Luc, Piquet par la passion

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\nLuc Piquet \n- Lance : droite \n- Frappe : droite \n- Taille : 1m82 (6’0″) \n- Poids : 77 kg (170 lbs) \n- Date de naissance : 5 septembre 1981 (age 32) \n- Lieu de naissance : Roubaix, France \n- Université : N/A \n- Clubs en carrière : Dieppe, Rouen \n- Equipe de France \n- Rouen depuis : 2001\n\n\nPeux-tu te présenter ? \n_ Bonjour, je m’appelle Luc, j’ai 32 ans. Je joue au baseball depuis que j’ai 8 ans. J’ai commencé au club des Sharks de Dieppe ou j’ai joué des catégories minimes à seniors DHR. J’ai participé aux équipes de la ligue de Haute-Normandie durant les interligues dans la catégorie juniors. C’est grâce à cela que j’ai été invité à ma première présélection en équipe de France junior. \nJe n’ai pas été retenu au dernier cut, ma première déception de baseballeur. Je suis arrivé à Rouen l’année d’après, pour mes études à la fac de Mont-Saint-Aignan, en 2000-2001. Sylvain Virey, coach de l’équipe junior de la ligue et directeur du Pôle Espoir de Petit-Couronne m’a proposé de m’inscrire au Pôle en tant qu’externe. J’ai donc commencé à m’entraîner tous les jours à l’âge de 18ans. \n_ J’ai intégré logiquement l’équipe de Rouen et aujourd’hui je ne peux qu’être ravi et heureux du résultat. \n\nComment as-tu découvert le baseball ? \n_ J’ai découvert le baseball au centre aéré à l’âge de 8 ans. L’un des joueurs de l’équipe de Dieppe était animateur et nous a proposé comme activité d’aller sur le terrain et de jouer au baseball. Cela m’a plus de suite et je me suis inscrit au club de Dieppe juste après. J’en profite pour remercier François Duchemin qui a été mon premier entraîneur et qui m’a donné le goût du baseball ainsi que le goût de l’entraînement; Gauthier, Laurent, Mathieu, Giovanni, Paul, Flavien avec lesquels j’ai appris le goût de la victoire et à la bonne ambiance sur et en dehors du terrain. J’ai tellement de souvenirs grâce à ces gens durant cette période !\n\nQu’est ce qui t’a plu ? \n_ Ce qui m’a plu tout de suite, c’est de frapper la balle. Ensuite, c’est l’esprit qu’il y a autour du baseball, sur le banc quand tu attends ton tour de frappe, tu encourages tes coéquipiers, tu rigoles, tu plaisantes et tu te concentres lorsque ton tour approche. Et là, lorsque tu arrives pour affronter le lanceur, tu es tout seul et tout le monde te regarde. Ensuite, en défense, tu apprends des schémas tactiques, pour qu’en fonction de la frappe, du nombre de coureurs, du nombre de retraits, du score, de la manche, chacun des neuf joueurs sur le terrain se déplace en sachant quoi faire en un minimum de temps, pour essayer d’éliminer les coureurs. \n_ Et lorsque la balle est frappée dans ta direction, et que tu réussies un jeu difficile, tout le monde te félicite. Tu n’es jamais vraiment tout seul lorsque tu joues. C’est tout cela qui me plait. \n\nTu te souviens de tes débuts ? \n_ Oui, je m’en souviens très bien. Et on peut facilement l’imaginer, un physique de crevette, une culture française donc inculte en baseball, jamais vu de match, ne sachant même pas ce qu’était la MLB.. Mais se donnant à fond comme toujours. Je me souviens très bien des phases finales régionales cadets, lorsque avec Dieppe nous affrontions Vernon. Nous avions Giovanni (Ouin) en dernière année qui lançait des roquettes et nous devions essayer de frapper Alban Pesquet qui lançait également des roquettes. Et nous, on se prenait Strike out sur Strike out, eux aussi. Ce n’était pas des très beaux matchs mais ça fait des sacrés souvenirs. \n\n\n{« \nJE ME SOUVIENS LORSQUE JE JOUAIS À DIEPPE, NOUS ÉTIONS VENU EN BUS VOIR UN MATCH DE L’ÉQUIPE ÉLITE DE ROUEN. IL Y AVAIT UN JEUNE JOUEUR QUI, À LA FIN DU MATCH, EST VENU NOUS DIRE BONJOUR (…) C’ÉTAIT MON IDOLE. JE VOULAIS JOUER COMME LUI. IL S’APPELAIT BORIS MARCHE. »}\n\n\n\nQu’est ce que tu dirais à un enfant qui a envie de découvrir le baseball ? \n_ Tout d abord d’essayer. On ne se rend vraiment compte de ce qu’est le baseball qu’en essayant. Tu vas vite savoir si cela te plait ou pas.\n\nTu es l’idole de beaucoup d’enfants au club. Cela te fait plaisir ? T’étonnes ? \n_ Bien sur que cela me fait très plaisir. Je me souviens lorsque je jouais à Dieppe, nous étions venu en bus voir un match de l’équipe élite de Rouen. Dans cette équipe, il y avait un jeune joueur (il avait mon âge, mais lui jouait en élite) qui, à la fin du match, est venu nous dire bonjour alors qu’il ne nous connaissait pas. Et il nous a un peu parlé. C’était mon idole. Je voulais jouer comme lui. Il s’appelait Boris Marche. Je me suis retrouvé ensuite à jouer avec lui pendant les interligues et ensuite à Rouen et enfin en équipe de France. Donc, cela me fait plaisir de jouer avec les jeunes du club, je suis un éternel enfant lorsqu’il s’agit de s’amuser et cela me fait plaisir de les voir s’éclater sur le terrain comme je le faisais à Dieppe. \n\nComment te définis tu comme joueur ? \n_ Je déteste perdre et j’adore jouer. Je n’ai jamais été un joueur extraordinaire. Je fais ce que je sais faire et je ne lâche jamais. La persévérance est toujours payante un jour ou l’autre. Je suis devenu un joueur solide en défense. C’est parfois plus compliqué à l’attaque mais je ne baisse jamais les bras et cela revient toujours à un moment ou un autre. \n\nPourquoi as-tu rejoins Rouen ? \n_ Tout d’abord, géographiquement, avec mon arrivée à Rouen pour mes études. Ensuite, humainement, car Sylvain Virey reprenait l’équipe et que je m’entraînais avec lui toute la semaine et enfin sportivement, pour pouvoir jouer en Nationale 1 à l’époque avec la volonté de remonte en élite. \n\nQuels sont tes 3 meilleurs souvenirs avec les Huskies ? \n_ Le premier titre de champion de France en 2003. Un moment extraordinaire. Je m’en souviendrai toute ma vie. C’est incroyable la satisfaction que l’on ressent lorsque le dernier retrait est fait et que tu es champion de France. \n_ Le deuxième, c’est la finale de la Coupe d’Europe en 2007 contre les Hollandais de Kinheim. Malgré la défaite en finale (1/3), cette Coupe d’Europe reste inoubliable et nous a fait prendre conscience que nous pouvions sur ce type de compétition obtenir des résultats. \n_ Le troisième, c’est le dixième titre de champion de France cette saison (face à Sénart). Pas le plus facile, mais toujours l’envie de gagner. Cette équipe, je l’adore, malgré les absences des uns et des autres à cause du travail, des familles, le manque d’entrainement pour les même raisons, tout le monde répond présent au moment où l’équipe en a le plus besoin. \n\n\n

{Les trois meilleurs souvenirs de Luc Piquet. Le titre de 2003, le premier, la finale de la Coupe d’Europe 2007 avec une victoire en demi face aux champions d’Europe en titre, les Italiens de Rimini (photo) et le dernier titre, le 10me}
\n\n\nQuel a été l’adversaire le plus solide en France ? \n_ Depuis que je joue à Rouen, en premier, je place sans hésiter Savigny, qui a été pendant quelques temps notre bête noire. C’était vraiment une équipe solide, qui ne lâchait jamais et qui pouvait faire des come back de folie. J’en profite pour saluer l’investissement et la solidarité des joueurs de Savigny qui se sont battus pour leur club la saison passée malgré toutes les difficultés (la ville a interdit le terrain et réduit les subventions). Cela montre bien l’âme d’une équipe qui est pour moi indispensable et indissociable de la victoire. \nCette année, Sénart avait une équipe solide, ils nous ont montré qu’il ne fallait surtout pas se reposer sur nos lauriers et que si l’on veut d’autres titres, il va falloir se battre comme des chiens. \n\nLa domination rouennaise t’étonne ? Pourquoi ? \n_ Bien sur, nous sommes peut-être arrogants à Rouen ; mais tu te demandes quand même quand est-ce que ça va s’arrêter ! Si ça doit s’arrêter un jour. \n\n\nQuelle est l’arme secrète des Huskies ? \n_ Cela fait un moment que je joue à Rouen, beaucoup de joueurs sont passés, certains sont restés, mais la vraie force des Huskies, c’est l’âme de l’équipe. \n_ Tous les joueurs qui ont porté le maillot de Rouen ont contribué à donner vie à cette âme, à la faire évoluer au fur et à mesure des années et chacun s’y retrouve, apporte sa contribution personnelle, son talent, son plaisir de jouer, de gagner. Cette âme est constituée du meilleur de tous ceux qui ont fait partie, qui font partie et qui feront partie de cette équipe. C’est comme un miroir magique qui nous renvoie une meilleure image de nous même et nous donne envie de nous entrainer, de faire quelques sacrifices pour jouer et gagner. Ajoute à cela l’orgueil et le refus de perdre et tu obtiens une vraie potion magique. \n\nMême en difficulté come en finale cette année, Rouen s‘en sort… \n_ On en a connu des difficultés depuis le temps. Parfois on s’en est sorti et parfois non. Le plus important, ce n’est pas le résultat, c’est la leçon que tu en tires. Ce que nous avons bien compris à Rouen, c’est que malgré les difficultés, peu importe le résultat final, au bout du compte, il ne faut pas avoir de regrets, il faut se donner à fond jusqu’au bout, avoir fait tout ce que l’on pouvait pour essayer de gagner et après…la balle roule… \n\nComment vois tu l’avenir du baseball à Rouen ? \n_ Aussi bien et sûrement de mieux en mieux. Les jeunes qui nous ont rejoint et qui faisait déjà partie de notre équipe sont supers. Ils ont l’envie, le sérieux, le talent et la rage des Huskies. Les moins jeunes sont des inconditionnels passionnés de baseball et des Huskies. Je ne sais pas ce qu’ils comptent faire dans les années à venir, mais pour ma part, je ne compte pas arrêter tout de suite de jouer. \n\nTu as l’impression que le baseball se développe à Rouen ? \n_ Depuis que j’ai arrêté de m’investir comme je le faisais avant dans le développement du baseball, je ne suis plus du tout au fait de ce qui ce fait. Mais je sais que les personnes en charge de cela, que ce soit au niveau du club, de la ligue, du pôle France et de la fédération, font tout ce qu’ils peuvent pour développer ce sport. Et donc, pour répondre à la question, au club de Rouen, avec le soutien de la ligue de Haute-Normandie et du Pôle France, ma réponse est oui, je pense que le baseball se développe. La première chose qui me fait dire cela, c’est l’amélioration des infrastructures ( le terrain, les tribunes, l’éclairage, les tunnels de frappes indoor), ensuite le travail de Mickael Cerda et Lydie Pettinotti lors des animations scolaires et périscolaires, enfin le travail des dirigeants, Pierre-Yves et Xavier Rolland accompagnés par toute l’équipe de bénévoles qui sont présents au quotidien sur le terrain. \nLa preuve ? Le deuxième titre consécutif de champion de France 12U. \n\n\n\n{«SI JE PEUX ÊTRE UTILE À L’ÉQUIPE DE FRANCE, JE SERAI PRÊT AVEC UN IMMENSE PLAISIR »}\n\n\nEn 12014, quels sont tes objectifs avec Rouen ? Avec les Bleus?\n_ L’année dernière, je me suis lancé dans un immense projet professionnel, l’ouverture du bar brasserie, le ALL SPORTS CAFE, sur les quais de Rouen. Je n’ai vraiment pas eu beaucoup de temps pour m’entraîner. Chose très rare chez moi. J’ai tout de même continué de jouer le plus possible. Cette année, je vais réussir à me dégager du temps pour me préparer physiquement. Les cages de frappe indoor vont également me permettre de m’entraîner plus facilement sur mon temps libre. Donc, vous pouvez encore compter sur moi. Je ne suis pas prêt de m’arrêter de jouer. \n\nPas facile en effet de conjuguer vie perso, vie professionnelle et baseball de haut niveau ? \n_ À non, ce n’est vraiment pas facile.\n\nL’arrivée d’Eric Gagné, tu en penses quoi ? \n_ Je suis de ceux qui sont prêts à tout essayer. Chacun à quelque chose à apporter. Tant que l’on ne fait rien, il ne peut rien se passer. J’ai eu la chance de le rencontrer durant la WBCQ. Il n’était pas headcoach mais, ce que j’ai vu de lui me donne envie de travailler pour être compétitif. Et si je peux être utile à l’équipe de France, je serai prêt avec un immense plaisir. \n\nLes Bleus ont les moyens de viser haut ? \n_ Je ne peux pas répondre à cette question. Je n’ai pas d’éléments en main me permettant d’y répondre. Mais, je sais que tous les joueurs de l’équipe de France le souhaite du fond du cÅ“ur. \n\nContrairement à d’autres à Rouen, tu n’as pas joué aux USA. Un regret ?\n_ Oui, cela restera un regret de ne pas avoir pu évoluer dans une structure aux USA. J’aurais vraiment aimé passer au moins une saison dans un collège. \n\nQuand tu auras terminé ta carrière de joueur, te vois tu encore dans le baseball ? Dans quel rôle ? \n_ Je ne peux pas me projeter aussi loin dans le temps. Il faut penser décennie après décennie\n\n_ Merci Luc\n\n\n« Le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à Luc, c’est le mot facile. Il rend simple le baseball. \nQuand on le voit jouer en défense ou lors de chaque frappe, il donne toujours l’impression que jouer au baseball, \nce n’est pas difficile. Mais on sait que ce n’est pas le cas et peu de joueurs peuvent réussir cela. \nLuc est un athlète complet. Il suffit de voir avec quelle intensité et quelle énergie physique il évolue sur le terrain. \nQuand il est en confiance, il peut être très très très compétitif. \nAvec les années, avec les victoires, avec son expérience, c’est devenu l’un de nos leaders. C’est un passionné. \nC’est un garçon amoureux des belles aventures. Et lui, ses belles aventures, elles s’appellent championnat de France, \nCoupe d’Europe, Challenge de France… \nUne bonne équipe a toujours besoin de joueur comme Luc pour gagner. »