Finale 2013: Un 10me ou une première ?

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{Mathieu Brelle (Sénart) et Keino Perez (Rouen 76) vont se retrouver pour la 4me fois en finale en sept ans. Rouen a remporté les trois premiers affrontements}
\n\n\nLe baseball français n’est pas partageur. Depuis 30 ans, seuls cinq clubs ont remporté le titre national : PUC, Montpellier, Saint-Lô, Savigny et Rouen. C’est peu, comparé au football (10 équipes), au rugby (11 équipes), au basket (11 équipes) ou au hockey (9 équipes, malgré la longue domination rouennaise) sur la même période. C’est dire s’il n’est pas facile de bouscule la hiérarchie. \nSénart fait partie de ceux qui n’y sont pas – encore – parvenus. Toujours sur cette même période de 30 saisons, les Templiers font partie des cinq finalistes s’étant cassé les dents sur la dernière marche, avec le BCF, Pineuilh, Limeil et Toulouse.\n\nCe n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de construire une équipe pour gagner, au prix d’une politique de recrutement souvent agitée, parfois tapageuse. À leur retour en Élite, en 2004, les sénartais ont misé sur la filière latino-américaine avec Éric Perez et Jimmy Lazza-Moreno. \nL’année suivante, ils étaient les premiers à se lancer dans la signature de contrats professionnels avec Jeff Freeborn. En 2006, ce fut l’arrivée de Recuenco, Falls, Santos, Martinez et Sylvain Hervieu. En 2007, la stratégie était anglais avec Hunt, Young, Hobbs-Brown, auxquels s’ajoutèrent Blesoff et les frères Meurant. En 2008, la tentation rétro avec Benhamida, Hervé, Fessy, Anthony Meurant. Puis deux saisons en demi-teinte en 2009 et 2010, l’arrivée aux commandes de Jamel Boutagra, un recrutement d’abord sud-américain puis ensuite nord-américain en 2011 avant le choix cubain en 2012, caractérisé par l’immense Rolando Betancourt. \nBeaucoup d’action, donc, mais un seul titre glané au passage, le challenge de France 2008 et trois échecs en finale du championnat contre Rouen.\n\n\n_ { CHAMPION ? UN CLUB TRÈS FERMÉ. } \n_ {Cinq clubs français seulement se sont partagés le titre de champion de France ces trente dernières années. \nPUC, Montpellier, St Lô, Savigny et Rouen.} } \n\n\nDésormais solidement structuré avec ce superbe terrain éclairé, Sénart se doit, à plus ou moins court terme, décrocher un jour ce titre qui lui manque tant. \nPour les Templiers, le plaisir sera au moins doublé s’il s’ajoute à une victoire sur l’ennemi honni, Rouen. \nIls ont cru fort, très fort, réussir enfin à battre les rouennais dans une finale, celle du Challenge de France 2013. Une 3ème manche de 5 points, une avance de 7-1 après 5 manches, on débouchait déjà le champagne dans toutes les tribunes de Pershing, acquises à la cause des Templiers. 12 frappeurs, 6 hits et 8 points plus tard, Rouen remettait sa poigne de fer sur le baseball français. Une épisode dramatique de plus dans une saga déjà riche en émotions entre deux équipes qui ne s’apprécient pas forcément, mais c’est le lot des rivalités au sommet. \n\nSénart veut donc battre Rouen, et a bâti une équipe pour y parvenir, avec tout d’abord une arme essentielle, la profondeur au pitching. La bonne surprise pour les sénartais est venue du cubain Leyva, qui présente en 52,1 manches la superbe moyenne de 2,03, avec un adversaire qui ne frappe que pour .190 contre lui. Leyva est devenu le n°1 de la rotation, celui qui a starté les matches 1 et 3 de la demi-finale. Avec lui, la jeune garde : le duo Mottay – Cespedes, qui pourrait faire régner l’ordre dans les prochaines années. \nMottay (6-2, ERA 3,09), est un battant, un gagneur, un des meilleurs jeunes bras français, qui possèdent déjà une rapide dévastatrice et des balles à effet pleines de mordant. Cespedes (42 K en 36,1 manches, ERA 2,97) ne cesse de progresser et attaque avec beaucoup d’autorité les frappeurs adverses. Le 4ème mousquetaire est l’inusable Mathieu Brelle, qui parait un poil en retrait de ses prestations des années précédentes, mais qui possède l’expérience et l’arsenal (notamment dans les balles à effet) pour gêner n’importe quelle équipe adverse. Il a souvent donné des maux de tête à l’attaque rouennaise par le passé. \n\n\n
{ Seuls trois Huskies ont participé aux neuf conquêtes rouennaises : \nHagiwara, Piquet et Marche (qui a également un titre avec Savigny en 2002). \nMais Luc Piquet et Boris Marche sont les seuls à avoir joué les neuf finales. \nVient ensuite Keino Perez avec 8 titres, puis Giovani Ouin, David Gauthier et Joris Bert avec 7 }
\n\n\nOffensivement, Fred Hanvi (repositionné à l’arrêt-court où la puissance de son bras et sa vitesse de course font merveille) est l’indiscutable leader d’une armada qui fait peur. Il faut passer au travers de Betancourt, Soto, Martinez, Santos, Leyva, ce qui ne rend la tâche facile à aucun lanceur. \nIl faut aussi compter sur Boucheron, qui confirme les qualités entrevues l’an passé, Dylan Mayeux, un des leaders de la génération montante et surtout sur Arthur Paturel, un des meilleurs jeunes bâtons français. C’est donc un monticule complet et un line-up sans trous qu’alignent les Templiers 2013. \n\nLe tout est pimenté à la sauce latino. Cela parle beaucoup, cela fait des grands gestes et ça s’invective, c’est une ambiance torride que Sénart et ses stars cubaines mettent sur le terrain. L’avantage, quand tout va bien, est un enchaînement de feelings positifs. L’inconvénient, quand cela se corse, est une montée en nervosité et en tensions qui peut être préjudiciable et conduire à quelques naufrages ou quelques défaites surprenantes, comme ces deux échecs contre le PUC lors de la dernière journée de championnat, mais il se murmure que c’était surtout pour éviter de rencontre Montpellier en play-offs. \n\n\n{« Sénart veut donc battre Rouen, \net a bâti une équipe pour y parvenir »}\n\n\nLe duo Boutagra – Paturel doit savoir appuyer sur les bons leviers pour obtenir le meilleur de ce brillant effectif. Si tout va bien, Sénart est difficile à arrêter. Il reste aussi à surpasser ce désavantage psychologique que les sénartais ressentent forcément avant d’affronter Rouen, après toutes ces défaites dans les moments décisifs. \nLes Huskies savent ce que c’est, par le passé, par exemple, ils furent longtemps avant de pouvoir passer devant Savigny. Rouen sait donc que c’est, mais que c’est possible, de faire tomber sa bête noire. Cette année parait un peu compliquée pour Rouen. Certes, on connait beaucoup d’équipes qui se contenteraient d’avoir gagné le challenge de France, la saison régulière avec seulement 4 défaites, d’avoir la meilleure moyenne offensive et la meilleure ERA, d’avoir battu le champion des Pays-Bas en Coupe d’Europe, et de se qualifier pour la finale du championnat de France. Mais puisque Rouen est habitué à l’excellence, il est normal qu’il soit critiqué lorsque le moteur tourne un peu moins rond que par rapport à une année 2012 exceptionnelle. \nLe souci majeur de Keino Perez est d’avoir à gérer un effectif fluctuant. Pas une fois cette saison, il n’aura pu aligner son équipe type. Heureusement pour les autres, d’ailleurs, car on ne voit pas qui aurait pu lui résister. Mais ceux qui sont encore là, pour cette nouvelle finale, on suffisamment de cœur, de talent, d’envie de gagner, d’expérience, de sens collectif, de savoir-faire tactique et technique, pour aller une nouvelle fois chercher la dixième consécration.\n\n