2013: la 10nastie rouennaise

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José Rodriguez

Rouen a connu une année 2012 fastueuse. Les dirigeants savent que le risque de décompression existe la suivante. Il faut mettre su du sang neuf.

Arrive les ex pros José Rodriguez (Venezuela, lanceur ex AAA) et Brian Ramirez (arrêt court Pecos League).

L’Australien Mat Smith est également de retour.

Rouen ne rate pas le premier grand rendez-vous de la saison. Le Challenge de France qui se tient à Paris. Les Huskies écrivent une nouvelle fois un scénario incroyable face à Sénart en finale. En 6me manche, Sénart mène 7/1.

Pourtant, les templiers vont vivre l’enfer. Rouen marque huit fois dans cette manche. Les coups tombent de tous les côtés et Sénart est sonné 9/5.

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Rouen remporte le Challenge de France après un incroyable comeback en finale face à Sénart

C’est Barcelone qui attend Rouen pour une nouvelle aventure européenne. Malgré neuf absents, Rouen multiplie les grosses performances avec la classe biberon du club (Vaugelade, Dagneau, Combes, Gleeson… tous moins de 20 ans).. Défaite crève coeur face à Brno 1/0 en 9me manche, idem face à Barcelone 2/1…Mais Rouen bat Kinheim, les néerlandais champions d’Europe 2007 (face à Rouen !!) 9 à 7. Le Huskies se battent mais n’éviteront pas les poules de barrages en septembre pour le maintien de la France en groupe A. « Beaucoup de déception, c’est vrai, reconnait Xavier Rolland, mais il faut aussi regarder les points positif. On a jouédu très bon baseball, nos jeunes ont beaucoup appris et cela va les faire grandir. Ils ont été au niveau. Nous avions un effectif très réduit (9 absents) et nous savions que ce serait dur, nous avons d’ailleurs perdu nos matches dans les toutes dernières manches. On va s’appuyer sur cette Coup d’Europe pour continuer à progresser. Il nous a manque un peu plus de réservoir, un peu plus d’expérience pour être plus opportunistes. C’est la Coupe d’Europe, le meilleur niveau européen… Mais je suis fier de ce qu’ont montré les Huskies ici à Barcelone, nous sommes très près des meilleurs.»

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Rouen Barcelone et une défaite cruelle 2/1

L’Europe reste d’actualité pour Rouen. Les 12U, champions de France, partent disputer l’European little league sur les magnifiques installations de Kutno en Pologne. Quatre défaites pour une victoire. Les chiots découvrent le haut-niveau européen et le chemin à parcourir, encore.

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Les 12U de Rouen participent à la European Little League en Pologne, la Coupe d’Europe des enfants.

Puis en septembre, Rouen organise la poule de barrage pour maintenir la France dans le groupe A, le top européen. Moscou et Anvers sont les adversaires. Ce sera une formalité. 11/5 face aux Belges. 7/0 face aux Russes. Reste le titre à conserver. Ce serait le 10me. L’adversaire est une nouvelle fois Sénart. Tout commence bien avec un Rouen en mode rouleau compresseur et une victoire 10/2 dans le match 1. Mais une finale face à Sénart n’est jamais simple. Dans le match 2, Rouen va regretter les occasions ratées. Sénart marque deux fois en 1ere, Rouen réagit d’un point en 2me… Puis plus rien. En 9me, Hagiwara est en première, Marche frappe un simple. Rouen peut avoir des coureurs dans les coins sans retrait mais Hagiwara tente le marbre. Il est coupé. Tournant du match.\r\n\r\nA Rouen, lors du week end 2, Cespedes sur la butte pour les Templiers fait taire l’attaque rouennaise. 4/0. Et Rouen une fois de plus dos au mur en finale. Mais les Huskies ne tremblent pas en s’imposant 7/3 puis 10/2 dans l’ultime match avec pour Rouen un jeune lanceur de 18 ans, Yoann Vaugelade. Rouen rentre dans le club très fermé des champions de France à deux chiffres. Une véritable 10nastye.

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Brian Ramirez

Quelques jours plus tard, même terrain Pierre Rolland. La catégorie d’âge a changé. Pas le scénario. Les 12U de Rouen sont sacrés champions de France en battant Thiais puis Boé (47) en finale. Antonin Dubos est le MV (5 en 6 avec 2 triples, 1 doubles, 4.1IP avec 9K face à Thiais). Les jeunes prennent exemple sur leurs aînés et conservent leur couronne.

LA FINALE 2013 VUE PAR… YOANN VAUGELADE 

Quand Yoann Vaugelade s’est levé le dimanche 8 septembre 2013, il n’aurait jamais pu imaginer la journée qu’il allait vivre. Même dans ses rêves. Il y avait bien une finale à jouer. Mais lui, le jeune lanceur de 18 ans, le rookie, comment aurait-il pu savoir que quelques heures plus tard il serait champion de France, héro du match décisif et désigné MVP ? Non. Impensable. Et pourtant. 

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Yoann Vaugelade, MVP de la finale à 18 ans !

« Quand je pense à la finale 2013, le premier souvenir qui revient, c’est cette pression, énorme, que j’ai ressenti lorsque j’ai appris que j’allais lancer le dernier match. Ensuite, et c’est ce qui m’a le plus marqué, c’est la sérénité qui régnait dans l’équipe, même lorsqu’on a été menés au score. C’était ma première finale et en plus, dès ma première saison en D1 ! Je ne m’attendais vraiment pas à un tel scénario, pas à lancer ce dernier match. A la fin du match 4, Keino (Perez, le manager) nous a tous réuni pour débriefer le match. Et en plein milieu de son discours, il me lance une balle de match et me dit « c’est toi qui lance, sois prêt ! » J’étais un peu perdu sur le moment, ça a fait rire les autres. J’ai envoyé un message à mon père, pour lui dire que j’allais lancer le dernier match et je suis allé m’asseoir au fond du champ pour faire redescendre la pression. Puis, j’ai commencé ma routine d’échauffement.Je me souviens que la défense a fait un travail génial, ils m’ont vraiment mis en confiance. On était menés 2 à 0, mais tous les anciens étaient calmes et disaient qu’on allait retourner la situation. Leur sérénité était incroyable pour moi. Il y a un jeu qui m’a marqué. A deux retraits en 9éme manche, roulant à l’arrêt court. C’est le dernier mort ? Mais Brian Ramirez fait un mauvais relais vers David (Gauthier) en première. Le gars est sauf. Je me suis dis « c’est pas possible, ce match va jamais finir ! Je n’en pouvais plus, on n’était plus qu’à un seul 1 retrait d’être champions… J’avais une boule dans le ventre. Je voulais en finir et être champion ! Finalement, grâce à une grosse performance collective, on remporte le titre. Je n’en revenais pas d’avoir lancé un match complet dans le 5eme match d’une finale. Le titre de MVP que j’ai reçu a été l’apothéose de cette journée. J’étais au téléphone avec mon père pour lui raconter le match quand Didier Seminet (le Président de la Fédération française) a annoncé que j’étais le MVP de cette finale. Je n’en revenais pas, je ne m’attendais pas à vivre une telle journée. »