Léo Cespedes, l’enfant de la Havane, à Rouen

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Bonnet enfoncé sur la tête, Leo Cespedes frappe des balles à l’entrainement. La nouvelle recrue des Huskies le reconnaît, le plus dur pour le moment, c’est la température. Rouen n’offre pas les mêmes températures que la Havane. « Le froid, c’est un peu dur, mais tout le reste, ca va très bien ».\r\n\r\nL’Histoire de Léo Cespedes se partage entre les caraïbes et la France. Né à Cuba, à la Havane le 14 janvier 1994, il décide de partir en France à l’âge de 13 ans. « J’ai voulu rejoindre mon père qui était à Paris. Il est musicien». Les premiers mois sont durs. « L’adaptation en France, oui, cela a été compliqué. Déjà, je ne parlais pas français. Mes amis, ma famille, me manquaient. Et je ne parle pas du climat ! » Mais six mois plus tard, il se retrouve sur un terrain de baseball « Je ne savais pas qu’il y avait des clubs en France. Ca m’a aidé à m’intégrer ! » C’est à Toulouse que le jeune Léo fait ses armes en Division 1 et commence à se faire une jolie réputation. En 2014, il frappe .349 et lance pour un ERA de 1.58 (moyenne de points concédés sur une moyenne de 9 manches lancées) en 62 manches 2/3 lancées. IL rejoint la saison suivante Sénart où il se concentre sur la position de lanceur. Ses stats ? Un ERA de 1.57 en 52 manches lancées. « D’ailleurs la dernière fois que j’ai joué sur le terrain Pierre Rolland, j’avais remporté la victoire », rappelle-t-il en souriant. C’était le 14 juin 2015 et Sénart avait battu Rouen 5/1 et Léo avait lancé huit manches (pour 5 hits concédés).\r\n\r\n

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Léo Cespedes, le néo rouennais, sous le maillot de l’équipe de France lors des Championnats d’Europe 2016

\r\n\r\nEntre temps, Il obtient la nationalité française et intègre les Bleus il y a quatre ans. A son actif, deux World Baseball Classic Qualifier. L’hiver dernier, à Panama city, c’est lui qui lance pour la France face à l’Espagne. Huit manches 2/3 pour la première victoire de la France dans la WBC. Il participe aussi à deux championnats d’Europe avec quatre matchs comme lanceur starter (pour un bilan de 3 victoires pour une défaite). Ses qualités ? « Je suis assez rapide sur les bases et j’ai un peu de puissance au bâton. Je suis polyvalent, je vais jouer en champ mais je peux aussi venir lancer pour terminer un match ».\r\n

Léo se frotte aux meilleurs joueurs de Cuba

\r\nEn 2016, Léo décide de retourner dans la perle des Caraïbes et de tenter sa chance dans le championnat national. « J’étais lanceur. J’ai d’abord joué dans mon ancien club, Playa. J’ai participé aux championnats provinciaux. Puis j’ai été dans les présélections des équipes de moins de 23 ans et dans l’équipe professionnelle des Industriales de la Havane. » Ses journées sont harassantes. Levé dès 7 heures du matin, une heure de trajet pour aller au stade, deux heures de travail spécifiques de lanceur, puis direction la salle de musculation. « Je rentrais bien fatigué chez moi, mais ça a payé, car j’ai réussi à gagner ma place dans l’équipe des -23 ans mais malheureusement, je me suis blessé à l’épaule et j’ai perdu ma place. Les Industriales m’ont quand même invité à leur camp d’entrainement de 14 semaines. Le niveau était très élevé et je n’ai finalement pas été retenu pour faire partie de l’équipe. Il y a beaucoup de concurrence et de très bons joueurs sur l’ile. Le baseball est le sport roi. Mais je ne regrette pas cette expérience car je pense que j’ai beaucoup progressé, surtout dans l’aspect mental. Les coachs donnaient des conseils mais surtout, ils disaient que la seule vérité, c’était celle du terrain. Tu avais intérêt à performer en match ».\r\n

« Les gars le connaissent très bien, ils sont contents qu’il soit de notre coté et non pas sur le monticule adverse » – Owen Ozanich

\r\nAujourd’hui, c’est sur les bords de Seine que Léo passe ses journées, sous la direction de Keino Perez. Un manager rouennais ravi. « Je suis très satisfait de compter Léo dans mon effectif. C’est d’ailleurs tout le groupe qui a réagi positivement à sa venue. Les gars étaient très heureux, cela faisait plaisir à voir. Pour sa première saison, j’attends de lui qu’il intègre notre approche du jeu. J’attends de lui la même chose que pour tout autre joueur : jouer collectif, être solidaire et se battre pour le groupe. Léo, c’est un garçon qui est capable de tout faire ! il va nous apporter de la vitesse sur les buts, il lance, il frappe… Et en plus, tout cela avec un mental solide. Il a vécu beaucoup de choses dans sa vie et il a déjà beaucoup de maturité. Et puis, il partage avec les Huskies un point commun : une envie de gagner énorme« . Et son intégration se passe bien dans un groupe dans lequel il a retrouvé plusieurs copains de l’équipe de France, comme Owen Ozanich. La lanceur rouennais l’a un peu pris sous son aile. « Léo, c’est un joueur qui travail très fort, assure Owen. Il apporte une énergie au terrain et une certaine confiance qu’il partage avec les autres. Il aime gagner et ça tombe bien parce qu’on aime ça aussi ici à Rouen. Il n’a que 22 ans mais a vécu pas mal de choses et même s’il est jeune, il va nous apporter de l’expérience. Je pense que son expérience à Cuba l’a fait progresser globalement comme joueur. Il arrive ici prêt à lancer et jouer en position. Son intégration se passe bien, personnellement, on se connait depuis longtemps, on a joué partout dans le monde ensemble (USA, Panama, Taiwan, Corée, Europe). Les gars le connaissent très bien, ils sont contents qu’il soit de notre coté et non pas sur le monticule adverse ». Car sous le maillot des templiers, Léo a souvent donné du souci aux frappeurs rouennais. « Quand tu joues à Sénart et que tu affrontes les Huskies, confirme Léo, tu sais que cela va être un gros week end de baseball. C’était des matchs à gagner (sourires). » En 2017, Léo Cespedes va désormais faire partie de la meute. Et s’en réjouit. « Les Huskies ont des super infrastructures, un excellent coach et un bon esprit de combat. Mon rôle dans l’équipe va être de closer les games quand ils seront serrés et d’aider un maximum l’équipe au bâton ». Et le nouveau champ extérieur des Huskies ne cache pas ses ambitions. «Avant tout, je veux gagner la Coupe d’Europe, le Challenge, le titre de champion de France. » Déjà un discours de Huskies !\r\n\r\nleo-avec-maillot-rouen