Steve Cuzor, de XIII aux Huskies

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\n\n\n\n\nBonjour Steve, comment devient-on le dessinateur d’une BD mythique comme « XIII MYSTERY » ? Comment t’es-tu retrouvé dans cette aventure ?\nTout a débuté avec la rencontre de Jean Van Hamme, scénariste grandiose de séries à succès ( XIII, Largo Winch, Thorgal…), lors de la remise du prix UDERZO en 2006 et qui récompensait entre autre le meilleur Album Tout Public de l’année.On était plusieurs à être nommés, beaucoup d’auteurs très connus étaient présents, je devais être le plus jeune de tout ce beau monde… Au final, et à ma grande surprise, je suis reparti avec le trophée. Quelques temps plus tard, alors que je travaillais sur ma série O’BOYS, je reçois un coup de fil du « Maître » me demandant si je serais d’accord pour faire parti de la nouvelle aventure XIII Mystery que lui-même et les éditions Dargaud venaient de lancer. J’ai dit oui, sans hésiter !\n\nQuel est le concept ? Quel est le lien avec l’histoire de XIII ?\nLa série XIII Mystery est un spin-off de la série XIII, qui se propose de mettre en lumière les personnages plus secondaires, afin de développer leur histoire et d’éclaircir quelques zones d’ombres concernant le complot autour du personnage de XIII. Chacun de ces albums est écrit et dessiné par des auteurs différents. J’ai réalisé le dessin du tome 6 « Billy Stockton » sur un scénario de LF. Bollée.\n\n\nC’est combien de mois de travail ?\nEn règle générale, je mets entre 12 et 18 mois pour dessiner un album. Ce qui revient à faire une page (une planche) par semaine. Faut dire aussi que je travaille sur un format original beaucoup plus grand que le format de parution.\n\n{«En règle générale, je mets entre 12 et 18 mois pour\ndessiner un album. Ce qui revient à faire une page \n(une planche) par semaine»}\n\n\nC’est un événement la sortie d’un nouveau XIIIMystery. C’est une grosse pression ?\nContrairement à d’autres séries qui demandent un soutien particulier de la part de leurs auteurs, notamment en salon ou en festival BD, XIII Mystery bénéficie d’un gros tirage (150000 ex) et sait se vendre tout seul. La machine à marketing fait le boulot. \nLe contre coup, c’est que tous les fans de XIII vous attendent au tournant ! \n\nComment travailles-tu ?\nJe commence par lire minutieusement le scénario, c’est très important, car c’est de là que va se déclencher la mise en perspective des personnages et de leur psychologie. Je m’imprègne de leur histoire et je commence à dresser un portrait graphique de chacun d’eux. Du personnage le plus important au dernier rôle. Je m’attaque ensuite au storyboard de tout l’album, qui consiste à dessiner toutes les pages très succinctement (un peu comme un dessin d’enfant), histoire de voir si le texte colle bien avec l’image. Si ce n’est pas cas, on corrige, on modifie des dialogues, on réajuste… Une fois seulement toutes ces étapes terminées, je commence le dessin au crayon sur grands formats puis le passage à l’encre de chine et au pinceau (très fin le pinceau… et très cher aussi !).\n\n\n\nComment s’imprègne-t-on d’un personnage ?\nPersonnellement, j’essaye de me mettre à sa place, d’être dans sa peau, de penser comme lui… Ce n’est pas toujours évident, surtout quand il s’agit d’un personnage comme Billy, très dérangé pour ne pas dire complètement déséquilibré et qui finit par déclencher un massacre autour de lui. Dans ces cas là, je me documente, je relis des articles,des faits divers, notamment sur des psychopathes étudiants aux USA, ça ne manque pas là-bas. On fait un peu le même boulot qu’un acteur de cinéma avant de jouer un rôle finalement.\n\nComment es-tu arrivé dans le baseball ? Quel est ton rôle dans ton club ?\nGrace à mon fils Tom (photo) qui a découvert le baseball au collège et à Erwan Godet (un des responsables du CD35 baseball) qui a su me séduire par sa personnalité et sa démarche. Ça fait maintenant plusieurs années que la Bretagne met en pratique le développement et la découverte du baseball à l’école, entre autre. Le petit club dans lequel jouait Tom, non loin de chez nous à Maure de Bretagne, n’était alors pas en très grande forme. J’ai accepté de relever le défi. Ce petit club avait surtout besoin qu’on y remette de l’énergie, de la motivation, de la bonne humeur et aussi…des sous ! Je me suis alors retrouvé du jour au lendemain, entraineur des U15, coach et président, au grand dam de mon éditeur qui voyait les pages BD arrivées au compte-goutte.En tout cas, ça a fini par payer, notre équipe de cadets, qui avait l’image de « looser », a décrochée le titre de champion de Bretagne cette année-là, suivi du titre de champion de la coupe d’automne. Pour certains clubs, c’est chose courante, pour nous et tous ces jeunes c’était comme si on avait gagné la coupe du monde ! Tom est alors entré au Pôle France de Rouen et j’ai pu retourner à mes dessins. Aujourd’hui le petit Club des FireHorses se porte à merveille avec son nouveau président Michel Julé et je suis toujours membre actif.\nTom est donc au Pôle France de Rouen et membre des Huskies. \n\n{« UN BASEBALLEUR DANS UNE BD ? \nJACKIE ROBINSON ! CAR CE N’EST PAS UNIQUEMENT DE BASEBALL QU’IL S’AGIT… MALHEUREUSEMENT POUR MOI, JE N’AI PAS DÉGAINÉ ASSEZ VITE, ÇA VIENT D’ÊTRE FAIT AU CINÉMA (LE FILM « 42 », NDLR)»}\n\n\nTu es content de son environnement rouennais ?\nOui, vraiment content pour lui. D’abord parce que je ne le voyais pas passer toutes ces années de lycée en pleine cambrousse. À cet âge-là, on a envie que ça bouge. Et puis avoir la chance de pratiquer tous les jours son sport favori en menant les études qu’il a choisies (Lettres et Arts-Plastiques), dans une ville magnifique, il n’a pas le droit de ne pas être heureux !\n\nComment vois tu l’avenir de Tom dans le baseball ?\nTom a les pieds sur terre, c’est quelqu’un de mature. L’aventure baseball est quelque chose de formidable pour lui, mais je sais aussi qu’il aimerait passer (après son BAC) à la vitesse supérieure dans les études d’Arts Graphiques. Nous avons le projet de nous installer au Québec d’ici deux trois ans (c’est l’avantage d’être auteur de BD, on a cette liberté de pouvoir travailler n’importe où dans le monde). Alors, je pense qu’il aura à cÅ“ur d’intégrer une équipe locale à Montréal et de poursuivre toutes ses passions.\n\nA quand un baseballeur dans l’une de tes BD ?\nÀ vrai dire, le seul personnage, dont l’histoireme paraissait suffisamment ouverte et riche pour intéresser le grand public (les non fans de baseball), c’était celui de Jackie Robinson ! Car ce n’est pas uniquement de baseball qu’il s’agit, mais bien d’une époque, d’une société gangrénée par la ségrégation, et enfin la mise au grand jourde ces jeunes génies Afro-Américains jusque-là restés dans l’ombre, que ce soit dans le sport ou la musique. Malheureusement pour moi, je n’ai pas dégainé assez vite, ça vient d’être fait au cinéma (le film « 42 », NDLR)  !\n\nMerci Steve\nMerci aux Huskies.\n\n\n\n\n\nIl s’appelait Billy Stockton : vingt ans à peine et, sur les épaules, le poids d’une dizaine de meurtres… Dans ce tome 6 de XIII Mystery, Laurent-Frédéric Bollée et Steve Cuzor reviennent sur l’histoire de celui qui a croisé le chemin de XIII dans une cellule du sordide pénitencier de Plain Rock. Un récit poignant et captivant sur la dérive d’un gosse auquel la vie n’a laissé d’autre refuge que celui de la folie. Histoire d’une enfance volée, d’une vie sacrifiée.