Un Challenge tout neuf

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UN PARCOURS DIFFICILE

Les Huskies ont souffert pour remporter ce neuvième Challenge de France. Il y a d’abord eu cette défaite face à Montigny qui a contraint la meute à un match de barrage face à La Rochelle pour sortir des poules. Puis une demi finale compliquée face à Savigny durant laquelle les Huskies ont couru après le score, frôlant la sortie (le score était de 2/0 en 8eme pour les Lions) avant de s’imposer en prolongation…

Owen Ozanich. « C’est vrai, le chemin jusqu’en finale n’a pas été simple. On peut dire que, depuis le début de la saison, notre parcours est globalement plus difficile que d’habitude. Le niveau du championnat est plus élevé, donc on s’attendait à jouer des matchs serrés. » Même constat pour Dylan Gleeson. « On a mis du temps à se mettre dans les matchs. On était un peu « shaky » mais on a commencé à retrouver notre confiance à partir de la demi et c’est monté en puissance en finale ». Mais si Rouen a balbutié par moment son baseball, pour Maxime Lefevre, l’explication est aussi à chercher du côté de la qualité des adversaires. « Montigny, on sait très bien qu’ils ont une excellente équipe cette année et je ne serai pas surpris de les retrouver en finale en fin de saison. Savigny réalise également une très belle saison, ils nous ont donné beaucoup de fil à retordre. Cependant, c’est dans ce genre de match que nous aimons nous retrouver. Ces matchs difficiles contre eux nous ont certainement permis d’aborder la finale différemment.» Le coach François Colombier connaît parfaitement cette compétition et pour lui, les difficultés rencontrées par les Huskies sont tout sauf une surprise. « Le Challenge de France est rarement une promenade de santé, on sait que rien n’est écrit d’avance. Les meilleures planifications ne résistent que très rarement à la réalité du terrain. Donc, il faut savoir garder son sang-froid pour que la rotation des lanceurs, qui est la clé de cette compétition, soit gérée le mieux possible. Avec la profondeur que nous avons au monticule, nous avions quand même un gros avantage : pour le match n°1, Théophile Danne, qui peut être considéré comme notre 6ème partant, a livré une performance remarquable, permettant de préserver les bras. Puis Keino Perez a tout donné contre Montigny, comme d’habitude, mais c’était un jour sans pour tout le monde. Mais là encore, on a sauvegardé des ressources, cela nous a permis d’envoyer Owen Ozanich en ½ puis d’avoir Kender Villegas pour closer la ½ et la finale, là où les autres équipes étaient à court de ressources. » Alors, tout le monde s’attendait à souffrir autant ? Pas José Paula. « Je m’attendais pas à ce que cela soit si dur car notre équipe est une équipe très solide quand même. Maintenant, il faut relativiser, on a eu juste un petit peu des problèmes contre Montigny. On a fait quelques petites erreurs qui nous ont coûté le match, mais après, on a été à 100% pour arriver en finale et finir Champions ».

LA RECETTE DES HUSKIES EN FINALE

Rouen affichait un visage moins convaincant, voire décevant selon certains, durant ce Challenge 2018 ? C’était avant que les Huskies, transfigurés, passent en mode « finale ». La recette ? Celle d’Owen Ozanich d’abord. « Beaucoup de confiance, un focus avec « eyes on the prize » ! C’est à dire qu’on sait que l’enjeu est plus important et qu’on doit monter notre niveau… On compte les titres à Rouen, pas les victoires en demi ou en saison régulière…» Maxime Lefevre livre lui aussi quelques ingrédients. « J’ai pris le temps de relire les commentaires sur le live et quelqu’un disait : « les Huskies ont ce petit truc en plus en finale qui les rendent imbattables ». Je crois, en effet, que nous avons ce petit truc qui continue à faire la différence. On sait jouer des finales et on adore sortir notre meilleur baseball dans ce genre de rencontres. » Les Huskies savent jouer les finales en effet. 29 finales depuis 2002 pour 26 victoires (deux défaites en finales de Challenge en 2003 et 2005 et une défaite en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions en 2007 à San Marin). Autre chiffre saisissant ? Rouen depuis la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions perdue en Italie en juin 2007 a disputé 18 finales dans différentes compétitions. Pour 18 victoires ! Les Huskies n’ont plus perdu une finale depuis 11 ans. François colombier les a presque toutes vécues. Pour lui, la recette est toujours la même. « C’est une recette éprouvée depuis longtemps : jouer en équipe, croire en soi et en son coéquipiers, exécuter les jeux de routine et sortir le jeu exceptionnel quand il le faut (n’est-ce-pas Maxime Lefevre ?), c’est ne jamais relâcher la pression et croire toujours en sa chance, c’est être calme, déterminé et sans pitié quand vient le temps de conclure »

LES POINTS DÉTERMINANTS EN FINALE

François colombier lui n’a pas oublié que le parcours aurait pu s’arrêter en demi finale face à Savigny si le deuxième but des Lions n’avait pas commis une erreur en 8eme manche sur un roulant de Luc Piquet, erreur qui a permis aux Huskies de scorer trois fois et de revenir in extremis dans le match. « Ce qui a été déterminant, c’est ce jeu de routine raté qui aurait dû nous éliminer en ½ finale. Parce qu’une fois que les Huskies sont en finale, ils sont dans leur monde, ils retrouvent toutes leurs qualités, ils rejouent en équipe, portés par les leaders dont Luc Piquet qui a fait un tournoi de très haut niveau. »

Car en finale, même si Sénart a ouvert le score, les Rouennais n’ont jamais douté. Et le Homerun de trois points de Velazco a lancé la meute à la conquête du titre. « On a été a 100% de la première à la 9eme manche, confirme Esteban Prioul. On n’a jamais relâché la pression. Même quand on est passé devant avec beaucoup d’avance, on voulait continuer à marquer des points pour leur montrer qu’on ne lâche rien à Rouen. » Le jeune Hugo Blondel, qui a intégré l’équipe Élite cette saison, a vécu sereinement sa première finale. « On est rentré dans le match dès le début. L’équipe était vraiment soudé entre les jeunes, les plus anciens et les étrangers. Cela a rendu les choses plus faciles. Chacun fait ce qu’il a faire. Tout le monde joue son rôle, on joue tous pour l’équipe avant de penser à nos performances personnelles. »

François Colombier et Maxime Lefevre (Crédit Glenn Gervot)

ET MAINTENANT LA COUPE D’EUROPE

Rouen a donc remporté son premier objectif de la saison. Place maintenant au deuxième, au plus ambitieux. L’Everest. La coupe d’Europe qui va réunir les huit meilleures équipes d’Europe à Rotterdam du 6 au 10 juin. Ce Challenge fut une excellente préparation pour ce rendez-vous continental. Les joueurs en sont convaincus. « Oui, on ressent que le groupe devient plus puissant quand on est ensemble toute une semaine, quand on joue tous les jours », confirme Owen Ozanich. La version 2018 de la meute a connu quelques changements entre nouveaux joueurs et jeunes promus. Pour José Paula, l’un de ces nouveaux visages des Huskies, ces quelques jours passés ensemble vont permettre de consolider le collectif. « Je trouve que le challenge a été une très bonne préparation pour la Coupe d’Europe parce que ça nous a permis de rester ensemble, dans notre bulle, pendant quelques jours et de mieux nous connaître. On est capable de bien travailler ensemble. Ça nous rend plus solide. Je sens que plus qu’une équipe, nous sommes désormais une grande famille, prête à jouer ensemble pour remporter la Coupe d’Europe. »

Pour Yoann Vaugelade, la succession des matchs et surtout la victoire dans la difficulté vont faire progresser le groupe. « Le challenge a été compliqué et en le gagnant, on crée une bonne dynamique et d’avoir souffert, cela renforce l’esprit de groupe. Ce sera utile à Rotterdam. » Rotterdam où d’autres défis attend la meute. Le niveau va monter de plusieurs crans. François Colombier le sait. « Ce ne sont pas les mêmes enjeux, ce n’est pas la même compétition, ce ne sont pas les mêmes adversaires, ce n’est pas la même motivation. La Coupe d’Europe c’est autre chose. Nous avons gagné le Challenge, mais même si nous avions été éliminés en ½ finale par Savigny, cela n’aurait rien changé au fait que nous devrons de toute façon hausser encore notre niveau de jeu pour performer à Rotterdam. »

Il faudra en effet jouer beaucoup mieux dès le 6 juin face aux champions d’Italie pour espérer réaliser l’exploit dont rêve tous les Huskies. Mais à Rotterdam, les Rouennais changeront de statut. Cette fois, ce seront eux les outsiders.

Chargemente en cours de…