Le portrait: Luc Piquet

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\n\nMeilleur frappeur des Huskies cette saison, Luc Piquet est aussi \nentraîneur adjoint du Pôle France de Rouen. \n\n\n\n\nIl est longtemps passé entre les mailles du filet. Parmi les titulaires « élite » de Rouen, Luc Piquet est même le seul, avec Nicolas Dubaut à ne pas être passé par l’INSEP. Sauf qu’à Luc, on ne l’a jamais proposé. « Il l’aurait pourtant mérité, tant pour son potentiel que pour son investissement, regrette Boris Rothermundt, le coordinateur du Pôle France de Toulouse. Luc est arrivé à maturation assez tardivement et par définition, c’est le genre de joueur difficile à détecter. » Son potentiel n’était tout de même pas invisible : le grand blond courait déjà vite, sa hargne ne faisait aucun doute, le receveur (devenu depuis deuxième but) manquait encore de muscles et de coordination, voilà tout. Le problème, c’est que l’international n’a jamais vraiment eu l’opportunité de se faire remarquer. Premières interligues en 1998, à 17 ans, le Pôle de Rouen avait vu le jour un an plus tôt. Luc n’avait pas participé aux sélections d’entrée: « Pas au courant » explique-t-il alors que son coéquipier Mathieu Crescent, lui, franchit le pas. Pour certains, Luc n’était tout simplement pas encore prêt à quitter Dieppe et le cercle familial. Un côté casanier qui l’aurait aussi privé d’années « baseball » à l’étranger. Une chose est sûre : d’autres potentiels du même âge, plus flagrants ceux-ci (Boris Marche et Christophe Goniot en tête) lui ont aussi barré la route. Provisoirement.\n\n\n\n{« Je ne le freine pas mais je suis quand même parfois obligé de le canaliser» \n- Sylvain Virey}\n\n\nDès la rentrée de septembre 98, Luc rejoint le Pôle espoir (devenu « France » en 2007) de Rouen. Comme externe. Deux entraînements la semaine. « C’est à partir de ce moment-là qu’il s’est réellement investi, se souvient Giovanni Ouin, qui lui aussi faisait les allers-retours entre Rouen et Dieppe. Luc s’est entraîné dix fois plus que n’importe qui d’autre ». Des efforts payants sur le terrain mais les portes de l’INSEP, le seul Pôle France de l’époque, lui resteront fermées. « Je n’ai aucun regret, aucune rancœur et aucun esprit revanchard vis-à-vis des coachs qui ne m’ont pas fait confiance. Ça peut être une source de motivation mais seulement pour me prouver à moi-même que je suis aussi bon que ceux qui sont passés par les Pôles, affirme le quintuple champion de France. Je sais comme certains choix peuvent s’avérer compliqués et cruels. Je dois parfois me glisser dans la peau du sélectionneur: tout est justifiable ». \nDepuis cinq ans, petit clin d’œil du destin, Luc est en effet entraîneur adjoint au Pôle France de Rouen. « J’ai d’abord voulu devenir prof d’EPS mais les conditions de travail dans les collèges et lycées ne m’ont pas plu. Je me suis alors tourné vers le professorat de sport (pour devenir cadre d’état du Ministère des Sports et non pas de l’Education Nationale, NDLR) mais je n’ai pas décroché le concours ». Luc prépare maintenant un DEJEPS, une sorte de brevet d’état 2 amélioré qui peut lui permettre de gérer une structure de haut niveau type Pôle France. « Si je devais transmettre le témoin à quelqu’un, ce serait lui, sourit Sylvain Virey, le grand manitou de l’équipe de France et du Pôle de Rouen. \n\n\nIl s’est imposé comme mon meilleur adjoint en douze ans d’existence. Ça pourrait être un collègue ! Je lui confie de plus en plus de responsabilités. On se complète bien : je suis assez posé quand lui a des côtés hyper actifs et même pitbull. Il faut le voir sur le terrain avec les joueurs, il ne les lâche pas ! Je ne le freine pas mais je suis quand même parfois obligé de le canaliser. » Plusieurs anciens pensionnaires ont encore en mémoire des séries de pompes et d’abdos interminables. Un autre se souvient avoir passé un entraînement entier avec le matériel de receveur sur le dos parce qu’il avait oublié… sa bouteille d’eau ! Et si parfois les avis divergent sur les méthodes, tous évoquent un « coach très ferme mais juste ». « En fait, je suis aussi exigeant avec eux qu’avec moi. Plus tard, c‘est vrai, je me vois bien devenir manager», précise Luc.\n\n\n\n{« Luc s’est entraîné dix fois plus que n’importe qui d’autre »\n- Giovanni Ouin} \n\nJoueur ou entraîneur, le Rouennais reste en mode « Duracel ». « Il est toujours à 300 %, une vraie pile électrique. Il ne s‘avoue jamais vaincu et franchement cette envie, cette faim toujours intacte m‘impressionne, insiste Robin Roy, le meilleur joueur de l’Histoire du Rouen Baseball 76. Il est devenu fiable en défense et au bâton. Quand il est arrivé, il prenait trop de strikeouts, désormais il lit beaucoup mieux le jeu. » « Il est aussi plus fort dans sa tête, complète Boris Marche, le capitaine. Il a souvent eu tendance à se refermer sur lui-même après un mauvais match, aujourd’hui il sait tourner la page pour avancer. » \n\nDes progrès sur le terrain, au niveau mental et en salle de musculation : « Cet hiver, j’ai poussé 120 kilos au développé couché. Aujourd’hui, je pèse 76 kilos contre 68 (pour 1 mètre 82) à mon arrivée à Rouen, il y a 9 ans ». Luc a longtemps été frappeur numéro 9, aujourd’hui, il ne bouge pas du milieu de line-up. \n\nDès 2005, ce fan de reptiles, d’escalade et de kite surf rejoint l’équipe de France. Quelques semaines plus tard, le bleu des Bleus sera élu meilleur deuxième base du championnat d’Europe. « C’était ma première sélection toutes catégories d’âge confondues. J’y suis allé sans pression, je ne réalisais même pas… » L’habitué des finales (il est le seul Rouennais à avoir joué toutes les manches des finales des Huskies) a désormais ses quartiers en équipe de France. « Il n’est pas loin du niveau pro », reconnaît Sylvain Virey. \n\nSimon Colboc\n\n\n\n\n\n\n\n\n