Entretien avec Xavier Rolland

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\n\nXavier Rolland, parmi toutes les belles images qui ont illustré cette saison, lesquelles vous viennent immédiatement en mémoire ? On vous en autorise cinq.\n_ Cinq ? Pas plus ? J’en ai en pagaille.\n_ {La plus récente.} La joie des enfants à Perpignan. Les 12U (12 ans et moins) sacrés champions de France pour la première fois dans l’Histoire du club. Un scénario incroyable en finale. J’ai aimé ce refus de perdre, cette volonté d’y croire jusqu’au bout. C’est la marque des Huskies, c’est une vraie culture au club. Il y avait tellement de beaux regards et de sourires \néclatants. Un très beau souvenir.\n_ {La plus incroyable}. Le regard incrédule des Hollandais dans les tribunes de Rotterdam quand nous les avons battus en Coupe d’Europe. Battre Neptunus. Et sur son terrain en plus. Inimaginable !\n_ {La plus valorisante}. Entendre la Marseillaise à Nettuno lors du Final Four. Être parmi les quatre meilleures équipes d’Europe. Je pense que beaucoup ne réalisent pas l’exploit que cela représente.\n_ {La plus émouvante}. Voir Alexandre Roy signer avec les Mariners de Seattle. Un gamin que j’ai vu grandir. Un garçon qui a d’énormes qualités, sportives et humaines. Il a tout pour réussir aux Etats-Unis. \nLe physique, le mental, l’intelligence.\n_ {La plus structurante}. Les travaux de tribune, de backstop et d’éclairage terrain Pierre Rolland. Je suis impatient de voir le travail terminé. \nMais j’ai plein d’autres bons souvenirs de cette année. Beaucoup de rires, beaucoup de moments de complicité… Pour les dirigeants, c’est notre essence, c’est notre source de motivation. \n\n2012 restera-t-elle comme la saison la plus aboutie ?\n_ Elle restera gravée, c’est certain. 2012 est une année historique. Comme 2007.\n_ Tout a commencé par la signature d’Alexandre Roy avec Seattle, puis on a gagné le Challenge de France, réalisé l’exploit en Coupe d’Europe en juin à Rotterdam, enchaîné par le titre de champion de France (le 9me), participé au Final Four en Italie, remporté le championnat de France12U et lancé des travaux d’aménagement du terrain. \n_ On a aussi eu des gamins dans les équipes nationales de jeunes, nos internationaux ont participé aux championnats d’Europe, puis à la World baseball classic en Floride. Intense et bien remplie cette saison !\nEt puis, il y a des choses qui se voient moins, mais il y a une ambiance au club très motivante. Des parents s’investissent, d’anciens joueurs aussi. Regardez les visages des papas lors de la finale 12U à Perpignan ! \nCela crée une émulation fantastique. On le voit autour des 12U, du Soft mixte, de la DHR. Il faut continuer comme cela pour faire grandir le club. On a encore tellement de boulot devant nous !\n\n\n\n{« QUAND JE VOIS BASTIEN DAGNEAU, 17 ANS, \nFRAPPER SON COUP SÛR CONTRE AMSTERDAM AU FINAL FOUR, \nQUEL SYMBOLE ! »}\n\n\nLe Final Four restera comme le point d’orgue de la saison ? \n_ Avec la signature d’Alexandre avec Seattle, oui. Le Final Four, on veut y retourner. \n_ On est rentré frustré. On n’était pas loin, on sort deux gros matchs. On était à notre place. Dans le premier match, face à Bologne, sans Ethan Paquette, sans Kenji Hagiwara, sans Luis Aponte. C’était difficile. Surtout en attaque. Pour battre les Italiens ou les Hollandais, il faut être au complet et jouer le match parfait. \n_ Mais on s’est bien battu face au futur champion d’Europe. \n_ Dans le deuxième match, la première manche a été un calvaire (Amsterdam marque 5 fois), mais on s’est accroché. Beaucoup d’équipes auraient craqué. Pas nous. On a fait preuve de beaucoup de maturité. On a laissé passer l’orage, puis on est revenu dans le match, on a poussé fort. Le point de l’égalisation est en 2 avec Maxime et Joris Bert au bâton… On a été au niveau. Il faut y retourner. Et quand je vois Bastien Dagneau, 17 ans, frapper son coup sûr contre Amsterdam, quel symbole ! Quand je vois Dylan Gleeson, 17 ans, Oscar Combes, 19 ans, Maxime Lefevre, 21 ans. Tous sur le terrain face à Amsterdam !…\nJ’avais promis aux parents de Bastien et de Dylan que Rouen allait offrir de belles opportunités à leur enfant, qu’ils progresseraient cette saison, je suis heureux de voir qu’on a tenu nos promesses. \n_ Les jeunes ont leur chance à Rouen. Ils jouent, et au plus haut-niveau. \nKeino Perez et son staff ont fait un boulot extraordinaire et je voulais les féliciter. Je n’oublie pas les coachs précédents qui ont préparé cet exploit, Robin Roy et François Colombier… C’est l’aboutissement de plusieurs années de travail et déjà à Parme en Coupe d’Europe l’an passé, on avait senti qu’on était proches du F4. \n\nPeut-on faire mieux ?\n_ Je ne sais pas. Cela voudrait dire gagner le Final Four, avoir plus de jeunes en Minor league… Mais il faut comprendre que tout cela est hors norme, que cela n’arrivera pas toutes les saisons. Même si on fera tout pour revivre tout cela. Je rêve de retourner au Final Four, mais un club français parmi les quatre Grands d’Europe, c’est en quelque sorte une anomalie au regard de la hiérarchie européenne.\n\nComment explique-t-on une saison si aboutie ? Et comment gagne-t-on neuf titres en 10 ans ?\n_ La saison, c’est une alchimie qui prend. Un groupe qui bosse, le boulot des coachs, remarquables autour de Keino Perez, l’investissement des dirigeants durant l’hiver. Beaucoup de choses se gagnent l’hiver. Il faut aussi des étrangers intelligents, qui épousent notre projet et qui se fondent dans le collectif. Il faut de la rigueur, de l’ambition, de la bonne humeur, de la complicité.. Il faut partager notre amour du club. C’est tout cela.\n_ Quant aux neuf titres, cette longévité, cette constance, c’est dur. Très dur. Il faut de l’exigence. Toujours. On peut gagner un titre une saison par ce qu’on a de bons étrangers, parce que la chance est là. Mais 9 en 10 ans, c’est quelque chose dont ont peut être fier. On a, et on a eu, en face de nous de sérieux rivaux. Savigny, le Toulouse de la moitié des années 2000, c’était quelque chose ! Sénart bien sûr. \n_ Mais on veut marquer l’Histoire de notre sport en France et on aime les records.\n\nQuelles seront les ambitions du club en 2013 ?\n_ Faire aussi bien, voire mieux. Mieux, cela veut dire gagner le Final Four. C’est notre Graal. \n_ On va tenter de conserver nos titres nationaux. \n_ Rouen a gagné 11 des 12 dernières finales nationales (challenges et championnats) et on ne lâchera rien. On retournera avec gourmandise en Coupe d’Europe, même si nous serons attendus de pied ferme. Et puis on va continuer à travailler avec nos jeunes, à développer nos infrastructures. \n\n\n{« QUAND ON AIME UN GROUPE, ON A ENVIE DE GARDER TOUT LE MONDE, \nDE CONTINUER L’HISTOIRE ENSEMBLE. \nMAIS CE N’EST PAS TOUJOURS POSSIBLE. »}\n\n\nAvec en Élite des départs ?\n_ Oui malheureusement. Quand on aime un groupe, on a envie de garder tout le monde, de continuer l’histoire ensemble. Mais ce n’est pas toujours possible. Chris Mezger a été sollicité par des clubs allemands, hollandais. Il part en 1ere division hollandaise à Utrecht. Je lui souhaite bonne chance. Utrecht a de la chance. Et puis Anthony Piquet retourne \ndans son club formateur à la Guerche de Bretagne. Il souhaite faire profiter de son expérience aux jeunes bretons. Et je trouve cela bien. Il a beaucoup apporté à Rouen sur le terrain. Et aujourd’hui, c’est la Guerche qui va profiter de ce qu’il a appris à Rouen durant trois saisons bien remplies. C’est bien. \nC’est une grosse perte pour nous. Ce garçon ne m’a jamais déçu. C’est un exemple. Quand il prenait la balle, je savais qu’il donnerait tout. Quel guerrier !\n_ Quentin Becquey, lui, pourrait partir aux Pays-Bas. Après sa saison à Chicago, il découvrirait un nouveau championnat. Si cela se concrétise, il va continuer son apprentissage et continuer à progresser. Avant de revenir à Rouen… \n\n\nCela fait des départs importants…\n_ C’est vrai. C’est la vie d’une équipe. A nous de combler ces départs avec nos jeunes notamment. Les départs de Robin Roy, de Yann Monnet, de Boris Rothermundt, de Flavien Peron, de Nicolas Dubaut, de Gaspard Fessy et d’autres, cela a été simple ? Aux jeunes de jouer et de saisir leur chance. Beaucoup d’équipes ne se remettraient pas de tels départs. \n\n{« OWEN OZANICH SERA DE RETOUR A ROUEN EN 2013 ET 2014. \nC’EST UNE EXCELLENTE NOUVELLE »}\n\nDes nouveaux joueurs ?\n_ Owen Ozanich sera de retour en avril à Rouen. C’est une excellente nouvelle. On s’est mis d’accord pour les deux prochaines années. Pour le reste, il est encore un peu tôt.\n\nSur le plan des infrastructures ?\n_ On termine actuellement le chantier tribune, backstop, éclairage (pour l’entrainement). Ensuite, nous travaillons sur le dossier des tunnels de frappe. Entre deux à quatre tunnels couverts, éclairés, avec machines à lancer automatiques… On doit finaliser ce projet en 2013. \nIl sera alors temps de se pencher sur le club house.\n_ On a aussi évoqué avec la mairie la nécessité d’améliorer la signalétique pour mieux identifier la présence de notre activité et du terrain dans le complexe St Exupéry.\n\nDes projets sportifs exceptionnels ?\n_ On est en train d’étudier la possibilité d’accueillir le Qualifier 15U l’été prochain. Six nations présentes, dont la France, avec pour le vainqueur une place en championnat d’Europe Groupe A.\n_ Nos 12U vont aussi disputer leur « Coupe d’Europe » en juillet prochain à Kutno en Pologne. Avec une place pour le vainqueur pour les finales mondiales en Californie.\n\nLes Huskies ont fait l’honneur de grands médias aussi cette année. \n_ Oui. Je ne sais pas quand un club de Rouen a fait la Une de l’Equipe ou le 20 heures de TF1… Quant au New York Times !! C’est cela les Huskies. Une dimension nationale et internationale.\n_ Je pense qu’on donne une bonne image de notre discipline en France et une bonne image de Rouen et de son agglomération, de la Seine-Maritime, de la Haute-Normandie… Je suis heureux de montrer à nos partenaires qu’ils ont raison de croire en nous.\n\n\n{« EN TANT QUE CLUB SPORTIF, \nNOUS SOMMES SUREMENT \nLE MEILLEUR INVESTISSEMENT \nEN TERME DE RAPPORT QUALITÉ-PRIX À ROUEN »}\n\n\nQue peut-on vous souhaiter pour 2013 ?\n_ J’aimerais que plus de partenaires privés nous suivent dans cette belle aventure. On fait des miracles avec des moyens limités. Il ne nous manque pas beaucoup pour franchir un cap supplémentaire en terme de développement, de résultats. En tant que club sportif, nous sommes sûrement le meilleur investissement en terme de rapport qualité-prix à Rouen.\n_ J’aimerais aussi que les médias rouennais nous suivent un peu plus. Ils se passent de belles choses au club. Quand je vois les aventures que vivent nos jeunes aux États-Unis, en Australie, au Japon, sur les terrains de Chine… Et cela n’est pas raconté au grand public. C’est dommage. Surtout pour les joueurs qui mériteraient une meilleure reconnaissance. Ils font partie des meilleurs d’Europe dans leur discipline.\nAlors du coup, on développe nos outils… L’Appli Iphone, le site Internet, le HuskiesMag… On travaille encore plus fort ! \n\n\n\n\n\nVous regrettez ce manque de visibilité dans les médias rouennais ?\n_ Évidemment. Les gens seraient étonnés de découvrir tout ce qui se passe au club. On a fait l’objet de longs articles dans les grands journaux sportifs italiens comme le Corriere della Sera, nos matchs en Coupe d’Europe ont été retransmis sur la RAI en Italie ou en direct à la télévision tchèque. Nos jeunes vont jouer un peu partout sur la planète. Tout cela passe un peu inaperçu. Alors qu’un footballeur qui a un rhume… Mais je sais que les journalistes qui nous suivent font le maximum pour que les Huskies soient plus présents. Je suis moi-même journaliste et je pense objectivement que nous mériterions une meilleure exposition. On parle plus de nous à l’étranger qu’à Rouen. Je me souviens par exemple de l’équipe du Québec. Ils connaissaient tous les joueurs de Rouen, connaissaient tous le club… \n_ Mais bon, cela n’empêche pas les Rouennais de nous suivre. Quand je vais au restaurant à Rouen, et qu’en partant, les serveurs m’adressent des messages d’encouragement pour la Coupe d’Europe, que des gens me félicitent pour le titre de Champions de France, que des entraîneurs d’autres disciplines de haut-niveau m’expriment leur respect pour notre longévité au sommet de notre sport, cela fait plaisir. Les Rouennais sont fiers, me semble-t-il, de leur équipe de Baseball. C’est une belle source de motivation aussi pour nous.\n_ Et je ne vous parle pas de l’action sociale. Un volet important dans l’activité du club, avec de nombreuses heures passées dans les quartiers, dans les écoles… \n\n{« LES ROUENNAIS SONT FIERS, \nME SEMBLE-T-IL, \nDE LEUR ÉQUIPE DE BASEBALL »}\n\n\nIl y a moins de spectateurs au baseball qu’au foot.. \n_ Bien sûr… On ne se compare pas. Mais les budgets ne sont pas les mêmes non plus. Avec le budget du foot à Rouen, on vit 35 saisons ! \nOn a notre place, on est complémentaires. Et excusez-moi, le 20H de TF1 parle du baseball à Rouen. Pas du foot. Je peux paraitre en colère mais je trouve parfois qu’on n’est pas assez respecté. \nOn peut être aussi un acteur économique. Le baseball est le sport roi aux États-Unis mais aussi au japon, en Amérique du Sud… Il se développe en Chine… Des plaques tournantes de l’économie mondiale. On est dispo pour jouer un rôle si on peut aider sur ce terrain là aussi. \n_ Enfin, regardez ce que vivent nos gamins ! Ils jouent aux Pays-Bas, à Prague, en Allemagne, prennent l’avion en déplacement pour aller jouer à Perpignan, vont se rendre en Pologne… Ils vivent des choses extraordinaires, que peu de clubs dans d’autres sports, offrent.. \n \n{« LE 20H DE TF1 \nPARLE DU BASEBALL À ROUEN. \nPAS DU FOOT » \n}\n\nSur un plan plus personnel, comment êtes-vous devenu Président des Huskies ?\n_ Je fais partie des fondateurs du club en 1986. J’ai joué jusqu’en 1993 en Élite. J’ai ensuite pris quelques distances avec le club. Puis en 1996, des anciens, dont mon frère Pierre-Yves, ou Jean René Tapia (ex joueur du club et ex hockeyeur rouennais) sont venus me voir pour qu’on reprenne le club ensemble. Il était alors en deuxième division… \n_ On a bossé tout l’été sur un projet de développement. On l’a présenté aux partenaires, à la ville, au Département, à la Région. Tout le monde a adhéré. Et c’est parti comme cela. \n_ Depuis mon élection, je n’ai d’ailleurs vécu à Rouen que deux ou trois mois. Je suis parti pour mon travail vivre à Orléans, puis à Rennes et maintenant à Nantes. Je suis rédacteur en chef de France 3 Pays de la Loire et je fais donc souvent la route entre Nantes et Rouen.\n\nUn dernier mot, ca aide d’avoir Valérie Fourneyron au Ministère des Sports ? \n_ La Ministre fait son travail avec talent. Elle connait ses dossiers et ne mélange pas tout. Mais ses textos de félicitations font plaisir, c’est certain. \n