« On sent vraiment une montée en puissance du club » – Xavier Rolland

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Xavier, 2016, année parfaite ?\r\n\r\nParfaite, je ne sais pas… Ce qui est sûr, c’est qu’elle a été riche en émotion, en joie, en partage et en titres… Champions de France D1, N1, 15U… Un 8e challenge de France… Nous avons aussi remporté, et c’est une première pour le baseball français, la Coupe d’Europe CEB… C’est pas mal en effet…  Mais au-delà des titres, je retiens surtout l’ambiance au stade, le public, très nombreux, l’enthousiasme des bénévoles… En 2016, on a encore vécu des moments forts ensemble. On sent vraiment une montée en puissance du club depuis deux ans. Un monde fou aux matchs, des partenaires de plus en plus nombreux, des projets de développement…\r\n\r\n \r\n\r\nQuel titre vous a fait le plus plaisir cette saison entre les 3 remportés par la D1 ?\r\n\r\nToutes les victoires ont cette même saveur. Chaque titre a son histoire. Le Challenge, il fallait être costaud pour aller gagner à Sénart et c’est le premier titre de la saison, ce qui t’enlève un peu de pression… la Coupe d’Europe par ce que c’était à la maison, devant une foule record… parce que c’était la première Coupe d’Europe A gagné par un club français… le titre de champion, parce que c’est le plus important, celui qui concrétise la meilleure équipe et qui clôt la saison… L’addition des titres, notre palmarès qui s‘étoffe chaque année. Les coachs, les joueurs, les bénévoles, les dirigeants, continuent de m’impressionner !\r\n\r\nOn ressent toujours le même frisson, la même excitation ?\r\n\r\nOui toujours. Que ce soit en Élite ou en N1, c’est une joie très intense. On travaille fort pour vivre tout cela. On vit assez mal les défaites en fait, alors on fait tout pour que cela n’arrive pas (sourires). Quand on perd, cela nous travaille pendant des semaines. Et dès qu’un titre est gagné, on pense déjà au suivant. On ne se repose jamais en fait.\r\n\r\nLes U15 finalistes (puis vainqueurs  sur tapis vert) du championnat de France, c’est important ?\r\n\r\nÉnormément. On a été champions de France 12U deux fois, en 15U, c’est une première même si on aurait préféré gagner sur le terrain. C’est une belle génération qui grandit et qui franchit les paliers. J’ai hâte de voir certains de ces jeunes jouer en division 1 prochainement. Être champion en D1 et en jeunes, cela montre la qualité de la formation au club. On mise beaucoup sur nos jeunes et ça paie. Je regrette simplement que nos garçons ne soient pas plus nombreux en équipe de France.\r\n\r\nRouen qui gagne tout, certains disent que ce n’est pas une bonne chose pour le baseball français…\r\n\r\nHa bon ? On ne va pas faire exprès de perdre. On ne va pas s’excuser. Aux autres de venir nous chercher. Mais ne croyez pas que c’est facile. La N1 a disputé une demi-finale épique face à Saint-Lô. Demandez-leur si ça a été simple ! La Division 1 a dû disputer quatre matchs, dont un en prolongation, pour battre une équipe de Sénart très compétitive. C’est la grande force du club, cette capacité à ne rien lâcher, à être présent dans les moments clés de la saison. On adore les play-offs et les finales.\r\n\r\nCette domination quasi-exclusive depuis 15 ans de votre club n’est-elle pas finalement un handicap pour le baseball français. Les Huskies sont-ils l’arbre qui cache une forêt en mauvais état ?\r\n

Non, je ne crois pas. Le championnat est plus fort aujourd’hui qu’il y a quelques années. Regardez en République tchèque, Brno domine encore plus. Et le baseball se développe très vite dans ce pays. Et puis si certains pensent que c’est facile, qu’ils viennent voir comment les gars s’entraînent toute l’année, les tours de piste qu’ils effectuent, les milliers de kilos qu’ils lèvent, les bleus, les douleurs… C’est d’ailleurs incroyable de voir le temps investi dans le travail comparé au temps de plaisir d’un titre, qui est très bref. Mais quand vous avez gouté à l’euphorie de la victoire, vous ne pensez plus qu’à une chose : revivre cela.

\r\nEt puis il y aussi la N1 qui gagne. C’est une obligation que vous donnez à vos coaches : gagner toujours et partout ? Il y a de la pression, à Rouen ? \r\n

Le seul qui a cette pression, c’est Keino Perez (sourires). Lui le sait, on doit remporter des titres en Élite. Mais je n’ai pas besoin de discuter des heures avec lui sur ce sujet, car nous partageons la même ambition. C’est un compétiteur qui rejette la défaite. Pour les autres, ils n’ont pas l’obligation d’être sacrés champions de France. Leur objectif est avant tout de faire progresser nos joueurs et nos jeunes en particulier. Si en plus, on est champion, alors bravo !

\r\nParlez-nous de Keino Perez. Cela fait bientôt 12 ans qu’il est en France. Il a été un gagneur exceptionnel au monticule, avec plus de 100 victoires, aujourd’hui il manage l’équipe à la perfection. Quel est son secret ? \r\n\r\nJe le disais, Keino est un compétiteur intransigeant. Il est très rigoureux, travaille beaucoup, ne lâche rien avec ses joueurs. Il est arrivé en 2005 au club et c’est devenu l’un des personnages majeurs de l’Histoire du club. D’abord comme joueur, vous le rappeliez avec plus de 100 victoires, et ensuite comme manager. Nous lui avons confié l’équipe en 2012 et il a appris à Rouen son métier. Nous avons tout fait pour l’aider et lui offrir les meilleures conditions pour l’exercer. Sur le terrain, c’est lui le boss. Et il va continuer à prendre de l’importance dans notre organisation. Il grandit avec le club.\r\n\r\n

xavier-et-keino

Xavier Rolland et Keino Perez, une complicité entre le président et le manager des Huskies.

\r\n\r\nEn hiver, les joueurs soulèvent de la fonte et révisent les fondamentaux en salle. Que font les dirigeants pendant ce temps ?\r\n\r\nC’est notre saison à nous (sourires). On travaille beaucoup. Travaux terrains, recherche de sponsors, communication, recrutement… On essaie d’améliorer les choses année après année.  Beaucoup de réunions pour que tout soit prêt en mars pour le début de la saison. Des titres se gagnent durant cette période.\r\n\r\nEn 2017, les ambitions seront les mêmes ?\r\n\r\nBien sûr. On tentera de conserver nos titres nationaux, le titre de champion de France et le Challenge…\r\n\r\nchallenge-2017\r\n\r\nChallenge qui se déroulera à Rouen du 24 au 27 mai d’ailleurs…\r\n\r\nOui, ce sera d’autant plus important de s’imposer, car nous jouerons devant nos fans. Et nous aurons besoin d’eux. C’est une très belle compétition et on remercie la fédération de nous avoir confié son organisation. On commence à travailler sur l’organisation pour que la fête soit belle.\r\n\r\n2017, c’est le retour à la Coupe d’Europe des champions,  la « grande » coupe d’Europe (du 6 au 11 juin). C’est tout juste 10 ans après la formidable épopée de San Marin et la finale contre Kinheim. Ça vous donne des idées ?\r\n\r\nOui, avec un plateau impressionnant avec trois italiens, deux allemands et deux hollandais. Pas mal non ? On va s’attaquer à l’Everest. Nous serons le petit poucet mais on a l’habitude. On jouera nos chances à fond, comme d’habitude…\r\n\r\nOn connaît déjà le recrutement ?\r\n\r\nCôté départ, Bastien Dagneau nous quitte. C’est une grosse perte, car Balou était un membre important de l’équipe (il rejoint Montpellier pour poursuivre ses études) et de la sélection française. Son départ, c‘est un pincement au coeur. Notre lanceur international Yoann Vaugelade va s’envoler pour les États-Unis. Il va jouer en collège en Floride, nous sommes très heureux pour lui. C’est un garçon formidable et il va vivre l’un de ses rêves. On lui souhaite bonne chance.\r\n\r\nEn revanche, côté arrivées, on a engagé Leo Cespedes. Il est membre de l’équipe de France, il lance et joue en champ extérieur. Il jouait la saison dernière à Cuba et c’est un compétiteur qui va nous apporter beaucoup. Larry Infante, notre arrêt court, devrait être de retour pour une troisième saison. Inutile de vanter ses qualités de joueur, mais c’est aussi un leader sur le banc et sur le terrain. Son expérience nous sera utile également en Coupe d’Europe.\r\n\r\nPour les jeunes ?\r\n\r\nD’abord, en Élite, nos jeunes vont continuer à se développer. Je pense à Esteban Prioul, notre lanceur gaucher notamment, mais aussi Valentin Durier, Alexy Mendy ou Hugo Blondel par exemple…\r\n\r\nOn continue notre travail de formation. Plusieurs champions de France 15U changeront de catégorie d’âge. On va regarder si on peut disputer la Pony league zone Europe en tant que champion de France en 16U.\r\n\r\nUne équipe 18U ?\r\n\r\nOn aimerait. On étudie cette possibilité. Mais il faut un championnat, un coach, des créneaux horaires disponibles pour le terrain… pas simple, mais on aimerait garder ce groupe des 15U ensemble… Cela fait 5/6 ans qu’ils jouent ensemble et on veut continuer à les faire progresser.\r\n\r\nUn mot sur le soft ?\r\n\r\nOn doit continuer à développer cette section mixte. Il y a une super ambiance dans le groupe qui participe à de nombreux tournois. Sous l’impulsion de Thomas Massé, on organise aussi plusieurs rendez-vous à Rouen, en extérieur comme en indoor. C’est un axe de développement important, car tout le monde peut jouer, c’est ludique… On veut aussi participer au développement du soft 100% féminin.\r\n\r\nOn sait que vous attachez beaucoup d’importance à faire évoluer l’outil de travail du club, en l’occurrence le terrain Pierre-Rolland. Quels sont les projets pour les prochains mois ?\r\n

Oui, chaque année, on cherche à améliorer nos infrastructures.  Nous avons entamé des discussions avec nos partenaires, mais on a des projets ambitieux. On réfléchit sur un bâtiment derrière la tribune. Les plans d’architecte sont prêts. On veut aussi poser des brises vues en champ extérieur… Et surtout, on travaille sur l’installation de l’éclairage. Le dossier avance. Mais ce sont des dossiers lourds… et longs à mener. On en reparlera quand cela sera plus concret, mais c’est un dossier prioritaire. On doit se voir avec les collectivités très prochainement. Cela nous offrira plus de créneaux pour les matchs, nous aurons aussi l’opportunité d’accueillir de grandes compétitions internationales. C’est indispensable pour continuer à développer le club et se positionner parmi les places fortes du baseball en Europe.\r\n\r\n 

\r\n2016, cela a été l’année des trente ans des Huskies. On ne va pas vous demander comment vous voyez les Huskies en 2046, c’est peut-être un peu lointain comme perspective, mais d’ici cinq ou dix, que sera devenu votre club ?\r\n\r\nNous sommes en train de travailler sur un document, une sorte de « business plan » sur 10 ans. Il est encore trop tôt pour développer, mais on doit être ambitieux. En terme d’infrastructures avec un deuxième terrain dans l’agglomération, de formation avec le développement de l’Académie, avec l’envoi de nos meilleurs jeunes vers les États-Unis et la MLB. Cela passe aussi par plus de recettes. Vous avez vu le nombre de spectateurs lors de la Coupe d’Europe ou lors de la finale. Il faut continuer à séduire nos fans et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. Rouen veut continuer à être la locomotive du baseball français et être une place forte du baseball européen. Mais en 2046, ce seront d’autres qui seront aux manettes. J’espère juste être encore là pour avoir une belle loge pour assister aux matchs en tant que Président d’honneur (sourires).