Elite: Le come back de Robin Roy

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\n\nL’histoire du sport est faite de come-backs. Pas facile pour un grand champion d’abandonner le terrain, l’ambiance, l’entraînement, la victoire.\n\nRéussir un come-back, c’est déjà bien. En réussir deux, cela relève de l’exploit. Mais lui, les exploits, il aime ça. Robin Roy a donc décidé de revenir chez lui, sur le monticule du terrain Pierre-Rolland, au milieu des Huskies.\n\nCelui qui tout le monde surnomme « Le King » avait raccroché le gant une première fois en 2003, après avoir enfin amené son équipe au plus haut niveau, offrant aux Huskies leur premier titre de champion de France. Pris par une activité professionnelle intense dans la grande distribution, et désireux d’avoir un peu plus de temps pour voir grandir sa petite famille, il renonçait au jeu, aux entraînements. Pour lui rendre un hommage bien mérité, le numéro 21 était retiré, le premier numéro a connaître un tel honneur chez les Huskies.\n\nCe numéro 21 allait ressortir assez vite du placard. En 2005, il endossait l’habit de manager, avec la complicité de Boris Rothermundt comme assistant. Pari gagné, puisque les Huskies retrouvaient de nouveau le chemin de la gagne, et inscrivaient une deuxième fois leur nom au palmarès. Mais coacher, c’est comme jouer, cela demande beaucoup de temps, d’énergie. Et il devenait difficile de conjuguer les emplois du temps. Robin décidait de laisser les clés de la maison Huskies au seul Boris Rothermundt, pour prendre un peu de recul. Cela n’allait pas durer longtemps. Rouen était aux prises avec des difficultés au niveau du pitching staff, et l’envie était toujours là. Lors du challenge de France 2006, organisé à Rouen, ce fut le temps du premier come-back. Robin Roy reprenait du service. Cinq mois plus tard, il triomphait de nouveau, élu MVP de la finale après une ébouriffante démonstration devant le Toulouse de Jeff Zeilstra. \n\nUne parfaite manière de prendre cette fois, définitivement, sa retraite ? C’est ce qu’on pouvait penser. Les Huskies apprirent à gagner en 2007 sans le meilleur joueur de leur histoire. Il était toujours présent toutefois, en rejoignant en Italie notamment aux côtés de Yann Monnet et Xavier Rolland l’équipe le jour même de l’historique finale de Coupe d’Europe contre Kinheim. Il prévoyait même de reprendre le management de l’équipe, mais des soucis de santé l’empêchèrent de mener à bien cet objectif.\n\nLe sac de sport de Robin Roy était-il définitivement rangé dans la cave de sa maison de Notre-Dame-de-Bondeville, dans la banlieue de Rouen ? Ceux qui passaient du côté du stade Saint-Exupéry au mois de décembre, ou qui fréquentaient la salle de musculation sur quais Ouest de la Seine au même moment pouvaient en douter. On y croisait un homme qui lançait de plus en plus fort, et qui soulevait de plus en plus de fonte. Robin Roy avait décidé de s’offrir un nouveau come-back. Ou plutôt d’offrir à ses amis, et à ses fans, le plaisir de le voir de nouveau distiller tout son savoir-faire. L’approche d’un anniversaire synonyme changement de dizaine ? (on ne dira pas laquelle !) L’amour du jeu ? Le défi d’une Coupe d’Europe ? L’envie de relever un nouveau défi ? Les raisons n’appartiennent qu’à lui, mais réjouissent en tout cas toute la famille des Huskies, à commencer par Xavier Rolland : « L’histoire continue ! » s’exclame le président rouennais. « C’est un pur plaisir de revoir Robin avec l’équipe. Nos histoires sont liées. Pour les joueurs, Robin est une icone qu’ils respectent énormément. Ils l’écoutent, ils l’admirent. C’est un plus énorme pour l’équipe. Et personnellement, je suis plus que ravi de le voir endosser son numéro 21. Le joueur et l’ami sont indissociables dans mon cœur. Avec lui, tout est possible ». Même son de cloche chez Keino Perez : « j’ai fait quelques entraînements avec lui, c’est déjà très impressionnant. Robin est une grande personnalité, qui apportera beaucoup aux Huskies. On va avoir quelques soucis pour gérer la rotation des lanceurs, avec autant de qualité, mais bon, c’est des soucis que j’aime bien avoir ! »\n\nPersonne ne sait combien de temps durera ce come-back. Mais déjà, un autre numéro 21 pointe à l’horizon des Huskies. Alexandre, le fils de Robin, porte le même numéro que son père, et évolue au même poste de lanceur. Bientôt, très bientôt même, il sera à son tour au beau milieu de la meute. Le 21, c’est le numéro gagnant, à Rouen. Vous pouvez miser gros dessus !\n\n\n

{Robin Roy à droite avec Joris Bert}
\n\n{INTERVIEW}\n\nRobin, quelle nouvelle ce retour. Qu’est ce qui t’as donné envie de rejouer ? \n_ L’envie est revenue petit à petit après une longue et difficile période pour moi. En août 2007, on m’a diagnostiqué un cancer du testicule. Je me souviens de cette finale à Chartres que j’ai vécue sur un lit d’hôpital la veille de mon opération, avec toutes les angoisses que cela véhicule. Heureusement, le diagnostic a été plutôt bon et le cancer est resté à un stade local. J’ai quand même du faire une chimiothérapie adjuvante avec ce que cela comporte. Et puis, durant tout le traitement, à chaque compte rendu il était spécifié « jeune patient ». C’est vrai que dans le sport, à un certain âge, on se trouve « vieux » et je me suis dit que c’était réellement faux. J’ai repris mon emploi en janvier et au fil du temps, je me sentais de mieux en mieux et récupérais bien de ma chimiothérapie. J’ai suivi le club un peu de loin. En septembre, je me suis un peu occupé des minimes et découvert un baseball que j’avais oublié depuis longtemps. Un baseball qui m’a fait penser à mes débuts. Lorsqu’on les voit de l’extérieur, on ne se rend pas toujours compte de la passion qui anime ces jeunes, mais de l’intérieur, c’est impressionnant. Puis, rentrant avec eux de La Guerche pour assister au dernier match de la finale élite, j’en avais quelques uns dans ma voiture qui blaguaient en me disant de rouler plus vite, que je devais lancer le dernier match. Que si Sénart me voyait, ils étaient cuits, etc. Je pense qu’ils le croyaient vraiment. Et puis, en octobre, j’ai décidé de reprendre l’entrainement physique, pour moi d’abord. Mes examens montraient une rémission complète, mais avec cette longue inactivité physique, j’ai perdu pas mal de masse (même si j’avais repris mon poids!). Je me suis donc inscrit à une salle de sport. Puis j’ai appelé Keino (Perez) pour lancer. Après 3-4 bons long toss, j’ai vu que le bras était toujours là. Et je me suis dit c’est bon, il faut que je relance. Malgré ma longue carrière avec les Huskies, quelques finales et beaucoup de bons moments, je n’ai pas joué de Coupe d’Europe des champions A. Je me suis dit que pour mes 40 ans, même si c’était un pari un peu fou, il fallait que je le fasse.\n\nComment te prépares-tu ? \n_ Avant les fêtes, je lançais une fois semaine avec Keino. Je fais 3 séances de musculation/semaine et 2 séances de cardio/semaine. Je vais recommencer à lancer un peu la semaine prochaine. Par contre, pas de régime alimentaire !! J’ai décidé de ne pas me priver, même si je fais un peu plus attention. Disons que je profite raisonnablement!\n\nTu t’entraînes fort pour revenir ?\n_ Oui. Je ne reviens pas pour faire le clown. Je ne retrouverai pas ma forme de mes trente ans, mais je serai au meilleur de ma forme actuelle.\n\nQu’est ce qui est le plus dur ?\n_ Rien. Le plus dur est derrière moi. Maintenant, tout est du bonheur.\n\nQuels objectifs te fixes tu ?\n_ Tu me connais, mes objectifs sont toujours assez élevés. Maintenant je suis réaliste. Je sais que je peux être une aide précieuse pour les Huskies. A quel niveau, et quel sera mon vrai rôle, j’attends mes premières sorties pour voir. Il y a toujours une différence entre ce que l’on pense pouvoir faire et ce que l’on peut faire réellement. Mais je donnerai ce que je suis en mesure de donner.\n\nLa Coupe d’Europe, quelles peuvent être les ambitions des Huskies ? \n_ Après deux belles coupes d’Europe, les ambitions ne peuvent être qu’à la hausse. La formule ne favorise soit disant pas les « outsiders » car il faut battre tout le monde. Mais comme on joue un seul match à la fois, et que sur un match tout le monde peut gagner, on a notre chance à chaque match, non? Donc, oui on peut se présenter à Nettuno avec l’ambition de gagner tous les matches.\n\nEn championnat et au Challenge de France ?\n_ On connaît tous la réponse à cette question.\n\nManagé par François (Colombier), ça va te faire drôle non ?\n_ On dit qu’on ne manage pas les bons joueurs mais qu’on les encourage. Je serai prêt et Frankie pourra m’encourager!\n\n\n\n{Quelques dates clés avec les Huskies}\n\n\n