L’agenda du Président

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\n11 avril, début de la saison à Montigny. Beaucoup de départs, dont des joueurs emblématiques comme Dubaut, Peron, Scalabrini, Sochon, pas mal d’arrivées, Hornostaj, Terrana, Lefevre, Anthony Piquet, Brau… L’intersaison a été très agitée. Comment un président occupe-t-il son hiver ? \n_ En fait, l’hiver commence dès le dimanche du titre. La fête est courte et il faut vite se pencher sur la saison suivante. C’est vrai qu’à Rouen, notre force a été la stabilité avec un groupe qui ne bougeait quasiment pas. C’est sur cette stabilité là que l’on a construit ce groupe et notre palmarès. _ Là, on a senti pour pleins de raisons qu’il fallait renouveler l ‘effectif. On a pensé qu’il était important d’apporter du sang neuf avec des joueurs qui n’avaient pas encore gagné de titres. La venue d’Anthony Piquet et de Mathieu Brau s’inscrivait dans cette démarche. Tout comme Maxime Lefèvre. Malgré tout, il y a eu plus de départ que prévu. C’est toujours difficile, mais cela fait partie de la vie d’un groupe. La force de cette équipe est de savoir amortir les départs majeurs. \n\n\n4 juin, coupe d’Europe à Brno. Les Huskies sombrent dans un programme double contre Heidenhem et les Pionners. Une des journées les plus noires de votre carrière de président ?\n_ Les plus noires ? Non. Je n’étais pas en République tchèque et c’est vrai qu’on se sent impuissant. Une Coupe d’Europe, cela se joue à des détails et il ne faut pas grand chose pour passer de la 2me place à la 8me… J’ai surtout eu le sentiment que l’équipe n’était pas présente. J’ai eu peur que le groupe ne se remette pas de cette Coupe d’Europe et je crois que la victoire le dernier jour face à Brno, devant les caméras de la télévision tchèque qui retransmettait le match, a été capitale. On a affronté Pat Ahearne et Greg Mac Carthy, deux anciens lanceurs de MLB… Cette victoire n’a rien changé au classement mais elle nous a fait un bien fou au moral. \n\n\n13 juin, Toulouse. Robin Roy stoppe sa carrière de joueur, cette fois de façon définitive, et reprend la direction de l’équipe. Comment avez-vous vécu ce nouveau tournant dans l’histoire du club ? \n_ C’est sûrement un moment clé de la saison. D’abord, Robin qui annonce sa retraite à Toulouse. Et puis son changement de statut. De joueur, il passe manager avec François Colombier comme adjoint. C’est un choix que les deux hommes, qui sont de grands amis, nous ont proposé. C’est un choix gagnant et un duo qui marche à merveille. J’ai énormément de respect pour Robin qui est un excellent manager. Il apporte une sérénité incroyable au groupe. Il semble lire le jeu avant tout le monde. Il est très rassurant. L’avoir à la tête de l’équipe est évidemment un sacré atout. Je crois qu’Aaron Hornostaj lui a d’ailleurs rendu hommage à l’issue de la finale lorsqu’il a dit que Robin était le grand artisan de la métamorphose de l’équipe. \n\n\n19 juillet, Open de Rouen. La troisième édition vous-a-t-elle satisfait ? Rendez-vous est pris pour 2011 ?\n_ Non, pour être franc, on n’a pas retrouvé lors de cette édition l’ambiance de l’année précédente. En 2009, avec plus d’équipes, plus d’ambiance, le tournoi avait eu une autre envergure. On ne va pas revenir sur le désistement du Québec, des USA… Le contexte était compliqué cette année. \n_ Pour 2011, les équipes commencent à nous solliciter. Je dois en parler avec Robin et François. IL faut aussi trouver un créneau dans un calendrier 2011 qui s’annonce serré. Mais la volonté de monter un Open de Rouen 2011 est réelle. J’ai très envie de revivre une semaine comme en 2009 avec nos amis québécois notamment. \n\n\n5 septembre, Savigny. Lefevre, Becquey, Benedek et Musgrave sont partis aux États-Unis, les Huskies sont dominés à Savigny. Quel est votre état d’esprit à ce moment ?\n_ D’abord, c’est une grande fierté de voir nos jeunes partir en Amérique du Nord jouer au baseball dans de grosses structures. Hagiwara et Fessy (Arizona), Bert(Texas), Lecourieux (Nebrask), Marche, Rothermundt (Californie), Colboc (Oregon), Gauthier (Australie) sont partis avant eux. C’est important que le club puisse être un tremplin vers les Etats-Unis. C’est leur rêve. \n_ Les voir partir en cours de saison nous affaiblit, c’est certain, mais c’est aussi l’un de nos objectifs. Il faut trouver un équilibre. Pour le moment, ça marche. \n_ J’ai moins bien vécu le non retour de Mike Musgrave avec lequel j’avais discuté la veille de son départ cet été. \n_ Du coup, c’est vrai, on voit l’effectif de l’équipe maigrir à la sortie de l’été, on est cueilli à froid par Savigny… C’est vrai qu’à ce moment là, on se pose quelques questions. On aurait pu couler je pense. Mais cette équipe est bien managée, elle a de l’expérience, de l’orgueil. Elle a su revenir. Juste un symbole parmi d’autres : Keino Perez. C’est un lanceur, il n’a fait que cela depuis son arrivée au club il y a six ans. Hé bien, il s’est mis à la disposition du groupe, il a joué premier but, il est allé frapper. Il a joué collectif. Et c’est le collectif qui a gagné le championnat. François Colombier dit souvent qu’il ya différentes façons de gagner, à nous de les trouver. C’est ce qu’on a encore fait. \n\n\n\n20 septembre, Rouen. Les Huskies se sont débarrassés de Karlovac et dominent les allemands de Solingen. Vous attendiez-vous à cette performance ?\n_ Après la défaite à Savigny, après le début de match difficile face à Karlovac, non. Je dois être franc, dans la semaine, je pensais qu’on pouvait battre Karlovac, pas Solingen. Et puis, je suis venu à Rouen, j’ai passé un peu de temps avec les gars avant le match du dimanche. Et là, je me suis mis à y croire car j’ai retrouvé des attitudes de vainqueur, à de petits détails. Je pensais que ce serait tout de même très difficile, mais j’ai commencé à y croire. Quels matchs ! Quels plaisirs ! Une grande date dans l’Histoire du club car j’en suis certain, cela nous a complètement remis en selle pour la fin du championnat. \n \n4 octobre, Savigny. Rouen a battu trois fois Sénart, et réalise la même opération sur le terrain des Lions. Le président commence-t-il à croire au titre ?\n_ Bien sûr que j’y crois. C’était quand même une sacré perf d’aller gagner trois fois là-bas. \n_ Là, l’équipe est vraiment forte. Le mental est capital au baseball. Je crois aussi que cette équipe aime les mois de septembre et d’octobre quand les choses sérieuses approchent. La pression monte peu à peu et les gars aiment cela. On a quand même une incroyable expérience. On sait tellement bien gérer ces moments là. Vu de l’extérieur du groupe, c’est impressionnant. Et cette année, la façon dont les anciens ont intégré les jeunes est aussi l’une des clés de notre succès.\n \n9 octobre, Montpellier. Rouen s’impose 4-3 dans un match sans enjeu. C’est un long, coûteux et fatiguant déplacement. Le baseball français ne marche-t-il pas de temps à autres sur la tête ?\n_ On avait demandé à ne pas jouer. Par équité par rapport à Savigny. On risquait des blessures pour un match qui comptait pour du beurre. On voulait aussi éviter des frais très importants et se concentrer sur les finales. Montpellier n’a pas voulu. Je crois qu’ils voulaient nous battre pour terminer la saison sur une bonne note. On est allé là bas, on a gagné, on est rentré. \n\n\n17 octobre, Savigny. Deux victoires pour les Huskies. Décidemment, cette équipe n’a donc jamais fini de vous surprendre ?\n_ On sait que les matchs de championnat n’ont rien à voir avec les matchs de play offs. On sait que les matchs de play offs n’ont rien à voir avec les matchs de finales. \n_ Pour la première fois, je n’ai pas assisté aux matchs près du terrain. Ma première finale ratée. J’ai vécu les matchs sur Internet. Avec intensité. Le premier match semblait irréel, tellement on a dominé. Mais on savait que dès le lendemain, Savigny reviendrait fort. Comme on savait que les Lions ne lâcheraient rien au retour, même menés deux à zéro. On les connaît bien. \n_ Mais je n’ai pas été surpris pour répondre à votre question. On venait d’enchaîner une série de treize victoires, rien ne nous résistait. \n\n\n23 octobre, Rouen. La nuit arrête le match à 7-7. Et est-ce que cet arrêt vous fait rêver plus encore à l’éclairage du terrain ?\n_ L’amélioration de nos infrastructures, c’est le dossier majeur du club. On a une magnifique aire de jeu en synthétique. On travaille sur le dossier tribune avec la municipalité et le Conseil général. Il y a des travaux de terrassement importants, il va falloir casser le back stop, aplanir le sol, reconstruire le backstop et poser une tribune plus confortable et dans un meilleur axe. \n_ Dans un deuxième temps, nous voulons adosser à la tribune un club-house pour mieux accueillir nos partenaires, nos supporters, les délégations… C’est un très gros dossier. \n_ Ensuite, nous avons en projet la construction d’une structure fermée avec tunnels de frappe protégés et éclairés pour les pratiques. \n_ Puis, la protection de nos clôtures avec un matelassage de protection. \nQuand nous aurons fait tout cela, on parlera éclairage. C’est pourtant vital. Le terrain est embouteillé toute la semaine avec des pratiques tous les jours, matin et soir. Les écoles de Rouen qui jouent au baseball, les écoles du club, les entraînements, le Pôle France, les matchs de toutes nos catégories… On ne sait plus trouver des créneaux disponibles. C’est parfois source de conflit entre les sections. L’éclairage nous permettrait de décaler les entraînements des seniors le soir, de jouer aussi le samedi soir… \n_ On pourrait aussi accueillir une Coupe d’Europe A.\n_ Et on éviterait de couper un match à 7/7 en 10ème manche. \n \n\n\n24 octobre, Rouen. 7ème titre. Vous êtes le premier à vous jeter dans la mêlée des joueurs. Un tel bonheur, ça n’a pas de prix, n’est-ce-pas ?\n_ C’est vrai. Ces moments là sont tellement forts. En dernière manche, j’ai demandé à Pierre Yves, mon frère, et à Eric (Hartout) de venir avec moi près de la porte qui donne accès au terrain. Je voulais qu’on vive ce moment tous ensemble. Dans une saison, les dirigeants dirigent et les joueurs jouent. Chacun son rôle. Et puis, sur le dernier retrait, on se retrouve tous. C’est une communion très émouvante. Et cela donne la pêche pour bosser encore plus fort. \n \n\n25 octobre, Nantes. Vous êtes revenu chez vous. Et vous pensez déjà à la saison prochaine. La trêve, ça n’existe pas pour un président ? \n_ C’est vrai. J’ai du reprendre la route de Nantes, ou j vis et travaille. Je dois dire d’abord que j’adore cette ville de Rouen. Il suffit de passer dans mon bureau pour s’en rendre compte (rires). \n_ C’était très frustrant car je n’ai pas pu faire la fête avec les gars. Si j’ai un reproche d’ailleurs à leur faire, c’est de ne pas avoir gagné dès le samedi soir, on aurait pu tous se lâcher (rires). Pendant les quatre heures de route, j’ai pensé baseball, saison prochaine, équipe, projets de développement. Et pour répondre à la question, il n’y a plus de trêve. Au début du club, on travaillait très fort l’hiver et quand la saison débutait ca se calmait, il suffisait de gérer. Désormais, c’est 12 mois sur 12. C’est beaucoup de travail, d’investissement, de stress… Mais personne ne nous oblige. Je prends beaucoup de plaisir à côtoyer les licenciés du club. \n_ Maintenant, il y a des moments clefs dans une saison sur le terrain. Il y en a aussi dans les coulisses. Le repas à Rennes avec François Colombier et Anthony Piquet aura aussi été un moment capital dans la saison. Il se passe des choses importantes l’hiver. \n_ J’en profite pour dire un mot suer Anthony Piquet, un garçon très attachant Je suis très heureux qu’ils soit champion de France. Il le mérite. \n