Le N°21 est de retour

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\n\nDans le monde de l’entreprise et de l’économie, à 44 ans, on est un senior. \nRobin Roy fêtera cet anniversaire dans quelques mois. \nMais c’est avec une âme de junior qu’il travaille à son retour \nau plus haut niveau avec les Huskies. \nUn troisième come-back, après ceux couronnés de succès en 2006 et 2009, \nqui s’annonce comme l’une des plus passionnantes histoires sportives \nde la saison 2014. \n\n_ Position RHP \n_ Frappe et Lance droite, droite\n_ Date de naissance  26 juin 1969 (44 ans) \n_ Lieu de naissance  Montréal (Canada)\n_ Clubs  Sélectionné au National Baseball Institute de Vancouver, Laval (Québec), Rouen \n_ International A, \n_ Rouen Huskies depuis 1991 \n\n\n\n\n6 heures du matin. La salle de sport Point Fit, à Mont-Saint-Aignan, dans la banlieue de Rouen, est d’ordinaire des plus calmes à ce moment de la journée. Pas depuis le mois de novembre. Alors qu’il fait nuit noire, que les températures de l’hiver normand sont fraiches, que pour beaucoup, il est encore temps de passer quelques instants sous les couvertures avant de commencer sa journée, un homme franchi l’entrée, et se livre plusieurs fois par semaine à une longue, précise, minutieuse, séance de musculation. Les jambes, les bras, le dos, les abdos, le gainage, le cardio, tout y passe selon le rituel précis de ceux qui savent comment faire marcher leur corps. Les premières sessions furent modestes, mais avec une impitoyable régularité, les disques de fonte se sont ajoutés, les séries se sont durcies, les répétitions se sont multipliées. Pas d’autre spectateur pour admirer l’effort qu’un écran de télévision crachant les informations de la nuit. Pas d’autre volonté que celle d’un corps qui souffre et se construit.\n\nPas d’autre envie que celle de revenir grimper sur ce monticule où il a connu tant de titres de gloire.\nRobin Roy n’a jamais été celui qui recule devant les défis. A bientôt 45 ans, il a décidé de s’en offrir un autre. Quatre ans après avoir raccroché ses spikes, après une dernière sortie à Toulouse, l’envie de revenir sur les terrains a été la plus forte. \n\nRobin avait réussi un premier come-back en 2006, pour aider son club un peu à courts de lanceurs. Il avait terminé ce retour de quelques mois en étant nommé MVP de la finale, après une éblouissante démonstration lors du match décisif contre Toulouse. Son second retour fut encore plus exceptionnel en 2009. Il s’agissait alors de revenir au jeu après avoir vaincu le cancer. Roy avait offert à Rouen une victoire historique contre Amsterdam, lancé et gagné la finale du challenge de France, puis avait starté deux matches de la finale du championnat, avant d’être victime d’une blessure à la cuisse. De ce contexte inouï d’un sportif ayant surmonté la terrible maladie, il avait rajouté quelques lignes de gloire à l’un des plus beaux parcours de l’histoire du baseball français. Puis, après un nouveau passage au coaching, et là encore de nouvelles coupes soulevées, il s’était éloigné du jeu d’une façon que tous pouvaient penser comme définitive. Sa priorité sportive s’appelait plutôt Alexandre, son fils, qu’il a porté de ses conseils et de ses entraînements jusqu’à la signature par les Seattle Mariners. « Job done », encore une fois, pour Robin, dont on pouvait penser qu’il allait se contenter de suivre et d’aider les progrès de son rejeton. \n\n{«2006, PREMIER COME-BACK. IL EST NOMMÉ MVP DE LA FINALE.\n2009, DEUXIÈME COME-BACK. IL BAT AMSTERDAM EN COUPE D’EUROPE.\nET POUR LE TROISIÈME ? »}\n\n\nLe baseball coulant dans ses veines, l’appel du terrain fut le plus fort. C’est parti sans doute de l’envie de perdre quelques kilos qui s’étaient amassés au fil d’une vie professionnelle intense et du goût pour la nourriture et les vins français qui ne l’a pas quitté depuis 1991 et son arrivée à Rouen. S’y est peut-être adjoint l’idée de voir un peu de plus près où en est le baseball français, de se tester face à la nouvelle génération. \n\nLe goût de la compétition n’abandonne jamais un vrai champion. Au fur et à mesure que les poids soulevés augmentaient, que les muscles acceptaient ce qui leur était demandé, Robin s’est de plus en plus convaincu qu’il y avait encore de l’essence dans le réservoir, et que quelques dizaines de K de plus allaient pouvoir s’ajouter aux centaines déjà lancés. Se surprenant lui-même, il a retrouvé des sensations oubliées, atteint des performances qu’il pensait reléguées à ses plus belles années sportives. Il devenait presque facile de se lever tous les matins très tôt, quand toute la maison dormait encore, pour venir souffrir sous les engins de musculation. A\n certains proches, il confiait son plaisir de se sentir plus fort que jamais. Restait à passer un autre cap. Celui de la technique de la motion, de la coordination, de la vitesse de bras, du point de relâchement, en résumé celui de l’art du pitching. \nLes premiers bullpens furent très prometteurs à en juger par les mimiques de satisfaction du vieux complice-catcher, Boris Marche. Il reste quelques semaines pour tout mettre en place, jusqu’aux rendez-vous décisifs qui s’étaleront de mai à août. Ceux qui connaissent Robin savent que s’il revient, c’est pour gagner, et aider Rouen à conserver ses deux couronnes nationales, le Challenge et le titre de Champion, et à performer en Coupe d’Europe. Le coach Keino Perez et les anciens rouennais savent qu’ils peuvent lui faire confiance, Roy donnera son maximum au service de l’équipe. \n\n\n

{Robin Roy a 21 ans sur cette photo. Il est le premier à droite. Nous sommes en 1991. il vient d’arriver à Rouen. Le natif de Montréal s’apprête à débuter sa carrière en France. Dans quelques minutes, il va jouer son premier match sous les couleurs rayées. Un match face au champion de France de l’époque, le PUC. \nIl n’imaginait pas être toujours là 23 an plus tard ! \nDe gauche à droite, George Perot, John Stinco, Pascal Raymond et Robin Roy}
\n\n\n\nLes plus jeunes auront le plaisir de jouer à côté d’une légende de leur sport. Peut-être que l’équipe de France pourra aussi en profiter en septembre, mais Roy a décidé de ne rien anticiper. Il verra ce que cela donnera, au fil des lancers. \n\nDans sa tête, les choses sont claires il jouera principalement les matches à domicile, se donnera le temps de monter en puissance et cherchera à trouver naturellement sa place au sein d’une rotation déjà plus que solide. Il se donne toutes les chances pour réussir ce nouveau pari, pour redevenir le lanceur qui a tant dominé ses adversaires, mais il sait aussi que rien n’est acquis d’avance. Ne comptez pas sur lui pour claironner qu’il va réduire la ligue à néant. Il sait trop bien ce qu’est le sport pour s’amuser à ce genre de déclaration. Mais les importants efforts consentis tout au long de l’hiver, il ne l’ait a pas accomplis pour rien. Si cela ne marche pas, il n’aura aucun regret car il se sera donné toutes les chances. Si cela marche, quel plaisir donnera-t-il à ses amis rouennais ! Car la notion de plaisir est aussi présente dans ce retour. \nS’amuser et gagner, gagner et s’amuser, qu’importe l’ordre dans lequel on met ces deux verbes, ils font partie intégrante de la personnalité de Robin.\n\n{Le manager de Rouen Keino Perez, lui, se frotte les mains. « Robin, c’est du talent, de l’expérience, du leadership. Il va beaucoup nous apporter sur le terrain et en dehors. Je suis ravi de son retour ».}\n\n\nRobin a enfilé bien des costumes depuis son arrivé chez les Huskies. Il a beaucoup donné à son club, tant sur le terrain qu’en dehors. Il n’en est certes plus à lancer neuf manches et à en catcher neuf autres le même jour, tout en coachant l’équipe, comme il le faisait à son arrivée en France, mais il est toujours prêt à être partie intégrante d’une machine qu’il a contribué à forger. \nDans les succès accumulés en France et en Europe depuis une dizaine d’années par Rouen, il y a beaucoup de Robin Roy : cette façon de ne jamais baisser les bras, de se battre jusqu’au bout, d’avoir confiance en ses moyens, de ne jamais craindre l’adversaire, de ne jamais monter trop haut dans la victoire ni ne descendre trop bas dans la défaite, de respecter le jeu et ses fondamentaux. Un esprit, en quelque sorte. Un esprit qu’il refera souffler tout au long de l’année 2014. \nUn esprit dont il voudra démontrer, par l’exemple, à tout le baseball français, qu’il est celui qu’il faut suivre. En tout cas, toute la discipline ne peut que se réjouir de compter de nouveau parmi elle un de ses plus brillants représentants. \nSon premier come-back fut celui d’un sportif qui n’avait pas encore tout dit. Son second, celui d’un champion qui revenait de très loin. Son troisième, sera celui d’un homme qui démontre tout ce que la volonté peut faire. \n\n\n\nFrançois Colombier, assistant coach\n_ « Quelle bonne nouvelle que de retrouver Robin Roy sous le maillot des Huskies. J’ai vraiment très hâte d’assister à son premier départ, de voir à quel niveau il est arrivé. Je n’ai aucun doute, c’est du très grand Roy qu’on va voir en 2014. Je ne pense pas que Rouen ait déjà eu une rotation aussi complète : Ozanich, meilleur lanceur français, Jason Daniels, qui dominait dans le très dur championnat tchèque, Vaugelade, MVP de la dernière finale, Keino Perez, toujours présent, et un Roy à son meilleur, cela ne va pas être simple pour les frappeurs des autres équipes. Si tout marche bien, cela peut aussi être très intéressant pour la Coupe d’Europe. Personnellement, je suis bien évidemment ravi de repasser des dimanches avec Robin. Depuis quelques années, nous avions plutôt l’habitude de dimanche autour d’un barbecue et d’une bonne bouteille de vin, là, ça sera des dimanches en tenue rayée dans un dug-out, c’est pas mal aussi. J’ai eu l’occasion de voir Robin travailler en salle de musculation ces dernières semaines, j’ai été vraiment impressionné par l’intensité et la concentration qu’il a mis dans sa préparation. Je crois qu’il va encore nous réserver de belles surprises ».\n\nBastien Dagneau, outfielder\n_ J’ai appris aussi que Robin Roy faisait un come-back ? Je suis impressionné par l’engagement qu’il met à sa préparation et aussi par tous les kilos qu’il a perdus pour cela. Je n’ai jamais pu le voir lancer en match, donc je suis content de pouvoir le faire cette année.\n\nXavier Rolland, Président.\n_ Revoir Robin avec nous, c’est un moment de plaisir rare. Il y a ses performances sportives mais aussi son impact psychologique sur notre équipe. Il dégage tellement de sérénité que le simple fait de l’avoir en tenue sur le banc rend plus fort notre équipe. Il dégage cela. Je connais bien Robin, il ne fait jamais les choses à moitié. Quand il s’engage, c’est à 200%, sinon il ne le fait pas. Il va tout donner. Et sa présence, son charisme, son leadership seront précieux pour nos jeunes. Dommage que son fils Alexandre parte si tôt rejoindre les Mariners de Seattle car j’aurais aimé voir le père et le fils se relever lors d’un match ! \n