Denis Didier Rousseau « Construisons ensemble l’Avenir»

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Denis Didier Rousseau, 50 ans, est chercheur au CNRS. Il est paléoclimatologue. A son actif, la présidence du club de Montpellier et la vice présidence de la Fédération ces dernières années. C’est le 15ème Président de la Fédération. \n\nPouvez-vous vous présenter ? \n_ La première fois que j’ai vraiment goûté aux sports de batte, c’était en 1990 quand je suis arrivé aux USA, comme chercheur visiteur à l’Université Columbia à NY et que je suis allé jouer au softball sur invitation de mes collègues. Je voulais découvrir les sports américains que je suivais sur Canal+, football notamment. Je me suis gavé de baseball MLB pendant mes deux ans passés là-bas.\n_ A mon retour en France j’ai recherché un club pour ma fille cadette qui, ayant vu « une équipe hors du commun », ayant joué aux USA, voulait pratiquer le baseball. Ayant pris la responsabilité d’une équipe de recherche à l’université Montpellier II, nous avons cherché mon épouse et moi un club, y avons inscrit Anaelle notre fille et moi par la même occasion.\n_ Par la suite je me suis plutôt orienté vers le softball où je jouais 1ere base et en 2ème position dans l’ordre de batte, ma prestation au baseball auquel j’ai goûté n’étant pas terrible. J’ai eu la chance de côtoyer un grand manager et entraîneur M Greg Hamilton aux Barracudas, qui fait une remarquable carrière à Baseball Canada.\n_ J’ai été vice-président puis président des Barracudas travaillant avec des personnes remarquables, Gilbert Gherardi, Philippe Laurent, José Pimenta, avant de laisser la présidence à Gérard Cros au moment de ma prise de fonction en tant que Vice-Président de la fédération en 2001 quand Eric-Pierre Dufour a pris la présidence. J’ai assisté à certains matchs de haut niveau de la Coupe intercontinentale en Espagne, à de nombreux matchs de Major League à Yankee Stadium dont un certain Perfect Game de David Wells le 17 Mai 1998!\n\n_ Professionnellement je suis directeur de recherche CNRS, spécialisé en paléoclimatologie. J’ai fait mes études à Dijon où j’ai intégré le CNRS l’année de ma soutenance de thèse. Je suis parti deux ans à l’Université Columbia avec une bourse OTAN et depuis 1992, j’ai un poste de Adjunct Research Scientist à Columbia University. De 1994 à 2006, j’ai été responsable d’une équipe de recherche orientée sur les paléoenvironnements, de 2003 à 2006 directeur adjoint d’un institut fédératif de recherche de 570 personnels permanents. En 2007 j’ai muté à Paris à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) au Laboratoire de Météorologie Dynamique affilié à l’ENS, à l’Université Pierre et Marie Curie, et à l’Ecole Polytechnique. J’ai été vice-président d’une union scientifique internationale, INQUA, de 2003 à 2007. Je suis fondateur d’un journal scientifique en ligne et en accès libre. Je suis récipiendaire de la médaille de bronze du CNRS en 1990, de la médaille d’argent en 2007 pour le département des sciences de l’Univers, du prix Humboldt- Gay Lussac pour mes travaux en paléoclimatologie-paléoécologie qui m’a valu un séjour de 9 mois à l’Université de Bayreuth, et de l’EGU (Union Européenne Géosciences) service Award pour mes activités pour la communauté scientifique au sein de cette union (activité éditoriale, animation scientifique au sein de la division Climat). Je suis enfin Chargé de mission à l’INSU, Institut National des Sciences de l’Univers, pour la paléoclimatologie.\n\n_ Je suis marié à Christine et le père d’Ophélie, ancienne coach Tball, d’Anaelle, joueuse de soft et scoreuse, et d’Elina, joueuse de soft et coach adjoint équipe minime.\n\n\n\n\n\nPourquoi cette candidature à la Présidence ?\nLa motivation à la présidence fut de poursuivre ce qui avait été engagé sous la présidence d’Eric-Pierre Dufour avec lequel j’ai étroitement collaboré ces 8 dernières années. J’ai pu mettre en place plusieurs projets que je souhaitais accompagner dans le cadre du développement dont j’avais la charge, mais aussi pouvoir développer des idées comme je les ai exprimées dans le projet que j’ai soumis en guise de programme de candidature et qui fut nourri et enrichi par un réel travail d’équipe. J’ai goûté à tous les niveaux, aussi bien au haut niveau qu’à la pratique par les jeunes licenciés. Je connais le bien fondé des actions chez les jeunes, notamment en scolaire parce que ce sont les joueurs élite de demain. J’ai une certaine philosophie de la dynamique d’un club, qui je pense valable à un niveau supérieur en l’adaptant.\n_ Le projet Construisons Ensemble l’Avenir reprend cette philosophie et peut paraître ambitieux. Je voulais le proposer et le partager d’une part avec le groupe qui s’est réuni autour de moi et bien entendu avec les licenciés de la fédération; C’est la raison pour laquelle je ne me suis focalisé que sur ce projet et lui seul. Ma motivation a donc été de continuer à construire en me basant sur des données et des réflexions solides, tournées délibérément vers les licenciés. Aider les clubs, promouvoir et encourager les formations pour avoir les meilleurs résultats en haut niveau. \n\nQuels seront les trois premiers dossiers auxquels vous allez vous attaquer ? \n_ Il me semble que le bilan sur la « santé » des clubs est fondamental ainsi que USEP et UNSS pour étoffer nos clubs et préparer l’avenir. Le sport adapté est une étape qui va nécessiter des formations très spécifiques et qui ne pourront être « assimilées » que dans des clubs déjà très structurés avec un encadrement suffisamment important en nombre pour que des personnes puissent être détachées vers ces activités. Il y a peu de clubs qui répondent à ce critère !\n\n_ Le premier dossier est modeste mais ô combien important. Il va consister à réaliser une succession la plus efficace possible de manière à ne pas perturber la vie fédérale puisque les championnats ont déjà repris, et certains projets engagés qu’il faut concrétiser comme les discussions avec l’USEP et la fédération sport adapté. Cela peut paraître un rien surprenant. C’est fondamental.\n_ Je vais être immédiatement confronté à la convention d’objectif dont la négociation avec le ministère va être primordiale pour notre fédération puisque c’est de cette négociation et de la signature de la convention que nous seront donnés les moyens de nos projets.\nDans la foulée de cette négociation, il va falloir mener la labellisation de nos structures pour que clubs, CD et ligues puissent aller chercher les subventions et autres sources de financements auprès des collectivités territoriales.\n_ Mais je compte lancer en parallèle plusieurs chantiers en fonction des résultats de la Convention d’Objectifs puisque j’ai la chance d’avoir un comité directeur motivé et solidaire conscient des enjeux à venir. \n\nQuels sont les grands défis du baseball français sur les 4 prochaines années ?\n_ Les grands défis du baseball français sont de divers ordres. Le premier concerne le maintien ou non de la discipline au programme des jeux. Dans ce cas particulier, nous ne sommes pas maîtres de notre destin et c’est fortement frustrant et cela nous impose une sérieuse réflexion sur nos actions futures. J’espère que les luttes entre l’ISF et l’IBAF n’auront pas de répercussions majeures sur notre fédération.\n_ La place du baseball français dans le giron européen est également un enjeu de taille. Vouloir s’y maintenir en bonne position est certes important et nécessaire que ce soit en équipes nationales ou en club. Je pense que l’on ne peut se contenter d’une telle volonté. En effet et bien que cela ne soit pas démontré dans d’autres sports, je reste persuadé que nous ne pourrons être compétitifs au niveau international que si nos structures en interne le sont. Cela passe par de solides formations en termes de pratique, mais aussi d’encadrement, d’aires de jeu, d’arbitres et de scoreurs. Oui pour moi parler de grands défis c’est surtout amener notre fédération dans une nouvelle dimension que jusqu’ici son redressement n’a pas permis d’envisager. J’ai été frustré de travailler intensément avec Eric-Pierre Dufour sur deux dossiers structurants, l’organisation d’un des premiers tours de la coupe du monde et celle de la WCBF en France, et qui auraient pu nous apporter un nouvel élan, mais que cette dette et ce redressement nous ont obligé d’abandonner. \n\nQuel est l’état du Baseball français ? Et où voulez-vous le mener ?\n_ Ma vision du baseball français est qu’il y ait un engouement pour ce sport, mais aussi pour les sports de batte en général. Ce sont de puissants vecteurs par cette démarche si particulière qui mêle aussi bien situations de jeu individuelle et collective. C’est une alternative à bien d’autres disciplines sportives notamment en milieu scolaire. Nous avons un franc succès à l’UNSS et déjà un excellent début en USEP. Il faut faire le forcing sur ce point là.\n_ D’autres pratiques peuvent être développées car je souhaite sincèrement voir un maximum de personnes jouer. Au cours d’un de mes déplacements professionnels en Inde, j’ai pu constater les gens de tout âge jouer au cricket sur des terrains que nombre de nos licenciés renieraient. Ils étaient animés par la passion du jeu. Je souhaite une pratique par le plus grand nombre et c’est pour cela que j’avais proposé en CD une forme de pratique sans contrainte ni enjeu pour qu’un maximum de licenciés puissent jouer et ainsi rester car un des enjeux majeurs est bien là: Si nous sommes capables d’attirer un public varié, là où il faut travailler c’est dans notre capacité à conserver ces pratiquants.\n_ Il nous faut une vitrine solide qui soit capable de véhiculer une image positive de notre fédération mais cela passe aussi par une base renforcée et la plus large possible. Je ne suis pas visionnaire, je sais que c’est possible et qu’il faut la volonté de le faire sans toutefois se précipiter dans des raccourcis sans retour qui nous mèneraient au désastre. Je crois aux projets, c’est mon métier et ma manière de travailler. Dans mon métier, il est nécessaire d’avoir des idées qui sont nourries d’une grande réflexion et de la confrontation d’observations diverses et variées. Déposer une demande de financement implique alors de mettre sur le papier un état actualisé de la question, une présentation des outils que l’on utilisera pour mener à bien le projet, un échéancier précis et surtout des collaborations solides et justifiées. Bien entendu les preuves d’expériences passées sont les garantes que le projet sera mené à son terme. \n_ J’ai réalisé cela avec le projet ambitieux « Construisons Ensemble l’Avenir » que nous avons conçu pour une durée supérieure au présent mandat dans un souci de simple réalisme. Je souhaite sincèrement être en mesure de dire à la fin de ce mandat que nous avons mené à bien nombre des propositions de ce projet et que l’on peut le mesurer d’une manière incontestable via les clubs créés, les licenciés, les mesures prises, les financements obtenus et bien entendu les résultats sportifs. \n\nA-t-on espoir de revoir le baseball aux JO un jour ?\n_ Cette question est malheureusement indépendante de ma volonté et force est de constater que cela se traite à un niveau très supérieur à notre fédération. Nous sommes tous acteurs de cette question purement politique voire également relationnelle. Je le souhaite vivement et pense que si la prochaine ville olympique s’avère être nord-américaine, ce sport reviendra aux JO. Toutefois il ne faudrait pas que cela ne soit qu’un simple tour de piste et qu’il ressorte immédiatement après. A ce niveau l’IBAF et la MLB jouent un rôle important mais comme pour tout vote, interviennent des considérations qui souvent n’ont que peu à voir avec le sujet proprement dit soumis au dit vote. Depuis les JO de Pékin, je porte au poignet « I am Baseball » de l’IBAF.\n\nQuel est l’exemple à suivre ? En Europe ? Ailleurs ?\n_ Ne pas évoquer les Pays-Bas et l’Italie serait faire preuve de mauvais goût et surtout d’ignorance totale. J’ai le plus grand respect pour le travail qui y a été réalisé depuis de très longues années et notamment en terme de développement. Les conventionnements avec des formateurs et entraîneurs étrangers a porté ses fruits permettant ainsi de développer une pratique reconnue au niveau européen mais aussi au niveau international. Il suffit de se rappeler l’épopée de l’équipe néerlandaise lors du dernier World Baseball Classic. L’Allemagne a également beaucoup investi dans le développement tant dans la pratique qu’au niveau structures mais je ne peux m’empêcher de citer la fédération tchèque qui a bénéficié d’un soutien important qui lui a permis de monter des structures de pratiques et des clubs, ce qui fut salué cette année au dernier congrès de la CEB. \n\n_ Il n’y a pas un seul exemple à suivre à mon avis. Chaque pays présente un contexte socio-économique qui lui est propre et lui permet de promouvoir d’une manière ou d’une autre nos disciplines. J’ai pu constater lors du dernier congrès de la CEB que nous étions les seuls à avoir des projets comme le challenge diamant, le championnat UNSS, des « académies » fonctionnant sur des fonds publiques. C’est encourageant mais il faut continuer à aller de l’avant. Je pense cependant qu’il ne faut pas vouloir brûler les étapes, mais mettre en place, après mure réflexion, les diverses structures et formations qui nous permettront de devenir l’exemple d’autres nations ou plutôt une fédération enviée par les autres nations !\n\n_ Je sais enfin que je peux compter sur un avis plus qu’éclairé sur ce sujet, celui de mon ami Greg Hamilton. Greg qui est venu jeune coach à Montpellier, avait une certaine vision des sports de batte, faite de rigueur, de discipline et qui associant développement et pratique de haut niveau, formation et encadrement de qualité, a su mettre en place en association avec des dirigeants motivés, une structure qui a fait école, a été reconnue par les collectivités et sportivement avec une 3eme place en Coupe d’Europe des Champions. Greg, bien que fréquentant les milieux professionnels en étant régulièrement invité aux Spring trainings des Blue jays, a toujours préconisé de ne jamais dissocier Haut niveau et développement des jeunes sous toutes ses formes, réalisant des entraînements individualisés et personnalisés, prônant les entraînements spécifiques des lanceurs et receveurs, la formation des arbitres et des scoreurs. Greg était adepte d’une tenue irréprochable sur et en dehors du terrain, sensible aux actions de communication sous toutes ses formes, j’ai écrit en html le 1er site web baseball en Février 96 avec lui, l’organisation de clinics avec les Blue Jays de Toronto, le tournoi international du Lez en minimes et cadets…\n\nUn mot sur Eric Pierre Dufour ?\n_ Eric-Pierre est désormais président d’honneur de la fédération et c’est la moindre des choses eu égard à son investissement ces 8 dernières années en tant que président mais aussi de ses activités antérieures. J’ai eu la chance de le fréquenter durant les 2 mandats où j’ai été un de ses vice-présidents. Nous n’avons pas toujours été d’accord sur tout mais le respect que nous avions l’un pour l’autre nous a permis de surpasser ces désaccords plutôt que ces divergences. Eric-Pierre est un passionné qui a donné beaucoup, trop peut-être pour notre fédération. \n\n_ Je l’ai suivi sur le dossier Coupe du Monde travaillant sans compter pour qu’il puisse porter ce que nous croyions un magnifique projet. Nous avons renouvelé la préparation d’un possible événement WCBF à Paris. Nous étions ensemble pour le 1er challenge diamant! Si j’arrive aujourd’hui dans une fédération où la confiance est de retour et où des projets voient le jour et portent leur fruit, c’est grâce à ce Monsieur des sports de battes pour lequel j’ai le plus grand respect. Président d’honneur il peut apporter encore beaucoup par son expérience mais aussi par ses relations que je sais importantes dans le milieu sportif français et international. J’ai donc voulu que mon premier engagement en tant que président nouvellement élu soit cette reconnaissance qu’il mérite amplement, je suis ravi que l’assemblée ait accepté à l’unanimité cette proposition. \n\nhttp://www.ffbsc.fr/]}\n\n—-\n