Challenge: retour sur la victoire rouennaise

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\n\nUn bras de fer sensationnel a opposé Rouen et Savigny en finale du Challenge de France 2009. Dans un suspens à couper au couteau, dans une tension plus que palpable, les Huskies ont réussi à maîtriser la terrible remontée des Lions pour remporter le titre (victoire 7/5), dans une finale qui restera longtemps dans les mémoires.\n_ Ce fut un match d’hommes. Une rencontre chaude, brûlante, même, et pas seulement à cause de la température caniculaire.\nDeux poids-lourds face à face, pour un combat en 9 reprises, où chacun à tenté de mettre l’autre KO.\n\n\n\n\nDes Lions de Savigny revenus à leur meilleur niveau après quelques saisons en léger retrait. Une équipe puissante au bâton, solide en défense et au monticule, avec une capacité permanente à se sublimer, à mettre la pression, à faire craquer l’adversaire. Des Huskies de Rouen voulant marquer leur territoire, confirmer leur suprématie sur le baseball français, marquer de leur empreinte le premier rendez-vous de la saison.\n\nLes Savigny – Rouen ont marqué le début des années 2000. La version 2-0, celle de la fin de ces mêmes années 2000, promet quelques moments d’anthologie \n\nUn match d’hommes, parce que la tension fut insoutenable du début à la fin. Savigny a montré tout sa force de caractère en ne baissant jamais la tête, après un début catastrophique, en repartant sans cesse à l’assaut du château fort rouennais, en faisant plier et peut-être même parfois douter son adversaire. \n_ Rouen a montré toute sa solidité et son caractère en résistant à la bourrasque, en gardant son sang-froid, en ne cédant jamais à la pression.\n\nSAVIGNY LAISSE 14 COUREURS SUR LES BUTS\n\nLa tension entre les deux équipes s’est ressentie jusqu’au moment de la poignée de main où une altercation a opposé Perez à Martinez, qu’il ne fut pas facile de séparer avant que tout le monde se calme. Savigny, plus que remonté tout au long de match, a beaucoup joué sur la motivation verbale, ce qui créée toujours à un moment ou un autre des risques d’embrasement.\n\nPour en revenir au jeu, est-ce Rouen qui a gagné ou Savigny qui a perdu ? La question peut paraître stupide, mais elle résume bien la situation. Les Lions ont laissé passer un nombre considérable d’occasions de marquer, laissant pas moins de 14 coureurs sur les sentiers. Le gros coup-sûr, celui qui fait mal, qui fait se vider les buts, n’est jamais venu au moment opportun. La façon dont le match s’est terminé est une autre démonstration du manque d’opportunisme des Lions, qui se sont faire prendre dans un double-jeu sur deux souricières, alors que le point vainqueur était à la batte.\n \n\n\nAuparavant, l’énumération des chances manquées est des plus impressionnantes. En 2ème manche, après 2 retraits, Robin Roy remplit les buts avec 3 BB consécutifs, fait monter le compte à 3-2 sur Dal Zotto avant de le retirer sur élan. En 4ème manche, les bases sont de nouveaux remplies, mais Lemestre ne peut frapper qu’un faible roulant au lanceur pour mettre fin à la menace. Qu’arriva-t-il à la manche suivante ? les buts remplis, bien sûr, avec aucun retrait, mais deux strike-out sur Ferreira et Martinez, et une line-drive au champ centre de Dal Zotto que le futur MVP, Kenji Hagiwara, cueille en pleine course. \n\nEn 7ème manche, c’est un scénario un peu différent. Coureurs en 2 et 1, et normalement le dangereux Jérôme Rousseau, en pleine confiance au bâton pendant ce match, devrait se présenter au bâton. Mais il s’est blessé au genou à la manche précédente, et c’est le jeune Touahri qui frappe, et ne peut réussir qu’un faible roulant que Luc Piquet joue bien pour un retrait serré en 1ère base. \n_ En 8ème manche, Savigny place deux coureurs en 1 et 2. On demande le bunt à Ferreira pour placer le point égalisateur en position de marquer. Après deux tentatives ratées, le frappeur de Savigny se compromet dans un double-jeu.\n\nEt que dire de la dernière manche… Les Huskies ont cru pouvoir se mettre (enfin) à l’abri avec deux hits consécutifs de Piquet et Peron. Young pose l’amorti sacrifice, et envoie ses équipiers en 2 et 3. Lemestre sort le grand jeu. Il force Dubaut à frapper un haut ballon dans l’infield pour le 2ème retrait. Puis Israël frappe un roulant, que Dal Zotto va chercher loin à sa droite pour effectuer un long relai un peu trop haut. Peyrichou saute et retombe à temps sur le coussin pour éliminer Israël qui a tout donné en plongeant.\n\nUN FINAL INCROYABLE !\n\nDernier passage à la batte pour Savigny. 4 balles suffisent à Dal Zotto pour se rendre en 1ère base, puis en 2ème quand la courbe de Perez tombe sur le marbre et file dans le back-stop. Goniot est retiré, puis Lemestre reçoit à son tour un BB. Le point vainqueur est à la batte. C’est le dangereux Stewart. Le match va alors devenir complètement fou. L’américain frappe un roulant vers Piquet. C’est le « game ending double play » ? Pas du tout, Piquet ne parvient pas à contrôler la balle. Tout le monde est sauf, mais Dal Zotto décide de foncer au marbre. Piquet garde son sang froid, récupère la balle quelques pas derrière lui, et lance à Marche qui prend Dal Zotto en souricière et le retire. Lemestre a tenté de profiter de l’action pour aller vers la 3. Là encore, il est pris en souricière pour mettre fin au match. En quelques secondes, Savigny est passé d’une situation potentielle des buts remplis avec 1 seul retrait à la fin du match. Incroyable ! \n\n93] fut atteint par le premier lancer du match. On voyait que le lanceur des Lions n’était pas dans son meilleur jour. \n\nROUEN A DÉMARRÉ EN TROMBE\n\nLe score est monté très rapidement : 4 points en première, trois en seconde, avant que Tim Stewart ne vienne éteindre l’incendie. Il le fit à la perfection, relevé ensuite par Pierrick Lemestre qui n’a pas donné l’impression d’avoir lancé 6 manches la veille, puisqu’en dehors de deux alertes en 7ème manche (coureur en 2 et 3, un retrait) et 9ème manche (buts remplis, 2 retraits), il n’a jamais été vraiment en danger. 7-0 en deux manches, on pouvait penser que la finale était pliée, surtout avec Robin Roy au monticule. Mais l’ace rouennais était un peu moins précis que d’habitude, et quelques buts sur balles de trop ont permis aux Lions de grignoter leur retard. \n_ Mais dans la fable du lièvre et de la tortue, cette fois, c’est le lièvre qui avait gardé suffisamment de ressources pour passer la ligne en tête. Rouen remporait son 3ème Challenge de France, son premier aux dépends de Savigny (défaites en finales en 2003 et 2005), et ajoutait un 9ème titre à sa collection de compétitions gagnées en France (5 Championnats, 3 Challenges, 1 Coupe). Mais les rendez-vous sont déjà pris entre les deux équipes. Les retrouvailles prévues pour le 5 juillet s’annoncent passionnantes. \n\n—-