Keino Perez- « Beaucoup d’images se sont bousculées dans ma tête »

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Keino Perez. 12 ans séparent ces deux photos. En médaillon, lors de son arrivée à Rouen en 2005. Et lors du Challenge de France en 2017.

keino, comment as-tu vécu cette cérémonie de naturalisation

Quand je suis arrivé, je me suis dis que ce n’était qu’une cérémonie. Mais quand la Préfète a commencé son discours, j’ai ressenti énormément de nostalgie. Beaucoup d’images se sont bousculées dans ma tête. J’ai revu des moments importants de ma vie. Mon arrivée à Rouen. Mon mariage.  La naissance de Logan et de Luana. Et là… pffff…la naturalisation… la dernière pièce du puzzle, l’événement que je n’avais imaginé. Si quelqu’un m’avait dit cela, ce jour de 2005 où j’ai accepté de lancer pour le meilleur club français, je ne l’aurais jamais cru. J’ai souvent écouté la Marseillaise sur les terrains de baseball, mais là… C’était vraiment spécial et très émouvant.  Il y avait tous ces élus présents, toutes ces personnes qui, comme moi, souhaitaient devenir Français…. C’était merveilleux. Fort. Après, tu regardes autour de toi et là, tu aperçois toutes ces personne qui comptent pour toi. Qui ont tant compté depuis mon arrivée en France. Mon Franky (François Colombier), Pierre Yves (Rolland) ! Ils ont quitté leur travail pour assister à ce moment si spécial pour moi ! Deux personne qui ont toujours témoigné de leur amour et de leur respect à mon égard et à celle de ma famille. Il y au aussi mon pote Fred (Guern), plus récent dans notre Histoire. C’est un dirigeant qui compte depuis quelques années et c’est mon traducteur français officiel. J’ai aussi découvert dans mon dossier un mot signé Stephen Lesfargues, notre DTN, qui disait qu’il fallait régler ma demande de façon « Urgente »… J’ai aussi ces messages au téléphone du plus grand Président du baseball Français, Xavier Rolland, le numéro 1. Je pense aussi à mon tuteur dans mes études, Sylvain Virey. Il m’a énormément apporté dans ma vie, dans mon approche de la culture française. J’ai vu toutes ces personnes, et d’autres encore, qui m’ont permis de m’intégrer. Du plus profond de mon coeur, je vous remercie tous pour votre soutien permanent.

Qu’est ce que cela représente pour toi le fait d’avoir la nationalité française ?

Je pense à ma famille. Ce n’est pas un secret, mes enfant auront la nationalité plus tôt et j’aurai une vie plus stable à leur offrir. Et comme on dit au Vénézuela,  dans mon autre pays, un homme sans une femme de qualité à ses côtés, sera toujours une personne incomplète.  je veux remercier ma femme, Michelle, qui m’a soutenu, qui a toujours été à mes côtés dans le travail, dans notre quotidien familial… Elle m’a apporté cette stabilité spirituelle et sans elle, tout cela n’aurait pas été possible. Elle a quitté ses Pays-Bas pour me suivre dans mon aventure, elle m’a toujours soutenu, quelque soit la situation. J’ai beaucoup de chance de l’avoir à mes côtés. Je voudrais aussi remercier Xavier Rolland. Ma nationalité française, j’ai commencé à l’obtenir quand il m’a fait confiance, quand il a cru en moi. C’était en 2012 quand il m’a nommé manager. Il m’a confié son équipe, cela m’a montré combien il me faisait confiance, me respectait. Pour moi, cela voulait dire que je faisais partie de la famille, que j’étais intégré dans votre culture dans votre pays. Cela a tout changé.

Qu’as tu ressenti ?

Sentimentalement, c’est bouleversant. Je me sens français. Je travaille dur ici depuis douze ans. Ma famille s’est agrandie… C’est difficile de réaliser. Mon père, Pancho, doit fêter cela ce soir au Paradis.

Qu’est ce que cela change pour le baseball ?

Déjà, cela veut dire que je ne prends plus une place d’étrangers dans l’équipe. Cela va me permettre plus d’optons stratégiques. Je pense pouvoir encore lancer. De toute façon, j’ai un adjoint incorruptible (François Colombier) qui n’hésitera pas à me dire quand je devrai arrêter (rires). A titre personnel, comme joueur, j’ai encore des ambitions. Pas seulement dans la championnat de France. J’ai connu des hauts et des bas, mais j’ai eu la chance de compter sur une équipe soudée. Je vais attaquer 2018 avec beaucoup d’ambitions. L’idée de lancer en Coupe d’Europe par exemple est très excitant. Mais ce sera le cas seulement si j’ai le niveau, si je me suis bien préparé. Quand devrai-je arrêter de jouer ? « Time will tell ». Le temps le dira.  Moi, je sais ce que je dois faire, et comment je dois le faire. Et le compteur ne s’arrêtera pas à 13 (13, comme le nombre de titres de champion de France de Rouen -NDLR)

Keino Perez, né à Caracas et Français depuis le 25 janvier 2018.