Finale Les battes rouennaises doivent se réveiller.

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A moitié plein ou à moitié vide ? La traditionnelle image sur le verre vu par l’optimiste ou le pessimiste s’applique parfaitement au premier week-end de la finale 2017 (oui, il faut dire French Series pour être dans l’air du temps, mais comme le français est langue officielle du mouvement olympique, on préfère l’utiliser en soutien à la présence du baseball aux JO de 2024). Les deux équipes pourraient mener 2-0. Donc, finalement, elles peuvent se satisfaire d’être 1-1. Celui qui menait en 8è manche a perdu le match à chaque fois, ce qui en dit long sur le suspens qui a régné pendant deux jours, et aussi sur la difficulté du métier de closer.

Les Huskies peuvent s’en vouloir, après le très long et très haut home-run d’Infante qui leur donnait l’avantage dans le match 1, quand deux de leurs vétérans, défenseurs de haute compétence, qui ont joué et capté des centaines de balles du même genre, ont été déjoués par les projecteurs. Hagiwara qui juge mal un ballon hors ligne de Brown, pour un premier retrait qui aurait fait mal aux Templiers, ou Piquet qui laisse tomber un fly anodin de Townsend pour ce qui aurait du être un deuxième retrait, ce n’est pas normal, et ce furent trop d’opportunités données à l’attaque des Templiers. Mais ceux-ci ont aussi de quoi nourrir des regrets, alors qu’ils avaient la possibilité d’enfoncer un deuxième clou de fermer la porte aux Huskies, en 10è manche du match 2, Frederic Hanvi, revenu du bout du monde pour s’installer derrière le marbre, ne captait pas une troisième prise sur Gleeson puis récidivait avec Combes à la batte, donnant deux points aux rouennais. Deux points qui furent suffisants puisqu’une course un brin trop ambitieuse de Makapou mettait ensuite  fin au match avec une souricière, ce qui n’était encore jamais arrivé dans la longue histoire des matches entre les deux équipes.

Le dernier retrait du match 2 par Infante (crédit Glenn Gervot/FFBS)

Cap psychologique

Il serait trop réducteur de ne conserver que les erreurs de ces deux matches, qui furent marqués par des très grosses performances défensives, avec pas moins de 8 doubles-jeux tournés, et quelques moments dont on se souviendra souvent, joués à la perfection par les deux équipes, comme le retentissant double de Luc Piquet en 8ème manche du match 2, la superbe course de Valentin Durier, alors que la balle revenait très vite sur le relai Jiminian – Brown et le slide parfaitement exécuté par le jeune rouennais pour passer sous le tag de Fred Hanvi, un slide entré directement dans la riche histoire des grands jeux rouennais.

On est donc à 1-1, tout reste à faire, avec pour les Templiers un vrai casse-tête : comment prendre deux matches aux Huskies sur un week-end, ce qu’ils ne sont jamais parvenus à faire. Mais Sénart a passé un grand cap psychologique cette saison, lors de la ½ finale du Challenge de France, en remportant pour la 1ère fois un match à élimination directe contre Rouen. On a senti dans le 1er week-end que cette victoire avait enlevé de la pression aux Templiers, qui ont joué avec beaucoup plus de relaxation et de calme qu’à l’ordinaire. Sénart a montré une vraie solidité mentale, avec de la solidité en défense (alors qu’elle avait pêché en ½ finale contre Montpellier), un line-up très complet de 1 à 9 (avec toujours cette grande agressivité sur base qui met la pression sur l’adversaire), et un pitching au top (sans aucun doute la meilleure performance de Mottay contre les rouennais).

Rouen de son côté a été au niveau où on pouvait l’attendre. Une attaque un peu hésitante, comme elle l’a parfois été cette saison, parfois incapable d’enchaîner les bonnes frappes, mais parfois capable de sortir le gros coup-sûr au bon moment (mais à laquelle les battes de Lefevre ou Fromental manquent beaucoup), un pitching parfaitement rodé (10 K d’Ozanich, 9 manches ultra-dominantes de Granados, sa meilleure sortie de la saison), et une défense un peu trop friable, on l’a vu, pour que ce soit vraiment crédible.

 Déstabiliser les lanceurs

Rouen est maintenant chez lui, « dans le siège du conducteur », comme disent les québécois, avec toutes les armes pour aller chercher le 13è titre. Sénart a joué à son meilleur niveau, alors que tous les cylindres rouennais n’ont pas tourné à leur pleine puissance. Les sénartais savent qu’ils ne peuvent pas relâcher leur exigence d’excellence sous peine de voir les Huskies leur passer devant, et un Rouen qui prend le contrôle d’une finale, c’est pratiquement impossible à déstabiliser.

Comme souvent, comme toujours, ce sera un jeu ou deux, un détail, une frappe, un lancer, qui fera basculer une finale qui reste extrêmement indécise, et qui ne surprendrait personne si elle s’achevait au 5è match, ce qui n’est pas arrivé depuis 2011 et la remontada des Huskies qui avaient perdu leurs 2 premiers matches à Montpellier. 

Rouen sait ce qu’il doit faire pour s’imposer. Cela passera par l’attaque. 11 hits en 2 matches, ce n’est pas suffisant pour faire la différence. Les Huskies doivent être en mesure de sortir une grosse manche , à déstabiliser Urbina ou Mottay,  à les obliger à lancer sous pression et à ne pas commander la zone de prise comme ils l’ont fait le week-end dernier. C’est tout le line-up qui devrait être plus discipliné et surtout opportuniste, en ne ratant le lancer à frapper. Il sera temps alors de compter sur un coup de canon de l’une ou l’autre des grosses battes rouennaises. Mais ce n’est pas en attendant un home-run que Rouen fera la différence.

Les Huskies savent qu’ils peuvent compter sur leurs lanceurs partants pour les garder dans le match, c’est donc à leur bâton qu’ils devront d’aller chercher un nouveau triomphe.

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