Finale 2013: Rouen puissance 10

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\n\n\n\nLa longue saga des 10 titres rouennais s’est écrite de bien des façons. Il y eut des dominations inéluctables, des retournements de situation à couper le souffle, de bras de fer époustouflants. Il y eut aussi, et souvent, des joueurs qui se levaient, qui portaient leur équipe sur leurs épaules par le poids de leur talent de leur expérience. Roy, Denischuck, Dubaut, Hornostaj, Perez, pour n’en citer que quelques-uns. \n\n_ Si la finale 2013 entrera dans l’histoire, ce n’est pas seulement parce qu’elle permet aux Huskies d’entrer dans le club très, très fermé des champions de France à deux chiffres. Ce n’est pas non plus seulement parce qu’elle fut l’une des plus compliquées à gagner, au terme d’une saison elle-même très compliquée à gérer. C’est aussi parce que le 5ème match a appartenu à un jeune lanceur d’à peine 18 ans, Yoann Vaugelade, qui a livré un combat phénoménal récompensé de la manière la plus logique qui soit par le titre de MVP. \n_ Le « rookie » inscrit son nom sur une liste dans laquelle figure d’immenses Huskies. Il est digne au plus haut point de cet honneur. Et c’est beau symbole que le dernier retrait du match, le jeune lanceur français des Huskies l’ait obtenu aux dépends de la grande star cubaine des Templiers, Rolando Betancourt, ne pouvant rien faire d’autre que frapper un roulant à l’arrêt-court. \n\n\n\n\n_ Vaugelade a dominé, et surtout s’est battu avec beaucoup de sang-froid et d’intelligence. Il n’a pas eu une manche parfaite, il a souvent tiré de l’arrière dans les comptes, mais il a toujours su faire le bon lancer au bon moment. Il n’a jamais paniqué, même en trébuchant et en s’étalant de tout son long au sol en 8ème manche sur une flèche de Matthieu Brelle qu’il n’avait pu que ralentir de son gant et qu’il tentait de jouer quand même. Le frappeur suivant frappait exactement le même genre de line drive, que cette fois Vaugelade captait facilement de volée pour le 3ème retrait. Ce jeune homme apprend décidemment très vite. \n\n_ Le lanceur rouennais a survécu à un début de match difficile, concédant deux hits aux trois premiers frappeurs (simples d’Hanvi et de Bétancourt, celui-là sur un compte de 3-0) puis un point sur un long ballon sacrifice de Martinez. Un BB à Paz suivait (le jeune receveur des A’s d’Oakland, à peine débarqué de l’avion, a fini sa finale avec un triste 0 en 8 et un RBI), mais Vaugelade se ressaisissait pour forcer Paturel à frapper un roulant. \n\n_ En 3ème manche, deux simples de Bétancourt et Martinez doublaient la mise. Ce fut le moment choisi par Vaugelade pour fermer la porte. Aux 15 frappeurs suivants, il n’accordait aucun coup-sûr. Seuls deux BB et un HP venaient mettre des Templiers sur base, mais sans aucun dommage, grâce à une défense très solide, à l’image d’un Matthew Smith royal en 3ème base. \n\n_ Un lanceur qui les garde dans le match, les battes rouennaises ne demandent rien d’autre. Elles savent attendre leur heure. C’est au deuxième passage face à un lanceur adverse qu’on mesure le savoir-faire des frappeurs. Les Huskies l’ont démontré en chassant Jonathan Mottay du match en 4ème manche. Il avait pourtant bien transpercé le line-up rouennais pendant 3 manches. Mais les frappeurs Huskies avaient observé, s’étaient adapté, et ont fait mal quand il le fallait. \n\n\n\n

{Le bunt de Boris Marche en 4me manche et sur la frappe de Ramirez, Aponte et Gauthier viennent croiser le marbre pour égaliser à 2 partout}
\n\n\n_ Après un HP à Aponte et un BB à Gauthier, Keino Perez demandait l’amorti sacrifice à son 5ème frappeur. Boris Marche, capitaine d’expérience, exécutait parfaitement le jeu, mettant deux coureurs en position de marquer pour Brian Ramirez, posté au 6ème rang de l’alignement. Le futur meilleur frappeur de la finale ne se faisait pas prier pour remettre les Huskies à hauteur dans le match. Sénart faisait appel à son cubain Leyva, transformé en spécialiste de la fin de match pour cette finale. Il remplissait les buts avec 2 BB pour se retrouver face à Joris Bert. Le rouennais cognait à son tour un simple de deux points pour porter le score à 4-2. \n\n\n
{La frappe de Joris Bert, un simple bon pour deux points}
\n\n\n_ Beaucoup de choses sont à écrire sur cette frappe. Joris Bert n’a pas pu être beaucoup présent cette saison, ni aux matches, ni aux entraînements. Le baseball en France est ainsi fait que ses meilleurs joueurs sont parfois obligés de sacrifier leur passion à leur vie professionnelle ou personnelle. Mais, à Rouen, ils gardent toujours bien au chaud leur place dans la famille. On sait qu’ils ne peuvent pas être là à 100%, mais quand ils sont présents, ils donnent tout ce qu’ils ont. Et ils ont beaucoup à donner d’expérience, d’envie de gagner, d’esprit collectif. \n_ Ce n’est pas un hasard non plus si le premier point du match 4 a été produit par David Gauthier, un autre de ces Huskies qui joue à mi-temps mais gagne à plein-temps. Ou si Luc Piquet a réussi quelques-uns des plus beaux jeux défensifs réalisés en finale de championnat de France. Et si Kenji Hagiwara n’a pas pu participer complètement à la fête, c’est que sa cuisse avait lâché le samedi. \n_ Et puisqu’on parle d’anciens Huskies, il faut aussi mentionner Boris Marche. Le capitaine a de nouveau été exemplaire dans cette finale décisif. Il a été un des meilleurs frappeurs rouennais, et, surtout, il a parfaitement dirigé le jeune Yoann Vaugelade. On n’a pas souvent vu le lanceur des Huskies refuser un signal de son catcher. La confiance était parfaite entre les deux hommes. Marche savait ce qu’il pouvait demander à Vaugelade, et Vaugelade a parfaitement exécuté. Le récital a été à deux voix. \n\n\n_ Après ce 4ème point, les Huskies se sont donnés un peu d’air en roulant un 5ème en 6ème manche, un roulant de Bert poussant Smith au marbre. Les at-bats suivant furent moins réussis, on avait l’impression que les rouennais voulaient vite revenir en défense pour voir leur jeune lanceur continuer son travail de destruction de l’armada latino-sénartaise. \n_ Pour la 4ème fois après 2006 (vs Toulouse), 2008 (vs Sénart) et 2011 (vs Montpelier), les Huskies ont donc remporté une finale en gagnant les deux matches du dimanche. Ce n’était pas tout à fait évident d’y croire après le match 3, dans lequel l’attaque rouennaise fut totalement éteinte par Cespedes, et l’attaque sénartaise réussit à trouver la faille face à un Ozanich pourtant intouchable pendant 5 manches. \n\n\n\n_ Concentrés, appliqués, motivés, les Templiers avaient fait très forte impression pendant cette rencontre, et pouvait logiquement endosser l’armure de favoris. Ils venaient de museler pendant 17 manches l’offensive rouennaise, ils avaient toute les cartes en main pour aller jusqu’au bout. Mais une finale n’est jamais gagnée d’avance, surtout contre Rouen. \n\n_ Pour le match n°4, Keino Perez changeait son line-up une nouvelle fois, en tentant de miser sur l’expérience de ses vieux soldats en début d’alignement. _ La première manche donnait raison au coach rouennais avec 4 points marqués, avec du baseball bien récité : deux ballons sacrifices, deux BB avec bases pleines, ce furent des at-bats bien pensés et bien construits, sans aucune précipitation ni sentiment d’urgence. Les Huskies se donnaient de l’air en 7ème manche avec 3 nouveaux points. \n_ La fin du match fut rendue tendue par un long home-run de trois points de Betancourt. Fatigué, l’épaule douloureuse, José Rodriguez allait lancer la 9ème manche au courage et à l’énergie. Il commençait par deux BB à Paz et Paturel , amenant le point égalisateur au marbre. Mais le vénézuelien est homme de caractère. K à Soto, roulant de Cespedes, K à Mayeux pour finir le match et permettre à son équipe de jouer un 5ème match, celui qu’elle ne perd jamais. \n\n_ Pour ce match-là, Keino Perez n’a pas hésité longtemps. C’est à Yoann Vaugelade qu’il donnait la balle. Le coach rouennais a confiance dans sa jeune garde. Sous son aile, un Oscar Combes est devenu un titulaire incontestable au champ extérieur. Quand il a mis Gleeson dans le line-up du match 2, celui-ci a répondu avec un double d’un point. Et on sait ce qu’il est advenu de la performance du jeune lanceur, qui, s’il a tout juste l’âge de passer son permis de conduire, s’est installé au volant de la grosse berline rouennaise avec l’autorité d’un pilote chevronné.\n_ Pour sa 2ème année à la tête des Huskies, Perez a encore pris de l’envergure dans le rôle difficile de manager. Cette saison fut très complexe pour lui, avec un effectif à géométrie variable, l’obligeant d’une semaine sur l’autre à jongler avec les line-ups. Mais il a si bien fait que chacun, à son moment, à sa place, a participé à la conquête. Celle-ci fut difficile. Elle n’en est que plus belle. Et ceux qui annonçaient la chute de la maison Huskies en sont pour leurs frais. Il leur faudra attendre au moins un an de plus. \n\n\n\n
{Yoann Vaugelade, le jeune lanceur formé à Thiais, MVP à 18 ans et deux jours. Le plus jeune MVP d’une finale de championnat.}
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