Hartout, l’atout coeur

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\n\n\nC’est un soufflet qui vous tient au corps. Quatre fromages, du miel et des noix… après ça, en principe, pas besoin de dessert. Ca s’appelle ‘’la fondue des Huskies’’ et Eric Hartout vient de l’ajouter à la carte du Chalet, son restaurant à St Sever. « La recette est top-secrète. Ce n’est pas un plat simple, il faut surveiller la cuisson de près et le sortir du four au bon moment. L’idée, c’est François Colombier (manager de l’équipe première) qui l’a eue…» Sympa mais, entre nous, les Huskies n’avaient pas besoin de ça pour se sentir chez eux au Chalet.\n\nTout commence en 2003 quand Eric dirige encore le O’Kallaghan, un des plus grands bars de Rouen. « Les gars venaient se retrouver chez moi. On a vite fait connaissance. J’ai découvert des gens intéressants, intelligents et qui donnaient leur maximum malgré de petits moyens financiers. On a vite accroché ». Eric, petites lunettes et grand sourire, devient l’un des partenaires du club et le restera. « A l’époque, je sponsorisais aussi le rugby. Le baseball, je n’y connaissais pas grand-chose… » Le nouveau dirigeant est alors plus branché montagne et ski. «Depuis 44 ans, je vais plusieurs fois par an à Méribel». Pour la déco « authentique » du Chalet, il est allé chercher du bois jusqu’à Salanches, près de Morzine.\n\n\n{« J’ai adoré voir et être avec les gars pendant les phases finales  »\n Eric Hartout}\n\n_ Les Huskies, plus forts que le H1N1, eux vont rapidement lui « inoculer la maladie baseball. J’ai adoré voir et être avec les gars pendant les phases finales ». Certains jureraient même l’avoir vu verser quelques larmes après le 6ème titre d’octobre dernier… Malgré tout, nous ne sommes pas prêts de le voir sur un terrain avec un casque : «  Je peux frapper un peu parce que je fais aussi du golf mais lancer, non je n’y arrive pas ! Je dois aussi avouer que certaines règles m’échappent encore… » Cartes sur table Eric Hartout. Et bilingue. « J’ai bien conscience que ‘’I am not baseball’’ et je ne le serai sans doute jamais car je n’ai jamais joué ». \n\n_ Voilà exactement pourquoi Xavier Rolland le président des Huskies lui a proposé de rejoindre l’équipe dirigeante : « Comme Sylvie Becquey, Eric a un regard neuf sur le club, celui d’un chef d’entreprise. Il verra sans doute des choses que nous ne voyons plus. Il a réussit dans tout ce qu’il a entreprit ».\n\n{« C’est un fonceur, quand il fait quelque chose, il s’investit à fond. Il y va avec ses trippes. Ce n’est pas le genre à faire les choses à moitié » \n Xavier Rolland\n}\n\n_ Avant de conclure, la drague aura quand même duré plusieurs mois. « J’ai proposé à Eric d’enfiler le costume de dirigeant l’an dernier dans l’avion qui nous emmenait à Rimini pour les demi finales de la coupe d’Europe… il avait demandé du temps pour réfléchir » poursuit Xavier Rolland. « Depuis toujours je suis indépendant, explique le propriétaire du Chalet bientôt 51 ans. A un moment donné, j’ai été associé mais ça ne s’est pas bien passé. » Mais il finit par franchir le Rubicon. « Maintenant je me sens prêt. Sans doute un peu plus de sagesse avec l’âge ». Et surtout un peu plus de temps. « C’est un fonceur, quand il fait quelque chose, il s’investit à fond. Il y va avec ses trippes. Ce n’est pas le genre à faire les choses à moitié » apprécie Xavier Rolland.\nLe restaurant tourne bien. Le patron délègue à ses trente salariés dont Keino Perez et Joris Bert, deux joueurs rouennais. « Aujourd’hui mes journées sont plus tranquilles, confirme Eric. Avant j’étais toujours archi-débordé. Le matin, je fais ma ‘’compta’’, j’enchaîne avec le service du midi, c’est mon adrénaline, j’en ai besoin mais après 30 ans de boulangerie, pâtisserie, bar et restauration, l’après midi comprenez que pour moi, ce soit plus calme ».\n\n_ Le projet de coupe du monde à Rouen va aussi accélérer les choses. L’été dernier, branle bas de combat général pour monter un dossier en quelques semaines pour convaincre tous les partenaires et collectivités locales. Le Rouen Baseball 76 ne décrochera pas le Graal mais le club n’a pas tout perdu. « C’était génial. Je me suis régalé dans cette ambiance de travail » explique Eric, désormais chargé notamment d’ «améliorer l’environnement de l’élite, de l’aménagement du terrain et du volet partenaires ». \n\n_ Dans le texte, c’est presque du Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique Lyonnais : « Le terrain a été refait cet été, maintenant nous réfléchissons à une nouvelle tribune. Sous cette dernière, nous pourrions installer une sorte de club-house ou au moins une buvette avec boissons et hot-dogs… Vous savez, les partenaires, il faut avoir des choses à leur proposer…» détaille le nouveau dirigeant. L’homme écoute, vous rappelle quand vous lui laissez un message, rit beaucoup mais au-delà de son relationnel, Eric Hartout compte beaucoup sur son carnet d’adresses pour dénicher de nouveaux partenaires mais aussi pour savoir quelle voie suivre pour les fidéliser. Il en a déjà discuté avec Guy Fournier (manager du Rouen Hockey Elite) et avec Jean Prouin (le président du SPO Rouen Basket) : « Prouin m’a dit d’aller chercher tous les partenaires possibles… même ceux à cent euros ».\n\n_ Chez les Hartout, on parlait déjà « beaucoup » de sport, aujourd’hui le dimanche on parle surtout baseball. Luc Piquet vit avec la fille cadette Marie quand l’aînée, Aurélie, en couple avec Kenji Hagiwara, un autre international rouennais, vient de donner naissance à Hugo. Quelque part, Eric faisait déjà partie de la famille husky, elle vient simplement de s’agrandir.\n\n_ S.C.\n\n\n\n\n\n- ENTRETIEN\n_ «LA PASSION ÉNORME QUI ENTOURE LE CLUB A RÉUSSI À ME CONTAMINER PETIT À PETIT»\n\n\nEric Hartout et les Huskies, c’est une vieille histoire ? \n_ Les Huskies et moi, c’est une aventure humaine, liée au O’kallaghan’s qui doit dater d’environ douze ou treize ans.     \n\nQuel est votre meilleur souvenir avec les Huskies ? \n_ Sans hésiter, je dirais la coupe d’Europe qui a eu  lieu à San Marino. Toute la passion qui est montée crescendo et une finale que j’ai eu du mal à digérer, mais l’arbitrage est un art aussi difficile au baseball… qu’au football pour coller à l’actualité ! \n\nQu’est ce qui vous a donné le virus ? \n_ J’aime tellement le sport et ses vertus collectives que très rapidement, j’ai apprécié le dépassement de soi dont les garçons font preuve dans les moments importants. Et puis, la passion énorme qui entoure le club a réussi à me contaminer petit à petit.\n\nOn parle baseball à la maison ? \n_ Depuis un  certain temps, il est impossible de ne pas parler baseball à la maison ; j’en veux pour preuve que lors des World Series, j’enregistrais les matchs pour les regarder avec certains joueurs qui depuis quelques temps sont venus enrichir l’environnement familial. D’ailleurs à chaque match, je dois les saouler un peu, parce qu’il y a toujours une phase ou deux, ou peut-être plus que je n’ai pas comprises et à la différence du terrain, là on peut revenir en arrière, du coup les matches durent un peu plus longtemps que prévu !        \n                                                   \nVous avez un regard extérieur, neuf… Quels sont selon vous les dossiers prioritaires pour faire progresser le club ? \n_ J’ai parfaitement conscience de ne pas «être baseball», en revanche, j’ai plutôt envie de me concentrer sur l’environnement du club et les améliorations que l’on pourrait tenter, comme les tribunes et l’accueil des passionnés mais aussi des partenaires que l’on pourrait  convaincre et je pense que le club ne manque pas d’arguments ( sport encore trop peu connu à faire découvrir, vertus des dimanches en famille dans un milieu protégé ). \n\nQuelle est votre ambition ? \n_ Les gens qui me connaissent depuis assez longtemps pourront témoigner qu’en dehors des nombreux défauts que j’essaye de gommer, la sagesse venant, il me reste Une qualité :  le dynamisme. Alors, ajouter aux vôtres que j’ai pu constater depuis si longtemps, je me suis convaincu de rejoindre vos rangs, pour qu’Ensemble on aille encore, plus haut, plus loin, plus fort.    \n\n\n\n\n\n\n