Little league à Kutno: l’analyse de Robin Roy

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\n\nRobin Roy est l’une des figures les plus respectées du baseball en France. \n_ Son CV est suffisamment éloquent. Membre de l’équipe du Canada Junior, multiple champion de France comme joueur ou comme entraineur avec Rouen, membre de l’équipe de France, élu meilleur lanceur d’Europe aux championnats d’Europe 1999… \n_ Robin est également le père d’Alexandre Roy. Son fils, lanceur, a signé pro avec les Seattle Mariners. Il était à Kutno pour accompagner son autre fils, Quentin, lanceur-champ centre.\n_ Il a beaucoup observé, discuté avec les coachs des autres équipes. Son analyse. Forcément éclairante. \n\n\n

{Robin à gauche avec Pierre Yves Rolland}
\n\nComment avez-vous trouvé les Huskies à Kutno ?\nJ’ai trouvé les joueurs très soudés. Ils ont formés un bon groupe et le coach des Anglais (John Machin , un Texan travaillant pour l’embassade US à Londres, et ancien choix de 1ere ronde des Phillies en 1982) me disait que la fiche ne reflétait pas le potentiel du groupe. Il souhaite d’ailleurs que nous gardions le contact. Il y avait une forte envie de bien faire. \n_ Malheureusement, nous devons constater que le groupe n’était pas prêt à jouer les équipes de haut de tableaux. Celles ci ont un bagage technique, de connaissance de jeu et d’instinct beaucoup plus développer. Malgré tous les scores et notamment contre l’Italie (3-0) sont honorables. Hormis les Tchèques, nous n’avons pas été surclassés.\n\n\nVous avez discuté avec plusieurs coachs. Quelle est la référence aujourd’hui en Europe pour les jeunes ? Pourquoi ?\n\n_ Sur ce tournoi, la référence est la République Tchèque. Et cela s’est vu dans les autres tournois. Ils en étaient à leur 4e finale européenne de l’été (18u, 12 u et 2 tournois Little League. J’ai pas mal échangé avec John Machin (manager de Londres et ancien pro des Phillies de Philadelphie, repêché en première ronde) , le coach Hollandais et Tchèque. C’était marrant de voir que des personnes, et des lieux nous rassemblaient, nous avions un vécu commun et les échanges ont été facilités et naturels. Ces trois équipes étaient les mieux coachés, et jouaient le mieux au baseball.\n_ Les Tchèques sont pour moi une référence. Ils ont, il y a 10-12 ans, éliminés tout ce qu’il y avait de politique dans le baseball. Ils ont limité les preneurs de décisions à quelques têtes de baseball, ont compris l’importance des fondamentaux, de l’attitude et du respect du jeu. Les jeunes présents à Kutno étaient tous plus fort techniquement que nos juniors et la plupart des clubs élite. J’ai été très impressionné. Il y a une forte culture nord américaine dans les équipes et nations qui réussissent.\n\n{« Les Tchèques sont\npour moi une référence »}\n\n\nComment développent-ils leurs enfants ?\n\n_ Je dirais qu’ils travaillent autant l’attitude que le reste. Ils sont hyper rigoureux techniquement. Il n’y a pas de pression sur la gagne mais sur le développement. Ils ont compris que pour des jeunes, ou des juniors, il y a un phénomène de génération. Ils s’appliquent donc sur les fondamentaux et développent pour leurs équipes seniors.\n_ Les tchèques jouaient parfaitement par exemple, autant défensivement qu’offensivement les situations de bunts par exemple. \n_ Les relais , souricières, courses sur base. Du vrai baseball « heads up ».\n_ Ils passent beaucoup plus de temps à travailler les détails qui font la différence au niveau des gestes simples du lancer, de l’attrapé et de la frappe. Les Tchèques m’ont impressionnés par la qualité de leurs swings. Très avancé pour leur âge.\n\nOn prend du retard ?\n\n_ On avance, très lentement. Donc oui nous prenons du retard. Je suis arrivé en 1991 et nous avions 5ans d’avance. Avec la qualité de leurs jeunes maintenant, nous avons aujourd’hui 10 ans de retard je dirais.\n\n\n\n
{Robin Roy en rouge lors d’un entraînement à Kutno. \nLes jeunes Huskies ont bu ses paroles}
\n\n\nPeut on faire aussi bien ? Les Huskies peuvent ils rivaliser avec ces nations ? Comment ?\n \n_ Oui. Potentiellement nous ne sommes pas très loin. Pour ne pas se faire distancer lorsque ce groupe arrivera en senior, il faut vite accélérer. \n_ Sur la formation des coaches, et pousser nos entrainements sur un plan technique et rigueur. On a beaucoup axé sur le « jouer, jouer, jouer ». Ca a été le bon choix. On a progressé en quantité fortement, et assez qualitativement pour devenir champion de France. Maintenant, il faut progresser sur un plan qualitatif d’entrainement. \n_ Nous sommes une bonne équipe senior. \n_ Pour devenir un grand club d’Europe, il faut développer notre filière de formation, avec nos méthodes, notre vision du jeu, etc. Il faut aussi confier tout cela à un « manager général » qui fait référence. Il faut développer et instaurer notre méthode. Qui pourrait aussi devenir celle des clubs de la région pour avoir une antenne Haute-Normandie forte. \n_ J’ai aimé le mot de la fin de la réunion technique à laquelle j’ai pu assisté (même si je ne coachais pas): «  { {Do not forget, we are all here for the kids} } « !\n\n