Finale Rouen/Montpellier – Être à son meilleur

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Il est toujours agréable de retrouver les Barracudas en finale du championnat de France. C’est une équipe qui se construit sur la durée, sans recrutement tapageur ni excès de confiance, qui n’hésite jamais à lancer des jeunes dans la bataille, dont l’état d’esprit est irréprochable, qui se bat jusqu’au bout, qui cherche toujours des solutions pour gagner, un club solidement construit à tous les étages. Les Barraducas sont l’équipe française la plus régulière en haut des classements, et méritent vraiment de retrouver une place en Coupe d’Europe.\r\n\r\nLes mauvais esprits pourraient aussi dire qu’il est agréable de rencontrer Montpellier en finale parce que les Barracudas ont pris l’habitude de les perdre. Certes, mais une série est faite pour s’arrêter,  qu’elle soit victorieuse ou pas. Et Montpellier n’est pas passé loin à plusieurs reprises. Au challenge de France 2014, ce fut un home-un hors ligne qui leur coûta cher. Et tout rouennais se souvient de la finale 2011, quand il ne restait plus qu’un clou à enfoncer dans le cercueil des Huskies. Montpellier avait le marteau en main, mais l’a laissé échappé, et Rouen est revenu de nulle part. Sans deux mauvaises courses qui se sont transformées en retrait au marbre, la coupe aurait pu filer dans le Languedoc.\r\n\r\nLe Montpellier de 2015 a appris de ces déceptions, et semble mieux armé que ces prédécesseurs. Certes, la saison a été un peu compliquée, avec des défaites surprenantes (au total, 3 contre Toulouse et 2 contre Beaucaire), quelques corrections aussi (les 2 infligées par Rouen doivent encore trotter dans quelques esprits). Mais quelque chose a changé dans les play-offs. Une dynamique s’est installée contre Sénart. Il fallait être très fort pour surmonter la défaite en extra-inning du 1er match et la domination sénartaise du début du 2ème match pour exploser avec une manche de 10 points, puis résister au retour des Templiers. Il fallait l’être encore plus, en 8ème manche du match 4, avec un seul point d’avance, un coureur en 3, aucun retrait et le haut du line-up à venir pour s’en sortir sans prendre de points. Avec ce supplément d’âme en plus, en qui n’en manquent déjà pas, les montpelliérains peuvent se dire qu’ils sont capables de renverser toutes les situations ou de faire front quand la tempête menace. Cela peut peser dans la finale. De ces deux manches symboles, Montpellier a peut-être écrit les premières lignes qui lui feront retrouver un titre, 20 ans exactement après le dernier. 20 ans, c’est un bel âge pour célébrer de nouveau la victoire.\r\n

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Alors bien sûr, on peut secouer les statistiques dans tous les sens, Rouen domine partout son adversaire, après une saison régulière écrasante. Mais les feuilles de stats ne font pas une finale, quand la tension monte et que chaque lancer devient important. Et puis Montpellier peut aussi avoir un certain sourire en regardant les scores de l’année : 18-4, 14-0, 7-1, 2-1 : Rouen a décidemment de plus en plus de difficultés à gagner ses matches contre les Barracudas. Tendance forte ou simple hasard ?

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\r\nMontpellier possède quelques armes intéressantes : un haut de line-up très solide, au niveau de celui des rouennais, la fougue de la jeunesse des Guiraud et Walter qui peut renverser des montagnes, un pitching solide et complet. On y ajoute le savoir-faire de Jean-Michel Mayeur, qui n’a pas son pareil pour demander au bon moment le bunt ou le hit and run qui va faire mal à l’adversaire.\r\n\r\nDans les facteurs X de cette finale, la plaine de Veyrassi est souvent une morne plaine pour les équipes adverses. Ah, ces frappes slicées dans la droite qui rebondissent prêt de la ligne du champ droit, s’éloignent du défenseur pour des doubles ou des triples ravageurs. Ah ces line-drive qui traversent le champ centre et filent jusqu’à la clôture pendant que les sentiers se vident. Ah cette chaleur qui assomme, après un long trajet pour venir de l’autre bout de la France. On sait qu’il peut se passer beaucoup de choses sur ce terrain et que les changements de situation sont possibles à tout moment.\r\n

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Alors les Huskies sont prévenus : il faudra être à son meilleur pour s’imposer. Pour l’instant, tout va bien chez les Huskies. La saison régulière a été parfaite, le billet européen est déjà en poche après le Challenge, la ½ finale n’a pas été géniale mais a été solide.

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\r\nCertains regrettent peut-être que Sénart ne soit pas l’adversaire du jour, histoire de montrer au champion en titre qu’il ne s’agissait que d’un accident de parcours en 2014. Mais les Templiers, manifestement très fébriles, ont raté l’obstacle. Il ne faut pas que ce soit un motif de déconcentration pour les rouennais, qu’ils se disent que le plus dur est fait. Ils ont de vraies certitudes : en jouant leur meilleur baseball, en exécutant les jeux (ne pas donner de base supplémentaire en défense, faire avancer les coureurs en attaque…), en mettant comme ils l’ont fait toute l’année une pression incessante sur leur adversaire (de 1 à 9, ce line-up est une torture pour les lanceurs), en s’appuyant sur MacKenzie, l’arme fatale (beaucoup disent que Rouen mènent déjà 2-0 avec l’américain au monticule), ils devraient pouvoir s’imposer. Et répondre alors à cette question complexe : comment indiquer le chiffre 11 avec les seuls dix doigts de la main ?