Rouen Montpellier: Cela commence ce dimanche pour les Huskies

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Les mauvais esprits prétendent qu’il y a tellement de nouveaux joueurs à Montpellier qu’ils sont obligés de porter des badges nominatifs pour se reconnaître. C’est bien évidemment faux, mais force est de constater que les Barracudas ont surpris tout le monde cet hiver et se montrant extrêmement actif sur le site Fédéral des mutations. Ils sont allés faire leur marché chez leurs deux grands rivaux, Sénart et Rouen, sont allé piocher dans les rangs du relégué volontaire, Toulouse, et dans celui du relégué sportif, Chartres, ils ont même totalement renouvelé leur personnel étranger, disant adieu à l’emblématique Will Musson (un morceau pas facile à remplacer, celui-là), et allant chercher leur bonheur en Allemagne et au Venezuela.

Cela presqu’une dizaine de nouveaux joueurs, avec en tête d’affiche un quatuor Perdomo / Hereaud / Dagneau / Boucheron qui a amené avec lui 147 coups-sûrs (.323de moyenne), 42 extra bases-hits, 45 bases volées, 76 RBI. S’y sont ajoutés un jeune lanceur vénézuélien qui lance le feu, un catcher américain issu de la Bundesliga, donc habitué aux joutes européennes, un noyau dur inchangé et toujours très compétitif. Et, puisque l’ADN des Barracudas ne ment pas, c’est aussi toute une nouvelle génération, celle des Antonac, Kovacs, Marin, Brossier, Raphoz et les autres qui vient compléter un effectif extrêmement fourni et complet (27 joueurs utilisés lors des 5 premières journées)

MONTPELLIER 2017

Avec tout ce beau monde, Montpellier s’est pris à penser au titre, et c’est normal puisque cela fait depuis 2006 qu’une Coupe n’a pas été brandie par un joueur des Barracudas, ce qui fait très long pour une des plus prestigieuses équipes françaises. Jean-Michel Mayeur veut gagner, si possible maintenant, et il a les moyens humains pour y parvenir.

Phase décisive

Sauf que le début n’a pas été tout à fait dans les critères d’un futur champion. Un match échappé contre Savigny, un autre sauvé de justesse contre le PUC et surtout deux grosses défaites à domicile contre Sénart ont mis un peu Montpellier en difficulté. Certes, les Barracudas seront demi-finalistes sans trembler, ce qui n’est pas très compliqué pour les gros canons dans ce championnat de plus en plus déséquilibré, mais ils ont grillé leurs jokers dans la course à la 1re place, qui est synonyme de demi-finale un peu plus aisée à disputer. Et s’ils s’inclinent deux fois à Rouen ce dimanche, ils seront à 5 matches des Huskies (et sans doute à 4 matches de Sénart), ce qui paraîtra extrêmement compliqué à remonter.

Donc Montpellier vient à Rouen avec des idées précises dans la tête : faire oublier le dérapage de la précédente journée contre les Templiers. Reprendre sa place dans la lutte pour la première place du podium. Et faire ce qu’ils ne cessent de faire depuis plusieurs saisons, compliquer la vie des Huskies.

Montpellier

Les Rouennais, eux, sont parfaits en ce début de saison. Enfin, parfaits, si on regarde le ratio victoires / défaites : 10-0, c’est certain qu’on ne peut pas faire mieux, mais en regardant au plus près dans le déroulement des matches, on mesure que la machine rouennaise a parfois montré quelques ratés. Ce n’est pas bien grave, c’est même logique. D’abord, Keino Perez n’a jamais pu compter sur l’ensemble de son effectif. C’est plutôt bien, cela lui a permis de faire monter la nouvelle génération, celle en 2000 ou après (ce qui, au passage, ne rajeunit pas certains dirigeants historiques des Huskies). Celui lui a permis aussi de montrer que la relève est déjà prête, avec l’éclosion méritée d’Esteban Prioul, devant la pièce maîtresse d’un monticule terriblement dominant. Et surtout, Keino sait pertinemment qu’il ne sert à rien d’être à 100 % dès la première journée. Les Huskies ont des dates bien précises en tête, ils savent le moment où il faudra commencer à tourner à plein régime, et , justement, on y arrive. À onze jours du challenge de France, à un peu plus de trois semaines de la Coupe d’Europe, Rouen rentre dans la 1re phase décisive de sa saison, celle des grands rendez-vous, celle où il n’y a qu’une seule obligation, mais c’est la plus belle : tout gagner. La venue de Montpellier marque en quelque sorte le vrai début de la saison des Rouennais. Ils se sont fait les dents face à des adversaires de bas de tableau, ils doivent maintenant montrer leur vrai visage, monter dans les tours, afficher cette attitude à la fois sereine et impitoyable qu’ils imposent au baseball français depuis quinze ans. Dimanche, Keino Perez aura tout son monde sous la main, il pourra mettre en marche le line-up et la rotation qu’il souhaite, décidé à parfaitement réussir ce premier virage.

Léo Cespedes (Rouen Huskies)

Montpellier est le test parfait pour juger de la réelle valeur des Rouennais. Parce que les Barracudas présentent des statistiques offensives supérieures aux Rouennais : ils frappent collectivement pour . 307 contre .292 pour la Meute. Et si on ne considère que les matches contre les mêmes adversaires (Saint-Just, Montigny, PUC, Savigny), la différence est encore plus grande pour les sudistes : .327 contre .270. Pas de doute, l’attaque de Montpellier a fait mieux que celle de Rouen, et elle très bien équilibrée, avec le facteur X en plus, celui de Bastien Dagneau, qui avait crucifié l’an passé Montpellier d’un home-run en 9ème manche, et qui rêve surement de faire la même chose contre son ancienne équipe. Au monticule, même si Rouen est un peu au-dessus, il sera intéressant de voir le défi vénézuélien entre Rojas et ses 14,6 K/9 manches et un Jonathan Jaspe en feu depuis le début de la saison. Ce n’est qu’un exemple, car tous les affrontements seront tendus, passionnants, dans ce genre de match où chaque lancer veut dire quelque chose.

Pendant un mois, l’édition 2017 des Huskies va être face à son destin : elle devra continuer dans la lignée de ses glorieuses devancières, gagner le challenge, briller en Coupe d’Europe. C’est toute l’exaltation du sport de haut-niveau. Cela commence ce dimanche, au stade Pierre-Rolland, contre les Barracudas.

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