D1 Rouen Sénart, le deuxième étage de la fusée

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Les puissants ordinateurs qui gèrent le calendrier de la D1 française (ou plutôt, les courageux bénévoles de la CNSB) ont bien fait les choses, en plaçant un Rouen – Sénart ce dimanche, en clôture des matches aller, une semaine après l’éprouvante finale du challenge de France. Certes, un match ne remplace jamais un autre, et quel que soit le résultat de ce week-end, la superbe des Huskies dimanche dernier restera acquise. Certes, on est loin de la finale, et le résultat de ce week-end n’empêchera les deux gros bras du championnat de se retrouver en finale pour un affrontement qui fait déjà saliver. Mais il reste quelques enjeux qui ne manquent pas d’intérêt.\r\n\r\n13131620_1336140283079815_8481141585252531972_o\r\n\r\nTout d’abord, se projeter sur les phases finales. Si la tendance se confirme, Rouen et Sénart termineront aux deux premières places. Cela veut dire, pour le 2ème de la saison régulière, une demi-finale à très haut risque contre les Barracudas, probables troisièmes. On ne va pas refaire l’histoire des Rouen – Montpellier, mais les Huskies ont très souvent eu des grosses difficultés à se sortir des pièges tendus par les poissons carnivores du Languedoc. Pour éviter cela, il leur faut passer devant les Templiers, et cela commence par une double victoire à la maison.\r\n

Tuer l’invincibilité

\r\nEnsuite, il y a l’impact psychologique. Rouen et Sénart, ce sont deux équipes qui ne s’aiment pas (on parle en terme d’affrontement sportif), qui rivalisent depuis presque une décennie. La première finale Rouen – Sénart, c’est en 2007, elle fut étouffante, terrible, historique avec la remontée des Huskies dans le match décisif grâce à une poussée en 8ème manche, tiens, cela vous penser à quelque chose ? Donc, un Rouen – Sénart, même en saison régulière, ce n’est jamais un match comme les autres. De cette rivalité qui embellit le baseball français (il en faudrait d’autres du même niveau pour rendre ce championnat vraiment passionnant) ,naissent des scénarios à couper le souffle. On veut dominer l’autre, lui montrer qu’on est le plus fort, en tout cas ne rien lui céder. Par exemple, Sénart, l’an passé, a mis un terme à l’invincibilité des Huskies. Les rouennais adoreraient rendre la pareille à leur rival.\r\n\r\n

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Jimmy Jensen, le lanceur américain de Sénart

\r\n\r\nLes deux équipes se sont jaugées dimanche dernier. Les Huskies ont fait connaissance avec James Jensen, la terreur du début de saison. Étaient-ce les consignes de Keino Perez, qui a surement constaté que l’américain n’avait lancé qu’un seul but sur balle depuis le début de la saison, mais en tout cas les rouennais ont été très agressifs. Ils n’ont concédé aucun strike-out (alors que Jensen tourne à 10,5 K / 9 manches en championnat), et ont choisi de mettre la balle en jeu, à l’image de la stratégie des Kansas City Royals. On ne peut pas dire toutefois qu’ils aient trouvé la solution à Jensen, avec un seul point en 6 manches, mais ils auront l’occasion de mieux s’ajuster par la suite. Chacun sait que dans un premier affrontement lanceur – frappeur, c’est généralement le lanceur qui prend l’avantage, mais que cela s’équilibre par la suite. D’ailleurs, Sénart fera peut-être lancer McNabb pour faire goûter une autre médecine aux rouennais.\r\n

Le club des six

\r\nMais puisqu’on parle de lanceurs, les Huskies ont démontré que leur rotation est l’une des meilleures, au moins des plus complètes, qu’on ait vues ces dernières années à Rouen. Les deux grands frères, Ozanich et Piquet, sont là pour donner le ton. Owen est le numéro 1 français, et personne ne peut prétendre le contraire après sa nouvelle démonstration contre Montpellier. Anthony reste ce gagneur incomparable, jamais aussi bon que quand les situations sont tendues, capables d’être utilisé avec autant de brio comme partant qu’en relève. Et que dire de Yoann Vaugelade, qui est le futur n°1 français, d’Esteban Prioul, qui gagne en maturité, de Pablo Ossandon, a qui Keino Perez a fait confiance dans des moments importants dans le challenge, de Perez lui-même, toujours capable de retirer n’importe quel frappeur à lui faire face. Ces six-là ont de quoi faire peur à toutes les attaques adverses, celle de Sénart y compris, même si son alignement est des plus redoutables. Mais pendant le Challenge, si les Templiers ont frappé collectivement pour .288, en enlevant Fréderic Hanvi (sera-t-il présent dimanche ?) la moyenne tombe à .231. Un signe de faiblesse ?\r\n\r\nL’attaque rouennaise, de son côté, est guidée par un Larry Infante qui semble parti pour réussir sa meilleure saison française, ce qui n’est pas peut dire. Avec des bougies d’allumage comme Medeiros (de plus en plus à l’aise), Combes ou Lefevre, le duo vénézuélien Infante – Jaspe va avoir du RBI en masse à se mettre sous la batte. En comme le bas d’alignement des Huskies fait exactement ce qu’on lui demande faire et que les joueurs qui sortent du banc sont aussi productifs que les titulaires, on se rend compte que toutes les planètes semblent bien alignées pour les rouennais.\r\n\r\nCela tombe bien, car avec ce programme double contre Sénart, Les Huskies entrent maintenant dans la 2ème phase de leur montée en puissance. La première, ce furent le début de saison, une sorte de grand camp d’entraînement pour mettre la machine en place, avec un premier objectif, la victoire au Challenge. Maintenant le sprint est un peu plus court, puisqu’il ne dure que trois semaines avant le début de la Coupe d’Europe, qui va mobiliser toutes les énergies des dirigeants et de bénévoles rouennais et toutes les ambitions des joueurs. On a eu la preuve la semaine passée que les Huskies aiment l’odeur des matches couperet, qu’il faut gagner à tout prix. À eux de savoir garder cet état d’esprit et continuer une montée en puissance qui pourrait faire du millésime 2016 un nouveau grand cru.\r\n\r\n

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L’arrêt court rouennais Larry Infante

\r\n\r\nLes autres matches\r\nMontpellier – Clermont.\r\n\r\nLes Barracudas ont été à la peine offensivement pendant le Challenge (.182 de moyenne collective). Vandry-Groleau devra être mieux entouré pour produire à la hauteur de son talent. Les Arvernes pourraient-ils en profiter pour créer une nouvelle surprise en aller chercher un match. Si leur artilleur Pete Gehle sort un gros match, ce n’est pas impossible du tout.\r\n\r\nChartres – PUC.\r\n\r\nLes French Cubs se sont fait du bien au moral avec leur belle victoire contre Montpellier.Leur regain de forme coïncide avec l’efficacité retrouvée de Douglas Rodriguez à la frappe. Si les autres battes chartraines se mettent elles aussi à produire, les Oursons pourraient remonter au classement. Mais cela passe par deux victoires impératives contre le PUC.\r\n\r\nToulouse – Savigny.\r\n\r\nLe potentiel toulousain tarde à s’exprimer. Les coéquipiers de Samuel Meurant restent un ton en-dessous du trio de tête du championnat, mais on suffisamment de marge pour faire la différence contre les équipes de bas de tableau. Même si Savigny ne se laisse jamais faire, on voit mal les Lions aller chercher un match dans le sud.\r\n\r\n
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