Hagiwara, chef de meute

| Publié par | Catégories : Non classé

\n\n {« C’est le joueur le plus complet du championnat de France ». Cet avis, on l’a souvent entendu sur le bord des terrains. A ses débuts, Kenji Hagiwara rêvait d’être lanceur. Ce sera en fait le seul poste qu’il n’occupera jamais. Il a en effet occupé toutes les autres positions. Il fut receveur, infielder, avant de se fixer en champ extérieur après son séjour de deux ans en Arizona. \nPuissant, rapide, charismatique, « Hagi » fait le bonheur des Huskies, dont il est l’un des leaders.} \n\n\nBonjour Kenji, peux-tu te présenter ? \nKenji Hagiwara, 27 ans et je suis joueur des Huskies de Rouen depuis 1998. J’ai joué à beaucoup de positions différentes mais à mon avis, la position où je suis le meilleur, c’est tout de même le champ extérieur. \n\nComment es-tu venu au baseball ? \nJ’ai découvert le baseball très jeune grâce à mes origines japonaises. Au Japon, le pays de mon père, c’est le sport national. Cela m’a plus très naturellement et je n’ai pas de souvenirs particuliers à ce sujet. Comme si c’était déjà en moi. \n\nQu’est ce qui t’a plu ?\nJe ne sais pas trop ce qui m’a plus car, comme je vous ai dit précédemment, c’est comme si j’avais toujours connu ce sport et que ça m’avait toujours plu. Mais, pour faire une petite confidence, c’était la place de lanceur qui me faisait  particulièrement envie. Malheureusement, la nature en a décidé autrement !\n\nTu te souviens de tes premiers pas avec les Huskies ? \nBien sûr, je me souviens de mes débuts dans l’ancien gymnase de St Exupéry avec pour premier coach, Michael Cerda. J’en profite pour le remercier pour son engouement au sein du club et son investissement auprès des jeunes. C’était la première fois que je jouais avec des balles dures, et je me souviens en avoir pris une sur le front… \n je me rappelle avoir été champ centre dans un petit match organisé en fin d’entraînement. Peut-être un signe du destin, qu’il été dit que cette position allait être la mienne. Je me souviens, premier match et premier gros jeu en défense… J’effectue le retrait sur une Line drive frappé sur moi avec un relai en 1ère base pour un double jeu… pas mal non ?! Il y en aura encore quelques-uns ensuite (rires)… \n\n{« \nL’ARME SECRÈTE DE ROUEN, C’EST DE RENDRE TOUS LES JOUEURS ARRIVANT DANS CETTE ÉQUIPE MEILLEURS »}\n\n\nQue peux-tu dire à un jeune qui veut essayer le baseball ? \nCe que je dirai à un jeune, c’est tout simplement que tout le monde à sa chance dans ce sport! Il suffit de voir tous les profils différents qui composent les Huskies ! \nJe rajouterais également que le baseball peut leur permettre d’avoir une expérience de vie magnifique avec des voyages à travers le monde, des rencontres… C’est une chance unique. \n\nTu es allé en Arizona deux saisons. Quels souvenirs en gardes-tu ?\nMes deux saisons en Arizona ont été magnifiques. Je conseille d’ailleurs à tous les jeunes joueurs en France de saisir les opportunités qui se présentent afin d’avoir la chance de vivre une expérience de college américain. C’était super, humainement et sportivement.\nJ’ai eu la chance de pouvoir gagner la Conférence (championnat) lors de ma première année et, même si nous avions loupé les World séries de peu, je n’ai aucun regret. C’est une expérience qui restera en moi toute la vie. De plus, niveau baseball, j’ai pu constater une évolution flagrante. A mon retour de la deuxième saison, par exemple, j’ai frappé 5HR en une demi-saison avec Rouen. Pas mal pour un joueur car peu de temps avant, quand je venais frapper, les équipes adverses jouaient infield in (avancées) sur moi.\n\nComment te définis-tu comme joueur ?\nJe suis un joueur d’équipe avant tout, qui sait répondre pendant les moments importants pour faire avancer l’équipe. Maintenant, mes qualités physiques ne sont pas exceptionnelles et elles ont tendances à évoluer…. Mes forces sont la course sur base et la défense ; Quant à mes points faibles, je dirais mon bras et les strike out ! \n\nQuels sont tes trois meilleurs souvenirs avec les Huskies ?\nLe numéro 3, c’est le premier titre avec Rouen car nous étions tous très jeunes et nous n’avions encore jamais connu ça. En 2, c’est la victoire de cette année car, même si je n’ai pas joué le dernier match pour cause de blessure, je me suis régalé de voir une recrue (le jeune lanceur Yoann Vaugelade, NDLR) gagner le titre comme ça! Et enfin, en numéro 1, bien entendu, la coupe Europe à Rimini (en fait, San Marino, en 2007, avec un titre de Vice champion d’Europe, NDLR). Là, c’était juste parfait.\n\n\n\nQuel a été l’adversaire le plus solide en France ?\nForcément, au niveau de la qualité du groupe, le Sénart de cette année était la meilleure équipe jamais rencontrée. Maintenant, nous connaissons tous les difficultés que peut avoir Sénart à marquer le dernier point. Je dirais quand même que Savigny, en faisant abstraction de cette année, a toujours été l’équipe la plus dangereuse car elle avait la culture de la gagne et une motivation très forte qui la rendait dangereuse tout le temps.\n\nLa domination rouennaise t’étonne ? Pourquoi ?\nRouen n’a jamais vraiment dominé la saison régulière mais Rouen à toujours su gagner les matches importants. Nous nous sommes construits un groupe très solide autour de joueurs cadres, avec chaque année, des recrues étrangères qui sont les meilleures de France. De plus, nous avons une sérénité incroyable sur le terrain, nous sommes très forts sur le monticule et nous avons une très bonne défense. Avec ces qualités, il n’est donc pas facile de nous battre et nous jouons tous les ans comme ça. La domination vient de là.\n\nQuelle est l’arme secrète des Huskies ?\nL’arme secrète de Rouen, c’est de rendre tous les joueurs arrivant dans cette équipe meilleurs. Il suffit de voir nos étrangers, nos jeunes et même les anciens qui s’entraînent un peu moins. Avec le maillot de Rouen, tout le monde joue bien. L’exemple le plus flagrant est le complète game de Yoann (Vaugelade) dans le match 5 de la finale cette année. Qui l’aurai cru…\n\n{« \nAPRÈS MA CARRIÈRE ? JE PENSE RESTER DANS LE BASEBALL. PAS EN TANT QUE COACH, \nMAIS DANS L’ADMINISTRATION DU CLUB »}\n\n\nMême en difficulté comme en finale, Rouen s‘en sort…\nOui, comme contre Montpellier en 2011 où nous revenons à Rouen avec une fiche de 0 – 2… C’est comme ça ! Nous y croyons tout le temps et nos lanceurs, ainsi que notre défense, nous garde toujours dans le match, donc ça finit par passer. Il n’y à aucune explication, à part que la culture de la gagne est en nous maintenant et j’espère, même après une défaite, qu’elle restera dans le club.\n\nComment vois-tu l’avenir du baseball à Rouen ?\nJe vois l’avenir du baseball à Rouen grandissant. Je vois une équipe de jeunes qui je pense continueront notre belle aventure. J’espère juste que notre groupe actuel pourra encore rester solide ensemble jusqu’à ce qu’un nouveau socle de jeunes joueurs prenne sa place.\n\nTu as l’impression que le baseball se développe à Rouen ? \nOui, le baseball se développe, mais il faut être patient car tout est malheureusement très long ! Il ne faut pas se décourager car s’il faut 10 titres de champion pour avoir une tribune, il va falloir se battre encore quelques années. Mais, si on laisse l’aspect matériel de côté, il est clair que ça se développe avec toutes les équipes présentes et performantes dans leurs divisions respectives. De plus, nous constatons une médiatisation de plus en plus importante, qui nous permettra de trouver des partenaires plus facilement et ainsi de progresser.\n\nEn 12014, quels sont tes objectifs avec Rouen ? Avec les Bleus ?\nPour l’équipe de France, cela dépendra de ma situation professionnelle au moment voulu. Mais, si l’on faisait de nouveau appel à moi, j’étudierai, bien sûr, la proposition avec beaucoup d’attention. En ce qui concerne Rouen, bien sûr, comme chaque année, j’espère gagner le plus possible. De toute façon, nous jouons pour gagner tous les matches, donc l’objectif est assez simple à déterminer quand on part de ce principe.\n\nPas facile de conjuguer vie perso, vie professionnel et baseball de haut niveau ?\nNon, ce n’est pas facile du tout, mais j’espère maintenir un niveau correct jusqu’à ce que mes vies pro et perso me permettront de pouvoir me réentrainer correctement. Je ne me fais pas de souci pour cela, tant que je reste utile à l’équipe, tout va bien.\n\nL’arrivée d’Eric Gagné comme manger de l’équipe de France (ex star de la MLB), tu en penses quoi ?\nJe n’ai jamais rencontré Mr Gagné, donc je n’ai pas forcément d’avis à ce sujet. Je pense toutefois que ça apportera un plus à l’équipe, notamment peut-être pour récupérer des joueurs français évoluant à l’étranger en pro. Sinon, je ne connais pas sa vison du jeu et sa mentalité, donc je ne peux pas me positionner. J’espère juste qu’il arrivera à faire comme nous avons fait à Rouen, c’est à dire faire en sorte que tous les matches soit gagnables, peu importe qui est en face.\n\nLes Bleus ont les moyens de viser haut ?\nPour moi, pas encore… Tant qu’il n’y aura pas au moins trois lanceurs partants avec deux releveurs de haut-niveau, nous ne pouvons pas espérer faire des résultats dans un tournoi.\n\nQuand tu auras terminé ta carrière de joueur, te vois tu encore dans le baseball ? Dans quel rôle ?\nOui, je pense rester dans le baseball. Pas en tant que coach, mais dans l’administration du club. J’espère que je pourrai ainsi faire progresser le club en apportant mon expérience et mes compétences.\n\n\n\n« Kenji, c’est pour moi le premier joueur français professionnel. \nDepuis que je le connais, j’ai toujours été impressionné par sa connaissance \nde jeu pour un européen. Le voir jouer est toujours un régal. Maturité, \nsérénité, professionnalisme… Jamais une discussion avec les arbitres ou avec \nles joueurs d’en face. Il reste toujours calme, quelle que soit la situation. \nAvec sa petite famille et son travail, il ne peut plus autant s’entrainer. \nCertains disent qu’il n’est plus aussi en forme, plus aussi rapide… \nMais Kenji continue de faire le job. Cette saison, on était un peu juste en \neffectif et j’avais besoin de lui pour jouer en 1ere base. Sa réponse a été celle \nd’un pro : « Je joue où tu veux ». Kenji, c’est l’un des plus beaux représentants \ndu baseball français. En 2008, d’ailleurs, Kinheim (Pays-Bas), champion d’Europe,\nle voulait. Kenji donne tout pour son maillot, tout pour la victoire, jusqu’au bout.\nIl ne lâche jamais rien. On retrouve cela chez lui mais aussi chez nos vétérans, \nchez Luc (Piquet), Joris (Bert), David (Gauthier), chez le Grand Boris (Marche) .. \nEt cette culture, ils la transmettent aux jeunes comme Oscar (Combes), Quentin \n(Becquey), Bastien (Dagneau) Dylan (Gleeson) ou Yoann (Vaugelade).»\n\n\n