Keino Perez, les liens du 100

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{Keino Perez sous le maillot de Rouen, des Indians de Cleveland en 2003 et aux Pays-Bas en 2004}
\n\n\nComment raconter Keino Perez ? L’angle le plus facile, serait celui de ses succès. En constatant, par exemple, que depuis qu’il a posé les pieds à Rouen en 2005, les Huskies n’ont plus jamais perdus un championnat de France. En rappelant, évidemment, ses exploits européens, sa victoire contre San Marin ou sa relève contre Rotterdam, ses blanchissages de Tenerife ou son bras de fer avec Parme. Bien sûr, c’est tout cela, Keino Perez. Un champion, avant tout. Un grand lanceur, maîtrisant à la perfection tous les aspects de ce geste technique et physique si complexe de la motion. Un gagnant, qui n’a jamais peur de défier l’adversaire. Un spécialiste, qui sait user des bonnes armes au bon moment. Il a dominé le championnat français à ses débuts avec une balle rapide puissante. Au fil des années qui passent, il a su miser un peu plus souvent sur son changement de vitesse pour déjouer les frappeurs. Un manager qu’il a su devenir, mélange d’une intelligente intransigeance et d’une subtile complicité avec ses joueurs et son staff. \n_ De ses 100 victoires, le plus souvent avec son vieux complice Boris Marche derrière le marbre, il serait difficile de trouver quelle est la plus belle, tant certaines sont inscrites dans l’histoire du baseball rouennais. \n\n_ Mais parler de Perez le lanceur, ce serait oublier Keino l’homme. S’il est possible de définir une personne en un seul mot, ce serait celui de respect qui lui irait le mieux. Le respect qu’il recherche toujours dans le regard des autres. Keino est un homme droit, qui ne triche pas avec lui-même, qui mise sur la franchise et qui attend des autres la même attitude. C’est ainsi qu’il s’est construit de belles et solides amitiés. \n\n_ Il a su superbement marier son tempérament « latino » avec les mœurs européennes. Il est capable, parfois, d’exploser, d’avoir encore le sang qui chauffe très vite dans ses veines. Mais il a appris aussi la façon de vivre et d’agir à la française. \n_ Il fait preuve de beaucoup de pédagogie, que ce soit avec les Huskies, les jeunes du pôle France ou comme pitching-coach de l’équipe nationale. Car Keino a pris une place très importante dans le baseball français. Le vénézuélien un peu timide, renfermé, qui est arrivé en 2005, s’est petit à petit épanoui, et a pu obtenir la reconnaissance de ses pairs pour obtenir des missions de plus en plus importantes. Dans cette montée en puissance et en compétences, la maîtrise de la langue française a joué un rôle important. Il fallait entendre, il y a quelques mois, Keino tenir trois conférences sur les rapports entre le coaching sportif et le management d’entreprise, devant des cadres d’Acticall (y compris, une fois, le grand patron France), les partenaires des Huskies, pour mesurer tout le chemin accompli en neuf ans. \n_ Bien sûr, il commet parfois quelques impairs, et le fameux « {c’est pas rigole} » est devenu un mantra chez les joueurs rouennais.\n\n_ Et puis Keino, on en peut en parler sans penser à Michelle et à leurs deux superbes enfants. Michelle l’aide, le soutient, l’accompagne. A la maison, on ne parle bien sûr pas que de baseball, mais on parle souvent, quand même. \n\n\n {AVRIL 2005, SA PREMIÈRE VICTOIRE.} \n\n_ Keino a fait ses débuts en championnat de France face au PUC. Lors du premier match, il entre en relève en 9me (après Ouin et Deler). Il retitre les trois frappeurs sur un roulant et deux K. Il remporte son premier win lors du deuxième match du programme face au PUC. \nIl relève Simon Colboc en 4me, lance 4 manches pour 8K et un point. \nIl en a depuis remporté 99 autres sous le maillot de Rouen. \n\nNEUF ANNÉES DE TEMPS FORTS\n_ 2005. Keino domine la saison qu’il termine avec une fiche de 17-2, une ERA de 2,26 et 157K en 147,2 manches. En Coupe d’Europe, il livre un duel homérique à son compatriote Duarte et aux puissants Marlins. En championnat, il connait une de ses rares défaillances en finale, cédant aux provocations des frappeurs de Savigny dans une lourde défaite 7-17. Les Huskies sauront se reprendre par la suite.\n_ 2006. Keino connait un début de saison un peu difficile, marqué par la défaite en Challenge de France et le home-run de son frère Randy dans un match décisif. Comme toujours, il saura rebondir et jouer un rôle important dans la conquête du titre, livrant deux duels féroces à Maxime Leblanc.\n_ 2007. C’est bien sûr l’année de la Coupe d’Europe. Sa sortie victorieuse de 9 manches contre San Marin, et le lendemain, une incroyable relève contre Rimini (photo). En finale du championnat Keino réussit un match tout aussi exceptionnel face à Samuel Meurant et à l’attaque de Sénart. Le score est de 0-0 en 9ème, signe de la qualité des lanceurs. Perez finit avec une fiche de 12-1 et une ERA de 1,33.\n\n_ 2008. Comme d’habitude, Perez est au rendez-vous de l’Europe en allant chercher une victoire importante contre les allemands de Mainz. \n_ 2009. Deux chiffres pour décrire sa domination : 17 victoires – 0 défaites, ERA 1,09. Perez est à son sommet, il guide les Huskies vers le doublé, en étant élu au passage MVP de la finale du championnat et avoir closé brillamment la finale du challenge.\n_ 2010. Une sortie exceptionnelle contre la puissante attaque de Parme prouve que Perez est toujours à son aise en Europe. \n_ 2011. Si les stats sont un peu moins positives (8-8, 3,05), Perez est au rendez-vous des matches importants en fin de saison, et participe activement à la remontée en finale, après les 2 défaiters concédées à Montpellier. \n_ 2012. Perez prend les commandes des Huskies. Cela ne l’empêche pas de cumuler avec bonheur les casquettes de manager et de lanceur (7-0, 5 saves). Il est héroïque en Coupe d’Europe, venant fermer la porte à l’armada de Rotterdam et dominant les gros cogneurs de Regensburg. La qualification pour le final four est en grande partie la sienne.\n_ 2013. Keino le manager choisit d’envoyer Yoann Vaugelade dans le match décisif de la finale. Une décision qui portera ses fruits, et qui indique déjà que le coach est à la hauteur du talent du lanceur.