Elite: Les Huskies ont un nouveau patron

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\n\nLes plus anciens du club de souviennent de l’arrivée de François Colombier sur les bords du terrain de Rouen. Le baseball version Huskies était encore balbutiant… C’était en 1987. Quelques jours plus tôt, les jeunes dirigeants du Rouen baseball club avaient rencontré le rédacteur en chef des Sports de Liberté-Dimanche pour l’inciter à parler de la naissance du baseball à Rouen. « Promis, avait répliqué Jacques Hardouin. J’ai un jeune stagiaire qui vient d’arriver au journal et il connaît ce sport. » Le jeune stagiaire en question est donc promu 21 ans plus tard à la tête de l’équipe quintuple championne de France.\n\nArrivé au club en 1988 après avoir joué au PUC, François a enfilé plusieurs casquettes, y compris celle de Président (1993 ). C’est le Premier but, en bon gaucher, que François va défendre en équipe Élite à la fin des années 80, début 90. Après avoir fait un break et passé deux années à Montréal, il fait son retour au club en 1998 comme vice président. En 2005, Robin Roy le prend comme assistant-coach. Poste qu’il occupera également aux cotés de Boris Rothermundt, de Sébastien Bougie ou de Dany Scalabrini.\n« Nous étions en effet en quête d’un manager, a expliqué le président Xavier Rolland. Dany Scalabrini souhaitait se concentrer sur son rôle de joueur. Nous avons eu beaucoup de candidatures, certaines extrêmement prestigieuses. Cela est très flatteur et montrer l’attrait du club, au delà des frontières. Je tiens d’ailleurs à remercier tous les candidats qui ont eu envie de diriger notre équipe Élite. Mais nous souhaitions travailler sur le long terme, avec de la stabilité. Nos entraîneurs précédents ont brillé. Ils ont tous été débauchés. Sylvain Virey et Boris Rothermundt sont à la tête des deux Pôles France (respectivement Rouen et Toulouse), Christian Chénard est coach au Québec, Sébastien bougie a plusieurs propositions. Également au Canada. Pour tous, Rouen a été un excellent tremplin. Maintenant, on veut travailler avec un coach qui se projette sur plusieurs années. François connaît bien le baseball français et européen, il connaît le groupe par cÅ“ur, il va s’investir comme chaque fois à 250%… Il est prêt. »\n\n\n\n\n\n\n{INTERVIEW DE FRANCOIS COLOMBIER}\n{ « J’ai déjà conduit des chiens de traîneaux au Canada, je n’étais pas un mauvais musher ! » }\n\n\nManager de Rouen, tu l’avais imaginé un jour ?\n_ Je n’y pensais pas en me rasant, pour reprendre une formule célèbre.\n\nComment est née cette envie, cette candidature ?\n_ Cela fait plusieurs saisons que j’assiste les coaches qui se sont succédés aux commandes des Huskies. Il m’a semblé que j’avais accumulé suffisamment de connaissances pour proposer ma candidature à Xavier Rolland. Je m’inscris sur le long terme, il y a eu beaucoup de coaches ces dernières saisons à Rouen, je voudrais apporter de la stabilité à la barre de l’équipe.\n\nC’est le grand saut non ?\n_ Je n’ai jamais fait de parachute ni de saut à l’élastique. Alors je n’ai pas trop d’éléments de comparaison !\n\nQu’est ce que ca représente pour toi ?\n_ Un grand honneur. Se trouver à la tête de la meilleure équipe française, c’est assez valorisant et excitant.\nUn grand investissement. C’est beaucoup de temps à consacrer à l’équipe. Encore plus qu’avant. Il va falloir s’organiser.\nUn grand plaisir. Être au milieu de la meute, c’est du bonheur à l’état brut.\n\nPas un poste facile, tu succèdes à des managers qui ont été champions…\n_ J’ai tout à perdre, c’est un vrai plaisir ! Si je gagne, on dira, c’est normal, avec une telle équipe, si je perds on dire que je suis incompétent. C’est ce qui est amusant ! J’ai déjà conduit des chiens de traîneaux au Canada, je n’étais pas un mauvais musher, on va voir avec les Huskies rouennais comment çà se passe.\n\nTu n’as pas une grande expérience de joueur, c’est un handicap ?\n_ Je ne crois pas. Ce sont deux métiers différents. Un bon ministre des sports n’est pas forcément un ancien sportif de haut niveau, par exemple. Et puis j’ai tellement vu de baseball depuis vingt ans, en France ou ailleurs, que cela compense.\n\nQu’attends-tu de tes assistants, Keino et Dany ? Comment seront repartis les rôles ?\n_ On ne va pas donner tous nos secrets ! Keino et Dany m’ont assuré de leur totale collaboration, ils ont chacun leur personnalité, leur façon de voir les choses, à moi de mixer tout cela pour le bien de l’équipe. \nÉvidemment Keino aura plus la main sur les lanceurs, Dany sur les frappeurs. Ce n’est pas moi qui vais apprendre aux joueurs à frapper, à lancer, mais mon rôle tel que je le perçois, est encore une fois d’organiser au mieux le travail de chacun dans un souci de performance collective.\n\nCe sera quoi la patte Colombier ?\n_ J’imagine qu’elle va se construire au jour le jour. J’ai plein de choses à apprendre. Mais j’ai déjà pas mal d’idées. On découvrira ça petit à petit. Je vais mettre en avant la rigueur et le plaisir. Je ne chercherai sûrement pas à « overcoacher ». C’est le talent des joueurs qui fait gagner ou perdre les matches.\n\nTu as travaillé avec de nombreux coachs, quels sont ceux qui t’ont marqué ?\n_ Tous ceux que j’ai côtoyés m’ont appris quelque chose. Mais je retiendrais deux noms. Boris Rothermundt pour son investissement, sa passion, et Robin Roy pour son charisme, son sens du jeu. Je vais essayer de m’inspirer de ces grands modèles. Avec aussi le souvenir de la personnalité d’un Christian Chénard, un grand connaisseur et un grand pédagogue.\n\nQuels sont tes objectifs ?\n_ Fixer des objectifs, c’est se donner toutes les chances d’être contredit par les faits. Une chose est certaine, Rouen a gagné un trophée national ou européen tous les ans depuis 2001, il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. Nous disputons trois compétitions cette année. Par ordre d’apparition, la Coupe d’Europe. La nouvelle formule rend les choses vraiment difficiles. Ce serait une énorme performance d’arriver en finale, car sur round-robin, cela veut de laisser du très beau monde derrière nous. Mais le final four est une grosse source de motivation. Le fait que la compétition arrive très tôt dans la saison peut changer la donne, et niveler les valeurs. A nous de savoir préparer les lanceurs pour être performants fin mars, ce qui n’est pas évident, et peut avoir des conséquences pour le reste de la saison. \nC’est un équilibre qui n’est pas simple à trouver. Ensuite le Challenge. Une compétition un peu en demi-teinte pour Rouen. Dans la configuration à 8 clubs, nous avons joué 3 finales pour en gagner un, mais aussi nous avons été éliminés deux fois au premier tour. C’est pourtant une compétition que j’aime bien, un rendez-vous très agréable de la famille du baseball français. C’est aussi une compétition où le coaching joue un rôle vraiment important, avec beaucoup de matches en peu de jours. C’est enfin une compétition où tout peut arriver. Je dois avouer que j’aimerai bien le gagner. Enfin le championnat. Dans l’attente de la formule, et donc d’une définition plus précise des objectifs et de paliers à atteindre, Rouen n’a pas le droit de viser autre chose qu’un cinquième titre consécutif, et un sixième au total, qui nous permettrait de dépasser Savigny au palmarès.\n\n_ Ce sont les objectifs collectifs. Individuellement, j’espère que les joueurs progresseront tout au long de l’année. Et que nous pourrons continuer à intégrer des jeunes ou des joueurs de l’équipe 2 en progression, au sein de l’équipe Élite.\n\nTu viens de le rappeler, la Coupe d’Europe va arriver vite. Comment comptes-tu préparer cet évènement ?\n_ C’est un peu tôt pour en parler, on va voir quand on commence le championnat. Et puis on va essayer d’avoir une pré-saison très active. Il y a aussi tout le travail physique hivernal, qui est déjà commencé.\n\nTu vas avoir le trac ?\n_ Évidemment. Il y a une citation qui dit « le trac, ça vient avec le talent ». J’ai déjà la moitié de la proposition. Dans mon travail, le stress positif est un élément moteur pour moi. Il en sera de même dans le costume de manager des Huskies.\n\n