Finale: en quête d’une 6ème couronne

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\n\nC’est une vraie question de suprématie qui va se trancher après les week-ends des 3-4 et 10-11 octobre. \n_ Derrière l’indéboulonnable PUC et ses 19 titres de champion de France, trois équipes se retrouvent avec cinq couronnes nationales. Le vieux NUC (1971, 1974, 1978, 1979, 1981), et les deux équipes qui dominent le XXIème siècle baseballistique français, Savigny (1989, 1999, 2001, 2002, 2004) et Rouen (2003, 2005, 2006, 2007, 2008). Lions et Huskies se sont partagé dix des onze derniers titres, avec une seule parenthèse, en 2000, quand le PUC est venu une dernière fois sur le devant de la scène. \n\n\n_ Être le premier à décrocher un sixième titre est un enjeu qui ne manque pas de piquant, en rajoutant encore un peu plus à une affiche des plus alléchantes. \n_ Rouen – Savigny, c’est donc le « classico », le Yankees – Red Sox du baseball français. Le choc de deux ambitions. Des internationaux la pelle, des joueurs étrangers de haut niveau, une culture partagée de la gagne. Entre ces deux masses lancées à pleine vitesse l’une vers l’autre, l’affrontement produit des étincelles. On montre ses muscles, on se toise du regard, on provoque… Au moment de la poignée de main, après la finale du challenge de France, la bousculade (photo ci-dessous) qui s’est produite n’était pas due uniquement au chaud soleil méditerranéen, mais le résultant de plusieurs heures d’échanges plus ou moins amènes entre les deux équipes. \n\n\n\n_ Savigny est une sorte de miraculé. Après avoir été un peu en retrait depuis deux ou trois saisons, dépassés notamment par la comète Sénart, ils ont montré dès le début du championnat qu’ils avaient retrouvé tout leur mordant, ce mélange explosif d’agressivité, de confiance, de force au bâton, de solidité en défense, qui en fait une des équipes les plus dangereuses à manier. Plus appliqués, plus volontaires, plus concentrés que par le récent passé, ils ont connu un fort début de championnat qui semblait les diriger tout droit vers une qualification pour les play-offs. Mais la défaite en finale du challenge de France fut dure à digérer. Et le départ de Tim Stewart, s’ajoutant à la blessure de Jérôme Rousseau, a fait boiter le fauve. A tel point qu’il sans un relais parfait de Romain Martinez-Scott pour retirer Anthony Piquet au marbre lors de la dernière manche de la dernière journée de championnat, Savigny serait peut-être passé à la trappe, condamné à des play-downs sans saveur. Mais Savigny s’en est sorti. C’est le propre des grandes équipes que de se sortir victorieusement de situations compliquées, et de construire sur ses douloureuses victoires des lendemains qui chantent.\n\n\n\n_ Timides quatrième de la saison régulière, avec 13 défaites au compteur, les Lions ont tout balayé sur leur passage en play-offs, terminant premiers de la poule finale. \n_ En faisant preuve dans les deux premières journées d’incontestables vertus morales. Battus 3-13 sur le terrain Pierre-Rolland, ils sont allés chercher deux victoires le lendemain, rendant sans voix l’archiviste des Huskies, incapable de se souvenir d’une double défaite à domicile depuis plus d’une décennie. Plus fort encore, peut-être, le week-end suivant. \n_ Menant 3-0, ils se font remonter puis battre en extra-inning par Montpellier. On imagine que le fameux « momentum » a changé de camp. Pas du tout, les Lions renversent la vapeur et s’imposent de nouveau deux fois le dimanche. Avant de conclure sans trembler contre Sénart. \n\n\n_ Les Huskies ont connu un scénario moins agité, mais ne s’en sont pas moins fait quelques sueurs froides. Pas tant dans la saison régulière, où tout fut bien maîtrisé en dépit d’une Coupe d’Europe en hors-d’œuvre qui aurait pu coûter cher en termes de contrecoup physique et mental. \n_ Il y eut bien un accroc à Montpellier, deux défaites laissant la première place aux Barracudas, mais les rouennais savaient qu’ils n’étaient pas à leur meilleur. Ils ont réglé la hausse la semaine suivante en remportant le challenge, puis ont décidé de ne plus perdre un seul match pour finir à la première place avec 25 victoires et 3 défaites. \nSerein, dominateur, le champion en titre était pour beaucoup un candidat logique à une place en finale. C’était sans compter sur le faux-pas face à Savigny obligeant les Huskies à un parcours parfait, ce qui finalement accompli non sans trembler contre une courageuse équipe montpelliéraine.\n\n\n\n_ Les deux formations sont donc dans une spirale positive, chacune ayant du se sortir de situations plus ou moins compliquées.\nIl ne faudra d’autre part tirer aucune conclusion au soir du 3 octobre, après le premier affrontement. \n\n_ Les cinq dernières finales ont vu le futur champion perdre le premier match. Les Huskies s’en sont fait une spécialité, s’inclinant contre Savigny (tiens, tiens…) 7-17 en 2005, puis 5-9 contre Toulouse en 2006, 0-1 contre Sénart en 2007 et 2-5 toujours contre Sénart en 2008. Ils se sont même à deux reprises retrouvés dos au mur, menés 1 victoire à 2, en 2006 et 2008, avant de parvenir à redresser la barre le dernier dimanche. \n\n_ Les Lions ont fait encore mieux en 2003. Menés 0-2 par Montpellier, ils sont parvenus à s’imposer trois fois sur le terrain de Veyrassi, dans un des plus grands exploits du baseball français, un incroyable come-back orchestré par le talent de Florian Peyrichou, MVP de cette finale pour l’histoire.\n\n_ Les deux équipes ont donc prouvé qu’elles avaient des ressources, et qu’elles ne sont pas du genre à craquer sous la pression de l’événement. \n\n_ Qu’est-ce-qui fera donc la différence ? Certainement pas l’envie de gagner, elle est au plus dans les deux effectifs. Probablement pas la capacité à résister à la pression, les deux effectifs sont expérimentés, la plupart des joueurs ayant bataillé en club ou en équipe nationale sur tous les terrains d’Europe. Cela se jouera certainement à pas grand-chose, quelques détails, quelques lancers, une erreur coûteuse ou au contraire une course gagnante, une frappe qui tombe alors qu’elle ne le devrait pas, tout ces aléas qui font du baseball un spectacle sportif exceptionnel. La qualité est là, les acteurs sont prêts, et quelque chose nous dit que la pièce qui va se jouer pourrait bien comporter cinq actes. \nPour une sixième couronne. \n\n\n1040]}