Montpellier, souvenirs contrastées

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\n\nCe n’est jamais le cÅ“ur léger et en sifflotant que les rouennais se préparent à affronter Montpellier à l’occasion de rencontres décisives. Les Barracudas sont en effet les derniers à avoir barré la route d’un titre aux Huskies et ce, dans les deux grandes compétitions nationales. En 2004, les rouennais s’étaient fait corriger en ½ finale du championnat de France. Depuis, ils n’ont plus perdu un titre. EN 2008 à Clermont-Ferrand, Montpellier sortait Rouen au premier tour du challenge de France. Depuis, la coupe a toujours été remportée par Rouen. Et en 2011, après avoir remporté les deux premiers matches de la finale, les Barracudas sont venus à un rien, peut-être à une ou deux courses trop gourmandes pendant le 3e match, de mettre un terme à l’hégémonie des Huskies sur le baseball français. D’ailleurs, faire tomber des têtes multi couronnées, les languedociens adorent ça. Ils firent chuter le PUC à la fin des années 1990. Ils sont donc tout à fait aptes à en faire de même contre les Rouennais cette saison.\n\n_ Ces évocations historiques montrent une des caractéristiques des Barracudas : la constance au plus haut niveau. Ils sont présents en 1ère division (ou Élite, ou N1A) depuis 1992 sans discontinuer. Seul Savigny fait mieux. Cela signifie que bon an, mal an, Montpellier parvient toujours à construire un effectif compétitif. Au fil des années, la formation made in Barracudas produit des joueurs de talents, et les générations se suivent et se ressemblent, animées d’un incomparable esprit d’équipe, d’une capacité à jouer avec intensité du premier au dernier retrait d’un match, d’une vraie intelligence tactique qui les fait par exemple parfaitement utiliser les caractéristiques du Greg Hamilton Baseball Park (ex-Veyrassi). \n_ Cette façon de jouer au baseball s’exprime dans un homme qui est le symbole des Barracudas, Jean-Michel Mayeur. Il fut longtemps le meneur par l’exemple, accroupi derrière le marbre. Il est aujourd’hui seul aux commandes, et pour sa première saison de manager , il a su remettre dans le bon sens son équipe, après une saison 2012 difficile. \n_ Les Barracudas sont revenus là où est leur place, parmi les quatre meilleures équipes françaises. Et les rouennais se préparent à souffrir sous le soleil languedocien du mois d’août qui n’est pas la tasse de thé des Normands, sur ce terrain  aux allées qui appellent les triples, au sol dur qui fatigue les organismes et s’avère propice aux rebonds difficiles à jouer.\n\n_ Les rouennais sont prévenus, et vont se préparer en conséquence. Et si Montpellier leur a déjà barré la route, ils se souviennent aussi qu’ils ont conquis leur premier titre national face à cette équipe, au terme d’une finale de Division 2 à suspens , conclue par une longue course de Sylvain Virey de la 2ème base au marbre sur un simple de Jean-René Tapia, lors de l’ultime manche du 3e match. C’était en 1989.\n\n_ Rouen a aussi souvent dominé Montpellier au cÅ“ur des années 2000 en phases finales, par exemple en challenge de France 2005, 2007, 2011 ou en championnat 2007 et 2010. Les hommes de Keino Perez savent donc que ce sera difficile, mais ils savent encore plus que ce sera possible.\n  \n{MONTPELLIER, \nLA LOI DES SÉRIES\n}\nPour terminer à la 4ème place du championnat (18-10, même fiche que le PUC qui a pris le meilleur grâce au départage du TBQ), Montpellier a procédé par séries cette année. Ce furent deux défaites pour commencer, puis sept victoires consécutives, avant un échec à Sénart. Montpellier est reparti de nouveau de l’avant avec 7 autres victoires, pointant à hauteur des Huskies en première place, avant de rentrer dans le rang avec cinq défaites d’affilée. Entre temps, Montpellier a connu une petite désillusion lors du challenge, en ne passant pas le 1er tour, en raison d’une défaite par la plus petite des marges contre Beaucaire. Les Barracudas ont ensuite assuré leur place en play-offs en repoussant Beaucaire avec deux victoires et en allant chercher un joli succès 11-10 à Sénart. Ces résultats un peu en dent de scie sont le reflet d’un effectif encore jeune, dont le talent peut exploser à tout moment, mais qui peut aussi passer un peu à côté du sujet. En 1/4 finale, ils n’ont pas fait le détail face aux Chevaliers voisins. La façon notamment dont l’attaque montpelliéraine a pris le dessus sur le lanceur américain Gabe Sandersius, pourtant un des meilleurs bras du championnat, en dit long sur le degré de préparation de l’attaque de Montpellier.\n\n{MONTPELLIER, \nUN COLLECTIF SOLIDE}\n\n\n\n_ À l’intersaison, les Barracudas sont allés chercher le puciste Will Musson. Ils n’ont pas eu à le regretter, et l’américain fut une des grandes raisons des succès de Montpellier cette saison. Il est le meilleur producteur de points de l’équipe, et si son ratio W-L n’est que de 7-4, sa moyenne de point mérité à 2,41 et son « batting average against » de .226 montre qu’il vaut un peu mieux que cela. Musson a aussi lancé 94K en 93,1 manches, et blanchi Beaucaire en ½ finale, avec une domination presque totale à partir de la 3e manche. \n_ Un des autres éléments clés de l’effectif dirigé par Jean-Michel Mayeur est Grégory Cros, qui a fait parler sa vitesse sur les sentiers (17 bases volées) et affiche une moyenne de .295. Appelé au monticule tant en relève qu’en starter, il affiche une solide moyenne de 2,73 en 33 manches de travail. Le frappeur le plus dangereux des Barracudas est, sans surprise, le puissant Guillaume Felices avec un excellent .333. Pour le reste, l’attaque de Montpellier est assez bien équilibrée, avec 7 frappeurs à plus de 11 RBI. Si le deuxième américain, Shaw, a un peu déçu au bâton avec ses .240, il figure tout de même parmi les bons producteurs de points de son équipe. Collectivement, Montpellier frappe pour .245, 6ème meilleure moyenne du championnat.\n_ La tradition du pitching ne se dément, puisqu’en plus de Musson et Cros, Montpellier peut, comme toujours, compter sur son armada de gaucher, les Langloys, Meley et Andrades. Ce dernier, blessé une bonne partie de la saison, est revenu aux affaires en fin d’exercice, et a parfaitement tenu la barque en ½ finale. Ce grand gaucher a souvent donné des maux de tête aux frappeurs (et encore plus aux coureurs) rouennais par le passé. \n_ L’ERA collective de Montpellier est de 3,48, la 4ème meilleure du championnat.