Keino Perez, el nuevo jefe

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{Crédit Christophe Elise}
\n\nC’était un soir de novembre. Robin Roy et Xavier Rolland passe la soirée ensemble dans un restaurant sur les quais de Rouen. Et le manager rouennais annonce sa décision à son Président. Il ne souhaite pas être à la tête de l’équipe Élite en 2012. « Robin a été comme toujours, franc et direct, raconte le Président rouennais. La conjugaison boulot./baseball était trop lourde, il a besoin de souffler. Maintenant, je ne vous cache pas que j’ai été un peu KO par cette nouvelle, y compris sur le plan affectif. Je ne m’y attendais pas. Mais je remercie Robin de nous avoir avertis rapidement, ce qui nous a donné le temps de nous retourner. Il m’a aussi confié qu’il serait toujours aux côtés du club.» Il a donc fallu faire vite pour trouver un successeur à Robin. « Pas simple de succéder à quelqu’un de la qualité et du charisme de Robin », confirme Xavier Rolland. Le bilan de Robin Roy à la tête de l’équipe est suffisamment éloquent et se passe en effet de commentaires: en une saison et demi (il avait succédé à François Colombier à la tête des Huskies en juin 2010 après la Coupe d’Europe), il a remporté un challenge de France, deux titres de champions de France, et en Coupe d’Europe a maintenu la France en groupe A et a remporté un match de barrage très difficile face aux Allemands de Solingen !!).\n\nComment trouver un nouveau manager ? Trois options : la France, l’étranger ou la piste interne. C’est cette dernière qui a été retenue. « Nous avons pensé à Keino très vite. Il travaille au Pôle France, connaît le baseball, connaît la ligue, le fonctionnement du club, il a de l’expérience, de la légitimité dans le groupe. C’est quelqu’un de rigoureux, d’exigeant. Pourquoi aller chercher ailleurs des talents que nous avons au club ? » Keino donne son accord et se met très vite en action. Réunions, charte de joueurs, \nrecrutement, plannings entraînements… Les joueurs découvrent très vite la Perez touch !\nA lui maintenant de porter l’équipe vers de nouveaux titres. Le challenge ne l’effraie pas.\n\n_ Nom : Perez\n_ Prénom : Keino\n_ Taille : 1m80\n_ Poids : 96 kgs\n_ Date de naissance : 7 octobre 1979\n_ Lieu de naissance : Caracas (Venezuela)\n_ Clubs en carrière : \n_ Rouen 76 (Depuis 2005) \n_ Almere (Pays-Bas) 2003/2004 \nIndians de Cleveland (Burlington – rookie league – Mahony Valley -A-), \nRoyals de Kansas City (ligue professionnelle de République dominicaine, ligue professionnelle du Venezuela), \nLeones del Caracas (Venezuela),\n_ Statistiques globales à Rouen : \n_ AVG : .291 / AB : 141 / H : 41 / RBI : 31 \n_ ERA : 2,03 / W : 73 / L : 11 / Sv : 15\n_ MVP finale Elite 2009\n\n\n\nLe magazine de la CREA, la Communauté d’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe vient de consacrer une présentation de Keino Perez dans ses colonnes. \nPour mieux connaitre le nouveau manager des Huskies de \nRouen, nous vous la livrons. \n\n_ Quel est votre rôle au sein du club des Huskies ?\n_ Sur le terrain, je suis lanceur ou « pitch ». Un poste clé puisque j’ai pour rôle de limiter l’attaque de l’équipe adverse et d’orienter le jeu. Mais le baseball, et c’est pour cela que j’aime ce sport, est avant tout un sport d’équipe, où la force du collectif prime sur l’individualité. Cela permet de remporter certains matchs pas évidents sur le papier. Pour preuve, nos différentes victoires en Coupe d’Europe contre l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Allemagne ou encore la Belgique !\n\n\n_ Vous parlez de votre place sur le terrain, mais en dehors, que faites-vous d’autre ?\n_ Le club des Huskies est un très bon club avec des moyens financiers à la hauteur de ses ambitions. J’y assure l’entraînement des joueurs depuis trois ans, tous postes confondus. Durant l’hiver, nous nous entraînons 3 fois par semaine, dont deux fois en salle, à Saint-Exupéry ou à la Grand-Mare.\nJe viens également d’intégrer, depuis fin novembre, le Pôle France baseball où j’assure la formation des lanceurs. Cette master class, constituée de 21 joueurs recrutés par Sylvain Virey, a l’ambition et les moyens de former des joueurs de niveau national et international. C’est un travail très intéressant et très prenant. J’ai d’ailleurs dû pour l’occasion quitter l’emploi que j’avais à la pizzeria « le Châlet » à Saint-Sever.\n\n\n_ Keino, vous êtes vénézuélien. Que a été votre parcours avant d’arriver au club rouennais ?\n_ Dans mon pays d’origine, le baseball est considéré comme le sport national. Au même titre que le foot en Europe et ailleurs, c’est un moyen d’ascension sociale important. Les enfants dès l’âge de 5-6 ans commencent donc à y jouer. Pour ma part, ma carrière professionnelle a débuté à l’âge de 17 ans, après qu’un « scout », un recruteur, m’a repéré. Après une année dans un camp d’entraînement en République Dominicaine, je suis passé par différents clubs étrangers, aux États-Unis (Kansa City, Cleaveland), en Colombie, au Venezuela et pour finir aux Pays-Bas, de 2002 à 2005.\n \n\n_ Vous avez régulièrement voyagé durant votre carrière, pensez-vous rester en France ?\n_ Oui. Je vais bientôt fêter mes 33 ans et j’aspire maintenant à plus de stabilité. Même si l’âge n’est pas forcément un facteur prédominant à la pratique du baseball, les carrières professionnelles sont relativement courtes. Le club des Huskies m’a de plus permis de faire venir en France mon épouse, rencontrée lors de mon passage à Almere en Hollande. Nous avons un petit garçon de deux ans et cherchons actuellement à acheter une maison.\n \n\n_ Être loin de votre pays natal n’est pas trop difficile ?\n_ J’ai la faculté de pouvoir facilement m’adapter aux pays et aux gens que je rencontre. C’est d’ailleurs en partie ce qui m’a permis de mener cette carrière professionnelle. Bien sûr, ma famille me manque mais pas au point de vouloir quitter la France. Je retourne donc en moyenne un mois tous les deux ans au Venezuela. Et internet nous permet d’échanger plus régulièrement. Mon frère, par contre, qui était aussi joueur à Rouen avait le mal du pays. Il y est retourné en 2008.\n \n\n_ Les prochaines dates à ne pas manquer ?\n_ La saison reprend le 18 mars contre Montpellier, un de nos concurrents directs. L’équipe rouennaise est motivée par la saison à venir et décidée à conserver son titre de champion de France 2011. Pour ma part, j’espère obtenir de meilleurs résultats personnels.\n \n\n_ Un mot pour nos lecteurs ?\n_ À pratiquer ou à regarder, le baseball est un sport complet. Physique, tactique et collectif. Néanmoins sa promotion reste à faire. Cela passe par de l’initiation, de la publicité, par l’amélioration des gradins et la mise en place de mini-terrains pour les enfants qui accompagnent les parents. Autant de projets que le club et moi-même espérons mener à bien. Dans l’immédiat, venez nous encourager et partager avec nous ces bons moments !\n\n\n{«J’APPORTE BEAUCOUP D’IMPORTANCE À LA DISCIPLINE»}\n\n\n{Keino Perez a également accordé un entretien à HuskiesMag.}\n \nÉtonnant parcours que celui de Keino Perez. Une enfance dans une favella de Caracas. « Si je n’avais pas eu le baseball, je serais certainement mort, tous les jeunes rejoignaient les gangs dans mon quartier et les balles pleuvaient», avait reconnu Keino dans une interview. Passé par les Minor league (Baltimore Orioles) puis par le championnat hollandais, Keino, arrivé sur les rives de la Seine en 2005, va attaquer sa huitième saison avec Rouen. Marié, papa, Keino s’est totalement intégré. Et cette fois, il attaque la saison avec la casquette de manager. Pas de quoi mettre la pression au plus français des vénézuéliens. \n\nManager de Rouen en 2012. C’est une surprise pour toi ?  \n_ Oui, je ne m’attendais pas à cette proposition. Il y a dans le coaching staff de Rouen des hommes de qualité et il était dur pour moi d’imaginer avec cette opportunité. \n\nComment vois tu ton rôle ? \n_ Mettre l’équipe dans les meilleures conditions pour gagner des matchs bien sur, bien encadrer ce groupe de joueur qui connait le jeu.  Tous les ans, le groupe change un peu et c’est là où je dois intervenir, travailler, aider à faire de ce groupe une équipe capable de jouer ensemble, d’atteindre ses objectifs chaque weekend, lors de chaque tournoi, et chaque année.\n_ Je suis arrivé à Rouen en 2005 et tous les ans, on a été capables de trouver la bonne formule pour gagner, à chaque fois avec des atouts différents. Cette année, mon rôle sera de trouver cette formule le plus tôt possible et de l’appliquer, et en particulier pendant la Coupe d’Europe.\n\nQuel type d’entraineur seras-tu ? \n_ J’apporte beaucoup d’importances à la discipline. J’attends des joueurs qu’ils soient responsables, qu’ils travaillent fort, qu’on se respecte les uns les autres, qu’on respecte nos \nadversaires… \nAvec ces \nprincipes \nsur la table, \nil n’y aura \npas de \nsurprises \net chaque \njoueur va vite \navoir une idée du \ntype d’entraineur \nque je serai. \n\nTu vas continuer à \nlancer ?\n_ L’année dernière, \nj’étais catalogué \ncomme vieux !! \nCet hiver, je travaille fort \navec Boris \n(Marche) pour me préparer \nphysiquement. \nJe veux donner \nl’opportunité à la nouvelle \ngénération de Rouen de gagner sans moi sur le monticule, mais si on doit gagner, et s’il n’y a personne dans le bullpen, j’enfilerai mes spikes. \n\n\n\nAs-tu composé ton staff ?\n_ J’ai formé un staff des personnes qui ont ma confiance et de la passion pour ce sport. Tout le monde les connaît ! Ils vont m’apporter leur expérience leur enthousiasme. Chacun aura son rôle. Gregory Fages, sa connaissance des stats sera hyper importante, Aldo Ramalet, avec sa passion pour le jeu et sa connaissance de la ligue sera capable de s’occuper de beaucoup des choses sur le terrain, Robin Roy aussi sera là pour apporter toute sa science du jeu et son leadership. \n\nQuelles sont tes ambitions ?\n_ Gagner, gagner, gagner… Je me considère comme un figther, un guerrier et j’ai la chance de coacher une armée de figthers avec BERT, GAUTHIER, MARCHE, HAGIWARA, L PIQUET, APONTE, OZANICH, ALEX ROY, A PIQUET… Je peux dire avec sérénité que nous souhaitons la bienvenue la saison 2012.\n\nTu succèdes à des managers qui ont remporté beaucoup de titres. Cela te met-il la pression ?\n_ Jajajajaja, la pression est pour ceux qui ne connaissent pas leur territoire. Moi, le baseball est ma passion, ma profession, et c’est une part de ma vie. Je n’ai pas de pression, j’ai confiance en mes joueurs et j’ai confiance en moi. \n\nComment vois-tu la saison ?\n_ Courte, intense et ce sera une saison particulière. On va devoir gérer différemment la saison. On n’a pas de break cet été, donc on doit conserver tous les joueurs en meilleure santé possible pour les playoffs.\n\nOù en es-tu au niveau du recrutement ?\n_ Rouen et mes dirigeants m’ont donné de beaux cadeaux de bienvenue pour la saison et ils s’appellent Dylan (Gleeson) et Bastien (Dagneau), deux bons prospects avec du potentiel et de l’amour pour le baseball. Après, j’ai recruté un joueur avec de l’expérience qui connait bien le niveau de jeu et la ligue. Il n’aura pas de mal à s’intégrer. Il s’appelle Luis Aponte. Avec son sang latin (il est vénézuélien comme Keino), il va donner aux joueurs un baseball plus intense et très charismatique.\n_ Imagine ces trois là avec les figthers, ah!!!! \nOn n’a pas encore fait notre choix sur les étrangers. Bon, je ne dis rien sur eux, on garde la surprise pour plus tard dans l’année. (Depuis Mathew Smith s’est engagé avec les Huskies; Cf page )\n\nQuels sont les adversaires que tu crains le plus ? Qui peut empêcher Rouen de remporter le championnat ?\n_ Avec la nouvelle formule qui permet aux équipes d’avoir trois joueurs étrangers, Senart avec Jamel Boutagra comme leader, sera intéressant voir. Et il faudra se méfier de Montpellier avec Jean -Michel Mayeur (coach des Barracudas) et son esprit d’équipe…          \n               \n\nLa Coupe d’Europe reste un objectif majeur ?\n_ La Coupe d’Europe est ma priorité, mon obsession, c’est ce qui me donne mal à la tête tous les ans. Gagner cette compétition n’est pas impossible mais cette vraiment difficile. J’attends et je vis la Coupe d’Europe tous les ans comme un malade. C’est en Coupe d’Europe que l’adrénaline monte le plus rapidement ! \n\n