxquels je n’ai pas pu répondre… c’était des noms trop compliqués ». Ce qui est certain, c’est que Nicolas sait tout de suite que c’est grave : « Mon avant bras faisait une vague et ma main n’était plus dans l’alignement de mon bras, mais décalé au dessus». Pour faire bonne mesure, s’ajoutent des points de suture à la hanche droite, et un genou abimé. Presque rien par rapport à l’état du poignet.\n\n{Opéré en urgence}\n\nNicolas a été très rapidement dirigé vers l’hôpital Saint-Antoine où une sommité, le professeur Sautet, l’opère dans l’après-midi. L’opération a été un succès. « Ils m’ont placé une plaque avec deux vis à l’intérieur du poignet, que je vais garder un an. Ils m’ont mis également une broche qui partait du sommet du poignet et qui traversait toute l’articulation ». \n\nTout s’est bien passé, mais le plus dur commençait. Après avoir passé la réveillon de Noël dans une chambre d’hôpital, Nicolas choisissait de rejoindre ses amis rouennais pour la nuit de la Saint-Sylvestre. Un bon moment, une bonne table, mais le visage pâle et tiré de Nicolas Dubaut, les petites grimaces qu’il tentait de dissimuler au moindre geste, trahissaient son état. La douleur était intense, et la prise régulière de cachets ne parvenait pas à complètement la combattre. « J’ai vraiment souffert, nuit et jour, pendant un bon moment. Je me réveillais très tôt le matin à cause de la douleur, les médicaments ne faisant plus d’effet au bout de quelques heures. La douleur commence à seulement à diminuer ». Il parvient à sourire toutefois : « je n’ai plus mal au coude », constatait-il ainsi, ce coude droit trop sollicité depuis le mois d’août et qui avait un sérieux besoin de repos. Le repos forcé, cela a été le lot de Nicolas Dubaut en ce début d’année. Quelques visites de musée, des longues séances devant les dernières séries américaines, un week-end au ski un peu frustrant, lui qui adore dévaler les pentes mais a du se contenter de longues ballades dans la neige avec ses huskies Zouk et Québec (et oui, Nicolas Dubaut possède deux Huskies, comme qui, il était écrit qu’il devait jouer un jour à Rouen). Six semaine de plâtre, à regarder ses doigts bouger un peu, un peu mieux chaque jour. « Il y a 10 jours, on m’a enlevé le plâtre et la broche. Tout suit son cours dans les meilleures conditions. », poursuit-il. \n\n\n{Objectif: Coupe d’Europe}\n\n\n\n
{Cap Breton}
\n\n\nDepuis quelques jours, le lanceur rouennais s’est installé à Cap Breton, dans les Landes, face à l’océan. Il a intégré le centre européen de rééducation réservé aux sportifs, le CESR, grâce notamment au soutien de la DTN et d’Eric Elsensohn qui l’a aidé à trouver une place dans l’établissement, ce qui se fait de mieux en France. « Ce qui choque en arrivant, c’est de voir pleins de mecs jeunes, « taillés », et qui boitent tous». Nicolas va passer un mois sur place, avec un programme chargé de rééducation de remise en état physique. « Je suis suivi par un kiné et un préparateur physique. Du lundi au samedi, je me lève vers 7H30, petit déjeuner à 8 heures, ensuite les soins commencent vers 9 heures. Je fais soit musculation, soit cardio. Vers 11 heures, je vais voir le kiné, pendant une heure, pour essayer de gagner en amplitude de mouvement au niveau de mon poignet. Ensuite, on mange et on recommence. L’idée, c’est de travailler mon poignet tout en recommençant à me préparer physiquement. Ca va, le moral est bon, tout se passe le mieux possible pour le moment. Le poignet est encore raide, mais je regagne doucement physiquement.» On le voit, ce ne sont pas des vacances. Le régime est strict, le couvre-feu obligatoire. On est là pour travailler. Et pour retrouver le chemin des terrains. Avec les médecins, Nicolas a évoqué sers objectifs personnels. « Je suis loin de lancer une balle. D’ici un mois, j’espère que cela aura évolué. Je ne cache pas que le rendez-vous de la Coupe d’Europe est une obsession. Je veux tout faire pour être de retour pour l’Italie en juin. Avant, je n’y songe même pas. L’équipe saura s’en sortir sans moi. Mais je serai sur le banc avec les gars. Je pourrais donner des coups de main au coaching et commencer à attraper des roulants pour retrouver la forme » La Coupe d’Europe à Grossetto, il en a parlé quelques heures après l’opération. Il la veut. Il veut rejouer et battre les italiens. Quant on à pris goût à ce genre de victoire, on veut le revivre. \n\n{En compagnie de Ronaldo}\n\nTout le monde l’attend à Rouen. A commencer par une de ses plus grandes fans, Alexandra, qui ne sait pas qui encourager en l’absence de son joueur préféré. Quant au président Xavier Rolland, il se souvient du coup de fil reçu pendant les fêtes de Noël. « Quand j’ai vu le nom de Nicolas s’afficher sur mon téléphone, j’ai eu un mauvais pressentiment. Hélas, je ne m’étais pas trompé… On a vécu tellement de belles choses grâce à Nicolas l’an passé, que je ne peux pas imaginer qu’il ne sera pas de nouveau sur la butte avec le maillot rayé sur les épaules. Je dois dire que j’ai tardé à parler de son accident sur notre site, ce n’était pas pour cacher l’information, mais simplement parce que je n’arrivais pas à m’y résoudre, à raconter une aussi mauvaise nouvelle ». \n\nEn attendant, avec d’autres convalescents, des rugbymen et des handballeurs, il en a profité pour aller voir une affiche du championnat de France de rugby, Bayonne contre Montauban. En attendant l’arrivée au centre d’un autre sportif célèbre : Ronaldo. Opéré à Paris, le footballeur brésilien pourrait s’installer à son tour à cap Breton pour sa rééducation. \n\nElle était belle, cette année 2007. Elle ne s’est pas trop bien terminée. Mais quelque chose nous dit que 2008 est loin d’être marquée en noir. Nicolas a encore bien des matches à gagner. Contre la douleur, contre la rééducation, contre ces os qui se ressoudent. Il y parviendra, et sera encore plus fort pour dominer les frappeurs adverses. Les Huskies et le baseball français ont besoin de lui. \n\n\n