2012: Rouen se qualifie pour le Final Four

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{30 mai. Une date inscrite dans le livre des Huskies à jamais. Rouen bat le Neptunus Rotterdam 6/3. Déjà vainqueur d’Amsterdam en Coupe d’Europe en 2009, Rouen récidive face à un autre champion du pays champion du Monde. Aucune autre équipe française n’a battu en compétition officielle une équipe hollandaise dans l’Histoire du baseball. La joie de Keino Perez dans les bras de son receveur Boris Marche. Crédit Aurélien Meunier}
\n\n{Rouen – Rotterdam 6/3: sans complexe}\n\n_ ROUEN 76 0 0 4 2 0 0 0 0 0 6 8 2\n_ ROTTERDAM 0 1 0 0 0 0 0 2 0 3 6 2\n_ WP: Chris Mezger Save: Keino Perez LP: V. Veen \n\n\n\n\n\n
{Crédit www.kafoe-fotografie.nl}
\n\n\n_ Depuis plusieurs saisons, les Huskies n’ont aucun complexe en Europe. Quand il s’est agit de commencer la compétition 2012 chez le géant hollandais Neptunus, sur son terrain, les rouennais ne se sont pas posé de question. Quand deux doubles de suite en 2ème manche ont placé les locaux en avance, Rouen n’a pas tremblé pour autant, et a continué sereinement à jouer son baseball. Cela a payé dès l’inning suivant. \nKevin Van Veen, qui restait sur 7 manches sans avoir donné de points aux Huskies (5 l’an passé à Parme et 2 cette saison) allait en effet céder en 3ème manche. La nouvelle vague rouennaise donnait le ton, puisqu’Oscar Combes partait le bal avait un simple. Deux frappeurs plus tard (Dagneau et Lefevre), le coach hollandais n’avait d’autre solution pour éteindre le feu que faire appel à son australien, Dushan Ruzic, vainqueur en Coupe du Monde de l’Italie, et n’ayant donné que 2 points aux cubains lors de cette même compétition. Il réussissait les deux retraits avant que David Gauthier nettoie les sentiers d’un double au centre sur un compte de 2-0. Deux simples de Piquet et Marche plus tard, les rouennais se donnaient 3 points d’avance, puis 5 la manche suivante profitant des erreurs de la défense de Neptunus, manifestement troublée d’être aussi secouée, de la vitesse de Maxime Lefevre (vol de 3) et d’un double de Paquette. 6-1 après 4 manches, les Huskies allaient alors se mettre en mode résistance derrière Chris Mezger pour contenir la tentative de remontée des hollandais. Le grand lanceur rouennais était d’ailleurs en plein contrôle, retirant 9 frappeurs de suite entre la 5è et la 8è. IL pensait même pouvoir finir cette manche, après 2 retraits mais un simple de Vernooij poussant Legito au marbre (le score passait à 6-3) mettait fin à sa journée de travail. Keino Perez entrait au monticule pour finir le travail, ce qu’il accomplissait à merveille en forçant Dille à frapper un faible roulant. Perez, qui avait commencé sa carrière européenne aux Pays-Bas voilà 8 longues années se rappelait au bon souvenir des néerlandais en retirant les 3 frappeurs à lui faire face dans l’ordre en 9ème manche, dont un somptueux strike-out sur 3 lancers aux dépends de Daantji pour finir le match en beauté. \n\n{Rouen – Nettuno 1/4: réveil difficile}\n\n_ NETTUNO 3 1 0 0 0 0 0 0 0 4 5 2\n_ ROUEN 76 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1 1 1\n_ WP: Simone LP: Owen Ozanich\n\n\n\n\n
{Les deux lanceurs et le vol de but de Maxime Lefevre РCr̩dit Aur̩lien Meunier}
\n\n_ La Coupe d’Europe, c’est un peu comme une étape de montagne du Tour de France. Une fois qu’on a fini de monter le Galibier, c’est l’Izoard qu’il faut grimper. Après avoir scalpé les hollandais le soir, et une courte nuit de sommeil (match programmé à 11 heures), les rouennais se retrouvaient face aux italiens de Nettuno, avec la ferme volonté de s’emparer de la tête du classement. Le match se joua en 1ère manche, quand Owen Ozanich, peu aidé par les décisions arbitrales, connaissait des difficultés à trouver la zone, ce qui est plutôt rare chez lui. Donner trois buts sur balles, à ce niveau de compétition, se fait souvent payer au prix cher. Les italiens scorèrent en effet 3 fois, rajoutant un autre point en deuxième manche pour se mettre à l’abri. Owen allait de nouveau régler la mire par la suite, en ne donnant qu’un hit et aucun BB de la 5è à la 9è manche, prouvant que ses difficultés de début de match n’étaient qu’un incident. \nL’attaque rouennaise restait timide contre Valerio Simone. Il fallait un but sur balle, une erreur et un ballon sacrifice pour qu’elle marque son premier point en 5ème manche. Le 1er coup-sûr, par Quentin Becquey, ne survint qu’en 8ème manche. Becquey croisait le marbre sur un ballon sacrifice de Dagneau. Le score n’était plus que de 4-2 en faveur des italiens, rendant possible un come-back. Mais Simone restait imperturbable en 9ème manche, et tuait dans l’œuf les tentatives rouennaises, avec notamment deux strike-out. \n\n{Rouen – Barcelone 12/3: une affaire de guerrier}\n\n_ ROUEN 76 3 1 0 0 5 0 0 0 3 12 12 0\n_ BARCELONE 0 0 0 0 0 0 0 3 0 3 7 2\n_ WP: Anthony Piquet LP: O.Jimenez\n\n \n_ Anthony Piquet est un guerrier. Tout le baseball français le sait, mais le lanceur breton a une nouvelle fois prouvé qu’il n’aimait rien tant que livrer bataille et se sublimer dans les grands moments. Il a livré une performance héroïque contre Barcelone, qui avait pourtant corrigé Nettuno deux jours avant avec 11 points et 16 coups-sûrs. Il aura fallu 142 lancers à Piquet pour finir son match, et il ne céda ses premiers points qu’en 8ème manche, alors que les rouennais s’étaient mis à l’abri.\nLes Huskies auraient pu être affectés par leur défaite face aux italiens et leurs difficultés à produire. En plaçant leurs 6 premiers coureurs sur les sentiers et en scorant trois fois dès la première manche, ils prouvèrent d’entrée de jeu qu’ils étaient là pour faire mal. Rouen se mit à l’abri avec une grosse poussée de 5 points en 5ème manche, avec un tour complet de line-up. Bénéficiant des largesses du pitching de Barcelone (12 BB, 3 HP, ça fait de la circulation sur les sentiers) et de quelques passages productifs (3 RBI pour Bert, 4 frappeurs à 2 RBI) Rouen s’est offert une solide victoire qui le remettait en course pour la qualification.\n\n\n{Rouen – Regensburg 4/2 : pour l’histoire}\n\n_ ROUEN 76 0 0 0 0 2 0 2 0 0 4 9 1\n_ HEIDENHEIM 1 1 0 0 0 0 0 0 0 2 6 1\n_ WP: Keino Perez Save: Chris Mezger LP: Bolsenbroek\n\n\n\n\n
{Crédit www.eisenhuth-photographie.de}
\n\n\n_ Dans la longue histoire des grands matches joués par les Huskies, cette victoire contre Regensburg occupera surement une place au sommet du hit-parade. Pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’elle a ouvert les portes du final-four, confirmant que les Huskies font partie du gotha continental. Ensuite parce que le baseball allemand domine le baseball français depuis plusieurs saisons et qu’il est toujours agréable de renverser la tendance. Enfin parce qu’il y a dans cette rencontre tous les ingrédients de l’émotion. Un home-run pour commencer, une remontée pour suivre, une fin de match au couteau, et une bagarre générale pour corser le tout. De quoi alimenter les conversations pendant de longues soirées et de longues années.\nC’est Keino Perez qui prend le monticule pour Rouen, les allemands envoyant leur as, le hollandais Mike Bolsenbroek (drafté par les Phillies). Pas de round d’observation puisque dès la première manche l’ancien minor-leaguer Glaser catapulte la balle au dessus la clotûre du champ gauche pour donner un première avance à son équipe. Les allemands doublent leur avantage dès la manche suivante sur un simple de Ehmcke, un vol de base puis une erreur de Perez (mauvais relai) sur un amorti-sacrifice de Bassel qui permet à Ehmcke de contourner les sentiers et de marquer. \n\n\n
{Le lanceur allemand insulte Ethan Paquette, le receveur le ceinture.. S’ensuit une forte tension sur le terrain. Bilan ? Ethan Paquette est le seul joueur expulsé et écope de deux matchs de suspension qui le fait rater la demi finale du Final Four. . Sylvain Virey, le coach rouennais, est également expulsé tout comme son homologue allemand. L’incident va réveiller Rouen qui marque ses quatre points ensuite. Crédit www.eisenhuth-photographie.de}
\n\nLe match prendre une nouvelle dimension en 4ème manche, quand Paquette et le lanceur format géant Bolsenbroek. Les bancs se vident, les coups et les noms d’oiseau s’échangent, Paquette est expulsé (pourquoi seulement lui ?) ainsi que Sylvain Virey. Et les rouennais vont parfaitement gérer ce moment de tension. C’est d’abord Perez qui tient bon en 4ème manche, quand avec deux coureurs sur les sentiers en 1 seul retrait, il retire Bassel et Jahn. C’est l’attaque ensuite qui se met en marche. Un simple, une erreur et un amorti sacrifice placent Piquet et Becquey en position de marquer. Maxime Lefevre ne se fait pas prier, et malgré un compte de 0-2 il cogne au champ gauche un simple d’un point. La vitesse de Joris Bert lui permet de frapper un simple productif en première base pour créer l’égalité. \nRegensburg remet la pression dans la manche suivante, qui sera peut-être un tournant pour les allemands. Après un retrait, Gessman est atteint par un lancer et vole la 2. Le relai de Boris Marche arrive à temps pour le retirer. C’est un moment décisif puisque Glaser reçoit ensuite un but sur balle et que le catcher Howard frappe un double. Ce qui aurait pu être une grosse manche se termine sans point que Perez, sublime, retire Zirzlmeier sur trois prises.\nOn arrive en 7ème manche. Vous avez dit Money time ? Les rouennais adorent ça. Après un retrait, les flèches du haut de line-up arrivent en base. Lefevre sur un simple au champ intérieur, Bert sur 4 balles de suite. Paquette devrait être là pour faire rentrer tout ce beau monde, mais il se morfond dans les tribunes. C’est Perez qui est au bâton, et qui choisit de se sacrifier pour mettre 2 coureurs en position de marquer avec 2 retraits. La parole est à David Gauthier, qui justifie pleinement son rôle de 4ème frappeur en cognant le simple qui donne 2 points d’avance. Un simple qui entre dans l’histoire du club, puisqu’il envoie les Huskies au final four. \nMais le chemin reste long. Les allemands ne baissent pas les bras. A leur tour de mettre leur haut de line-up en action en 7ème manche. Vance est atteint par un lancer. Il vole la 2. Après un retrait, Glaser est prudemment walké. Perez laisse sa place à Mezger. C’est le scénario inverse du match 1. On verra qu’il est aussi triomphant. Le temps que l’américain prenne ses marques, Vance et Glaser exécutent à la perfection un double vol. Deux coureurs en position de marquer, un retrait, le point de l’avance au score est au bâton, Chris Howard, l’un des plus grands espoirs du baseball germanique. La fièvre monte à Rotterdam. C’est du baseball haute tension. Du haut de ses 219 centimètres, Mezger ne tremble pas et passe Howard dans la mitaine avant de forcer Zilzmeier à frapper un roulant à l’arrêt court. \nLes allemands ont laissé passer leur chance, même s’ils placent encore un coureur en 2 en 8ème manche. En 9ème manche, Mezger affronte les 3 premiers frappeurs allemands, et les retire dans l’ordre, Glaser par une flèche captée par David Gauthier en 3ème base, un peu comme celle qu’il avait attrapée lors de la ½ finale de Rimini en 2007. Rouen est au final four. Ces quatre mots valent bien des longs discours.\n\n\n\n\n
{Dernier retrait du match effectué par David Gauthier Crédit www.eisenhuth-photographie.de}
\n\n{Rouen – Brno 12/0: pluvieux et serein}\n\n_ BRNO 0 0 0 0 0 0 0 0 5 3\n_ ROUEN 76 6 2 0 3 1 0 – 12 16 3\n_ WP: Owen Ozanich LP: Koci\n\n_ Ce match, les organisateurs de la Coupe d’Europe ne pensaient sans doute pas qu’il allait concerner un des qualifiés pour le final four. Ils l’ont programmé tôt, sur un terrain annexe. Et en plus, il pleut. Il en faut plus pour gommer les grands sourires qui barrent la face des héros rouennais et de leurs infatigables supporters. Face a des tchéques déjà éliminés, les Huskies font le travail proprement, avec 16 coups-sûr et une tranquille victoire 12-0, pour confirmer leur 2ème place et leur fiche de 4-1, la meilleure depuis que les Coupes d’Europe se jouent sur ce format (3-2 en 2009, 1-4 en 2010, 1-4 en 2011). \n\n