2007, il y a 10 ans…

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2007, l’année inoubliable

La saison 2007 fut sans doute la plus accomplie de l’histoire des Huskies. En guise de gâteau d’anniversaire, 10 ans plus tard, retour sur les évènements marquants d’une saison pas comme les autres.

20 mai : Finale du Challenge de France.

Les Huskies n’ont jamais remporté cette compétition. Ils ont de nouveau une chance, après avoir battu Montpellier en demi-finale, face à Toulouse. Cela ne se passe pas vraiment comme prévu en début de match, quand les Toulousains prennent les devants 4-1. En 8ème manche, face à Max Leblanc entré en relève, avec un score de 4-2, Kenji Hagiwara nettoie les sentiers d’un double retentissant et donne la victoire 5-4 à son équipe.

8 juin : Joris Bert drafté.

Louviers, Bois-Guillaume, Rouen, et maintenant Los Angeles ! La carrière de Joris Bert prend une autre dimension. Après avoir tapé dans l’œil des recruteurs américains grâce à une excellente saison hivernale, le n°27 des Huskies est recruté par la prestigieuse franchise californienne. Il est à jamais le premier français à connaître cette honneur.

Joris Bert, premier français drafté par un club de MLB. Le Rouennais signe avec les Dodgers de Los Angeles (Crédit Christophe Elise)

11 juin : Au bout du rêve.

Coupe d’Europe en Italie. Le premier tour fut déjà merveilleux, avec une qualification arrachée au bout du suspens contre San Marin. Mais cette demi-finale contre Rimini est énorme. Danny Scalabrini martyrise les frappeurs italiens (4 en 4, 2 doubles), Nicolas Dubaut est au sommet de son art, Keino Perez vient relever après un match complet de 185 lancers la veille, Flavien Peron est clutch quand il le faut, comme d’habitude, et Rouen élimine Rimini avant d’échouer d’un rien en finale contre Kinheim (1/3).

Les Huskies battent Rimini, le champion d’Europe en tire, en demi finale de la Coupe d’Europe. Pour la première fois dans l’Histoire du baseball européen, un club français est en finale.

28 juin : Les chiots aussi.

Après s’être fait les crocs en début de saison lors d’un tournoi international de prestige à Amsterdam, les minimes des Huskies jouent la première finale de championnat de France de leur histoire, et s’inclinent contre le grand Montigny.

12 août : A couper le souffle

Une finale en 3 jours, à Chartres, entre Sénart et Rouen, pour un scénario qui reste dans les mémoires. Sénart remporte le 1er match en 10è manche, puis les Huskies répliquent en gagnant les matches 2 et 3. Ils mènent en 8ème manche du match 4, la Coupe leur tend les bras, mais les Templiers renversent la table. Sur leur lancée, ils enfoncent le clou et prennent les devants 7-2 en début de 5ème match. Mais Nicolas Dubaut (quelqu’un nous expliquera-t-il un jour pourquoi et comment il n’a pas été élu MVP de cette finale ?) vient éteindre l’incendie, les frappeurs rouennais (Le Guillou, Peron, Marche) se mettent à l’ouvrage et les Huskies s’imposent 9-8.

Rouen sacré champion de France après une finale haletante et pleine de rebondissements.

7 septembre. En bleu aussi.

Avec 9 rouennais dans ses rangs, la France bat l’Italie en Championnat d’Europe pour la première fois de son histoire.

28 septembre. La Coupe de France

Dernier trophée à aller chercher, la toute nouvelle Coupe d France. Là encore, Rouen s’impose 8/7 face à Sénart.

LES TEMOINS

Kenji Hagiwara est l’un des vétérans de l’équipe. Dix ans plus tard, il se souvient de l’esprit de compétition qui animait le groupe qui a tout renversé en France et en Europe. POur la première fois, une équipe française se qualifiait pour la finlae de la Coupe d’Europe des clubs champions. Un tremblement de terre, vécu avec une certaine insouciance par un groupe de copains.  

L’image que je garde en moi de cette année incroyable, c’est principalement celle de l’équipe, un groupe solide avec pleins de profils différents, qui étaient au final très complémentaires. Une ambiance de groupe super entre jeunesse et expérience. Nous n’étions pas la plus talentueuse équipe de Rouen, mais certainement la plus compétitive ! Mon meilleur souvenir ? Juste après le dernier match de poule de la coupe d’Europe (à San Marino). Nous ne savions pas si nous étions qualifiés car nous étons ex æquo avec les Italiens. Il y a eu un moment de flottement à la fin de la rencontre. On a attendu et on nous a annoncé que nous étions qualifiés ! Un moment juste inimaginable quand on repense au contexte de l’époque. Sincèrement, je n’avais conscience de rien du tout. Nous prenions tellement de plaisir à être ensemble et sur le terrain que nous je ne pouvais pas avoir assez de recul pour comprendre que nous vivions une saison historique. Même en finale, je n’y pensais pas, nous étions comme des gamins, inconscient mais surprenant!

Les Huskies se qualifient pour la demi finale en battant les champions d’Italie, San Marin, sur son terrain !

Je pense que chaque saison nous arrivons à avoir une bonne atmosphère dans l’équipe. J’ai fait de très belle rencontre, je me suis fait de très bons amis tous les ans. Mais je le répète, cette année était particulière pour moi. Même si beaucoup d’entre eux ne sont plus là, je pense bien à eux (Bibi, popy, jobert, crook, peter, le big, moochi, LA, mister france, dany, francky, karl, seb etc..,). Que de moments magiques passés ensemble cette année là ! Nous ne sommes plus que trois dans l’équipe maintenant à avoir vécu ces exploits. Luc (Piquet), Keino (Perez) et moi et je pense que nous avons tous les trois encore en tête cette équipe! Ferons nous aussi bien 10 ans plus tard ? 2007 est sans aucun doute possible la plus grande saison de Rouen à ce jour, j’espère bien évidemment qu’elle ne le reste pas longtemps ! J’ajoute pour terminer que la finale du championnat de France fut un peu plus compliquée. Bon, Rouen n’a jamais perdu la finale du championnat de France et c’est la seule chose qu’il faut retenir!

Sébastien Bougie est  retourné dans sa Belle-Province. Le Québécois a fait ses débuts de manager à Rouen. Et n’a rien oublié ! 

2007 ! J’y pense très souvent. Déjà 10 ans, pour moi cela représente deux choses : cette saison inoubliable et mon retour au Québec après trois ans passée à Rouen. Un séjour qui m’a transformé et fait grandir. Je suis resté très attaché à la France et aux Huskies, même après une décennie.

Mes images, mes souvenirs sont tellement nombreux… Nous avions une équipe avec énormément de leadership, Boris (Marche), Dany (Scalabrini), Keino (Perez), Nicolas (Dubaut), Luc (Piquet). Ce sont vraiment des gagnants, jouant avec une intensité incroyable tous les matchs. Ces joueurs montraient comment on doit se comporter sur un terrain de baseball, en particulier face à des adversaires de très haut-niveau.

L’équipe arrivait à maturité, Kenji (Hagiwara), Luc, Boris, Flavien (Peron) étaient vraiment à leur top. Nos jeunes étaient extrêmement talentueux, David (Gauthier), Pierre (LeGuillou), Philippe (Lecourieux), Joris (Bert). De plus, Joris a été le premier Français drafté en 2007. Nos jeunes croyaient vraiment en nos vétérans, l’équipe était très soudée. Le recrutement de nos étrangers avait été extraordinaire (Dany Scalabrini, Karl Mejholm) et comblait vraiment nos lacunes. Keino était de retour, il était au sommet de sa forme et avait une confiance incroyable en ses moyens. Dany nous amenait tellement de confiance, les jeunes l’adoraient, il avait vraiment le don d’être à son meilleur, contre les meilleurs. Karl était un lanceur incroyable capable de battre n’importe qui en Europe, il comblait une faiblesse en profondeur chez nos lanceurs.

La coupe d’Europe? Parmi mes deux plus beaux souvenirs de toute ma vie de baseballeur. Avec le championnat junior gagné avec le Québec en 2001. Je pourrais encore décrire chacun de nos matchs avec précision. Notre gestion de nos lanceurs a été parfaite du début à la fin, en compagnie de François (Colombier) et Boris (Rothermundt), nous avions convenu ce planning et il nous a rapporté. Karl a été magistral contre les Espagnols, ils n’ont frappé aucune balle solidement. Keino a démontré du caractère et de l’engagement contre San Marin, il a été en mission pendant toute la semaine. Nicolas a livré l’une des plus belles performance d’un lanceur français contre les Italiens en demi-finale. Toute ma vie, je me souviendrai de Keino qui entre en relève quelques heures après avoir lancé 173 lancers la veille. L’admiration pour l’homme et l’athlète était palpable dans le dugout. En finale, Karl et Philippe (Lecourieux) limitent les puissants Hollandais à trois points. Nous les avons vraiment regardé dans les yeux, nous étions à un ou deux jeux près de gagner. J’ai raconté le côté baseball, mais mes souvenirs ne s’arrêtent pas là. La semaine a été fantastique, l’hôtel, la plage, les gars, le staff, les fans, tout était parfait. J’ai encore des frissons en pensant à notre dernière soirée, tous ensemble à chanter et danser jusqu’au bout de la nuit, avec tout le monde qui nous avait rejoint sur la plage de Rimini, dans ce bar de plage. C’est une énorme fierté pour moi d’avoir été le coach de cette équipe si spéciale.

La finale du championnat 2007? Notre équipe a puisé tellement profondément dans ses ressources, jamais je ne reverrai cela. Un petit bémol, avec le recul, je crois que je n’aurais pas dû jouer, c’était très difficile de jouer et coacher en même temps. Sochon, Perez, Mejholm, Dubaut ont tenu tête à une magnifique équipe de Senart, juste assez pour permettre à nos gars de revenir et faire plus beau et improbable comeback que j’ai vu.

Trop de souvenir se bousculent quand je pense à 2007, des week-end à l’appartement à St Sever, en passant par toutes nos performances indescriptibles… Je me rappelle des boys, de « mes joueurs » pendant quelques mois, des êtres humains fantastiques. À chaque fois que j’entends la chanson de Mika, Relax, Take it Easy, toutes ces images me reviennent en tête, en mémoire. Je voudrais dire merci à tous les gens qui ont contribué. Jamais je n’oublierai ! Pour terminer, François Colombier, a été le meilleur coach avec lequel j’ai coaché, un homme intelligent, intègre et passionné. Merci pour tout Franky !

Sébastien Bougie, le premier en haut à gauche et « ses boys ». Romain David, Philippe Lecourieux, Keino Perez. Nicolas Dubaut, Luc Piquet, Kenji Hagiwara, Karl Mejholm. Joris Bert, Giovanni Ouin, Francois Colombier, Flavien Peron. David Gauthier, Dany Scalabrini, Brian Deler, Boris marche.

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