Coupe d’Europe: « C’est évidemment un échec »

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Les Huskies de Rouen ont raté leur Coupe d’Europe à Brno, \nen République tchèque. \n_ Ils n’ont pas renouvelé leurs exploits de 2007 (vice champions d’Europe), de 2008 (demi finalistes) et de 2009 (3mes). \n_ Rouen a perdu ses quatre premiers matchs avant de se ressaisir et de sortir la tête haute en battant Brno devant son public et en direct à la télévision tchèque. \n_ François Colombier revient sur cet échec. \n\n\n\n \nFrançois, quel bilan peut-on tirer de cette Coupe d’Europe 2010 ?\n_ C’est évidemment un échec. On termine dernier, on a terminé 3 matches sur 5 en mercy-rule, il serait bien délicat de parler d’autre chose que d’un échec. \n\nPourquoi les Huskies ont ils joué trois matchs sur un petit terrain ? \n_ La raison exacte, je ne la connais pas. Voilà ce qui s’est passé. Il était impossible de jouer les 2 premiers matches, le terrain étant totalement inondé. Jusqu’aux dugouts, remplis d’eau. Au passage, on a pu mesurer l’efficacité du club de Brno, qui grâce à des gros moyens techniques et humains est parvenu à rendre le terrain jouable pour le match du soir. \n_ Il était donc évident qu’il fallait trouver un terrain de substitution. Les commissaires techniques nous ont désigné pour jouer sur ce deuxième terrain. J’avais été tellement impressionné par les installations exceptionnelles de Draci que je ne me faisais pas de souci. Je pensais qu’on allait jouer sur un terrain certes de moindre qualité, mais normal. \n_ J’aurais du aller voir sur place le jour même de la décision, et protester auprès des commissaires techniques. Mais le lendemain, une fois sur place, il était trop tard. Que pouvions-nous faire, Refuser de jouer ? On était là pour une Coupe d’Europe, il fallait la jouer. On aurait pu faire un scandale, mais qu’est ce que cela aurait changé. Le coach allemand a protesté, ils ont joué quand même le match. \n_ Il est quand même curieux que l’équipe française soit la seule qui ait joué trois matches sur ce terrain, qu’il n’y ait eut aucune confrontation où les Huskies n’étaient pas concernés. Si il y avait du avoir un départage, avec les règles des points encaissés / points marqués, ce terrain aurait évidemment faussé le jeu.\n_ Il était normal que Brno reste sur son terrain. Mais les courtes distances auraient permis de meilleures rotations. Il y a eût pour le moins de la précipitation dans la décision des commissaires techniques. \n_ Je pense que quelque part nous avons payé l’image désastreuse du baseball français dans les instances internationales. A force de ne rien faire, de refuser d’organiser une coupe du Monde, d’avoir une fédération instable, on paye le prix. J’espère que la fédération française va interpeller la CEB sur cette décision. Cela sera un premier signe que le baseball français recommence à exister. \n\n\nC’était un terrain indigne de la Coupe d’Europe A ? \n_ Le commissaire technique sur place avec l’air bien embêté quand nous sommes arrivés le jour du premier match. Il a fait le tour du terrain, et est revenu 30 minutes plus tard avec une page pleine de « ground rules ». Il n’y avait pas que la distance, il y avait des trous dans les clôtures, des poteaux mal placés, des branches d’arbre qui empiétaient sur le champ de jeu, bref, c’était n’importe quoi. \n_ Alors oui, c’était un terrain indigne d’une Coupe d’Europe A. Je pense que ce terrain aurait même été retoqué pour le championnat Elite français. \n\nOn va dire que Rouen est mauvais perdant. Le terrain est le même pour tous. Cela n’explique pas tout. Avec du recul, qu’est ce qui n’a pas marché ?\n_ Je ne suis pas du genre à chercher des excuses faciles. On a perdu, point final. Mais il est évident que le terrain a joué un rôle. Les home-run des allemands auraient été des ballons facilement captés par nos champs pour la plupart d’entre eux. Il y a un autre aspect. Cela a été psychologiquement très difficile de vivre ces matches où le moindre ballon se transformait en home-run. \n_ La concentration, l’envie de jouer et de performer, ont évidemment pris un coup. Cette journée du vendredi , face aux allemands et aux hollandais, a été interminable. Et nous n’étions plus là dans nos têtes contre les italiens. Les Huskies étaient morts, ils étaient des petits caniches couchés en rond dans leur panier. Heureusement, cette équipe à une âme, et les joueurs ont prouvé leur niveau dans le dernier match.\n\n\nQu’est ce qui n’a pas marché ? \n_ En premier lieu le recrutement étranger. Justin Staatz a été une honte pour le baseball. Je n’ai même pas envie d’en dire plus. \n\nRouen n’a pas montré son vrai visage ? \n_ Non, bien sûr que non. On a été d’une immense improductivité avec des coureurs en position de marquer. On a couru n’importe comment sur les bases. Le gros coup-sûr important n’est jamais venu, alors que ceux qui sont censés porter l’équipe ont eût l’occasion de le frapper. Les lanceurs ont été écrasés par le poids du petit terrain. Il faut être à 120% pour une Coupe d’Europe. Nous étions à 75% de nos capacités. Lors des trois Coupes d’Europe précédentes, tout avait bien tourné pour nous, nous avions su forcer la chance. Là, tout est allé contre nous. \n\nOn sort tout de même de la compétition par une belle victoire face aux tchèques….C’était important ? \n_ C’était essentiel. Repartir pour 17 heures de bus après une cinquième défaite, cela aurait pu être catastrophique. Avant le match contre Brno (devant des tribunes pleines et la télévision nationale tchèque), les joueurs se sont réunis à l’initiative de Robin Roy, qui avait des choses à dire. Je ne sais pas lesquelles, mais en tout cas ils sont revenus avec un langage corporel beaucoup plus positif. Fini les têtes basses et les yeux dans le vide, les joueurs étaient revenus pour gagner, et ils l’ont fait après une grosse bagarre contre les tchèques. \n\nQuelle a été l’équipe qui vous a le plus impressionné ? \n_ Je vais paraître arrogant, mais aucune. Nous pouvions battre toutes les équipes que nous avons affrontées. J’ai repensé à notre première Coupe d’Europe en 2003 à San-Boi. Là, nous avions été déclassés, et la marche semblait vraiment haute. \n_ Aujourd’hui, nous regardons tout le monde dans les yeux. Quand j’ai vu les allemands battre les hollandais et se qualifier pour le final-four, j’étais furieux car je savais que nous aurions tout à fait pu être à leur place. \n \nEt maintenant ? \n_ Rouen, comme Savigny, en terminant dernier, va devoir passer par la poule de qualification en septembre sur trois jours. \n \nLa compétaition ?\n_ Deux matchs le vendredi, deux le samedi. Les deux premiers se retrouvent en finale dans une série de 2/3. Le match joué le vendredi ou le samedi compte dans la série.\n \n Quand ?\n_ Cela doit être déterminé avec la fédération et Savigny. \n \nOù ?\n_ Rouen a d’ores et déjà déposé sa candidature auprès de la CEB pour accueillir cette compétition. \n \nContre qui ?\n_ Quatre équipe se sont qualifiées en remportant leur poule B.\nSolingen (Allemagne, Teknica Brno (Tchéquie), North Stars Moscou (Russie) et Karlovac (Croatie). \n_ Il y aura deux poules de trois équipes, sachant que Rouen et Savigny ne pourront être dans la même poule. \n \n\n\n\n\nSylvain Virey, le manager de l’équipe de France senior, était à Brno pour suivre les internationaux de Rouen. Sur le, site de la fédération, il revient lors d’un interview sur ce qu’il a vu en Coupe d’Europe. Extraits. \n \n\nFFBS- Les clubs de Rouen et Savigny reviennent de Coupe d’Europe. Ils ont été confrontés à des clubs de plus en plus forts. Pensez-vous que la France devra également faire face à des équipes de plus en plus performantes ?\n_ Sylvain Virey: Fabien Proust était à Rotterdam, je suis allé pour ma part prendre le pouls de la Coupe d’Europe à Brno.\n_ L’Europe du baseball évolue en effet. Pour preuve, dans les clubs qualifiés pour le final 4, il n’y aura pas de club Hollandais alors que cette nation domine le baseball Européen depuis de nombreuses années.\n_ Je n’ai cependant pas été surpris par le niveau de jeu. Le meilleur niveau Européen touche le niveau professionnel et c’est un cran au dessus de notre championnat ; ce n’est pas nouveau. \n_ Les défaites de nos deux meilleurs clubs Français sont aussi à relativiser. _ Pour ce qui est de Brno, je pense que tous les clubs pouvaient se battre les uns les autres. Avec un meilleur recrutement étranger et un planning plus juste (Rouen est la seule équipe à avoir joué 3 matchs sur un terrain à 85 m !), Rouen aurait été compétitif.\n_ Je pense que Savigny avait aussi tous les éléments pour se maintenir et même performer dans sa poule. Cela ne s’est pas joué à grand chose, face aux belges par exemple.\n_ Même si certains matchs aux scores fleuves laissent imaginer une nette supériorité de certaines nations, je note pour ma part la performance de joueurs Français qui ont su relever le défi de ce niveau de jeu. Je n’ai donc pas d’appréhension particulière pour cet été ; je suis même assez confiant.