Keino Perez « A Rouen, c’est le collectif qui prime, c’est le collectif qui a bâti le palmarès du club »

| Publié par | Catégories : Baseball, Clubs, Compétition, Équipes, Fédé et Ligue, Joueurs

Décalage horaire, baisse brutale de température… Le retour du Panama a laissé des traces. Rentré mardi matin en France, keino a déjà retrouvé son jardin préféré, le terrain Pierre Rolland. Interview pour Paris-Normandie, puis entrainement… Coach Perez mange, boit, respire baseball. Le manager des Huskies, qui a été sélectionné comme lanceur en équipe de France, en convient. Il est crevé. Mais il a aimé jouer pour la France. Il a aimé les Bleus. Et il regarde avec appétit la saison qui approche\r\n\r\nKeino, un mot d’abord sur la WBCQ. Quel bilan dressez-vous du parcours de la France ?\r\n\r\nC’est une génération qui me fait penser à Rouen, une équipe soudée avec un seul objectif commun, peu importe l’adversaire. On n’avait peut-être pas la meilleure défense, la meilleure attaque ou le meilleur pitching du tournoi, certes, mais on a mis de l’intensité en permanence et on avait le mental le plus solide. On a joué avec notre cœur, on a joué en équipe, on a battu l’Espagne et on a bousculé durant cinq manches le Panama dans ce match décisif. Devant son public. Et tout cela avec notre jeune rouennais Yoann Vaugelade sur le monticule. Il attendait ce type de match depuis longtemps et il a grandi.\r\n\r\nVous avez lancé avec le maillot de la France (keino est né au Venezuela), contre l’Espagne. Emouvant ? \r\n\r\nCe n’est pas facile d’affronter une équipe qui vous connaît très bien. On s’est jeté sur eux dès le début, on a bataillé, on s’est sorti avec succès de situations chaudes… Ernesto Martinez était clutch au bâton et les lanceurs n’ont rien lâché pour remporter cette victoire historique pour le baseball français.\r\n\r\n

kieno-france

Comment mieux remercier le pays qui m’a accueilli ? Le baseball français m’a offert une chance incroyable dans ma vie. Quelle émotion que de porter le maillot France. En plus, jouer la WBC, c’est le rêve absolu de tout baseballeur dans le monde. C’est le top !

\r\n\r\nCette équipe de France peut-elle réussir un grand championnat d’Europe ? \r\n\r\nC’est notre ambition. C’est faisable. Cette équipe de France élève son niveau depuis deux, trois ans. 2016 doit être l’année des Bleus.\r\n\r\nPlace au championnat. Avec pour débuter, Clermont dimanche. Vous étiez huit aux USA et au Panama en mars. Cela a perturbé le travail collectif de pré-saison ? \r\n\r\nBien sûr, la préparation de ceux qui sont restés à Rouen n’a pas été la même. On n’a pas pu travailler le collectif. Mais ceux qui étaient en Arizona puis au Panama ont, en revanche, bénéficié d’une préparation de haut-niveau. Le groupe va s’adapter rapidement.\r\n\r\nRouen a tout gagné en 2015. Comment faire mieux ? \r\n\r\nVous connaissez les mots clés du baseball. Attaque, défense et pitching (lanceurs). On va présenter une équipe très équilibrée sur ces trois aspects du jeu. Nos jeunes comme Yoann (Vaugelade), Bastien (Dagneau), Dylan (Gleeson), Esteban (Prioul) seront plus forts que l‘an passé et vont avoir un rôle important à jouer.\r\n\r\nMcKenzie est parti, un joueur pas facile à remplacer… \r\n\r\nOn ne doit pas oublier que les Huskies n’ont jamais compté que sur un seul joueur. A Rouen, c’est le collectif qui prime, c’est le collectif qui a bâti le palmarès du club. On n’a pas cherché à remplacer Jeff McKenzie. Vous avez vu notre pitching staff (équipe de lanceurs) ? J’ai déjà des lanceurs de talents et d’expériences avec Owen (Ozanich), Yoann (Vaugelade), Marc-André (Habeck), Antony (Piquet), et j’ajoute Pablo (Osandon), Esteban (Prioul) et moi… A mon avis, on est bien comme cela. L’équilibre dans le groupe, c’est vital, c’est la clé dans ce sport. On est toujours très attentif à cela chaque année. L’équilibre du groupe est capital.\r\n\r\nTaylor, Infante, Medeiros, Dagneau… Rouen va aligner de gros bâtons, capables de sortir la balle. Le style de jeu sera différent de 2015 ?\r\n\r\nOn devrait marquer plus de points. Sans oublier Maxime Lefevre, le meilleur frappeur rouennais 2015, Luc Piquet « le tueur », Kenji Hagiwara « le pro », Oscar Combes « briper »… On est pas mal du tout. On a des arguments et notre équipe sera sûrement très fatigante pour les lanceurs adverses. Notre moyenne de frappe, de points marqués (RBI), de Homeruns, de hits, de bases volées devrait être plus élevées.\r\n\r\nRouen sera plus spectaculaire avec cette puissance au bâton ? \r\n\r\nOui mais attention, il ne faudra pas se reposer là-dessus. Pour la cohésion d’équipe, on doit faire attention de ne pas compter uniquement sur la grosse frappe. On devra aussi savoir construire les points par des petits jeux, comme nous avons l’habitude de la faire pour réussir.\r\n\r\nDes jeunes doivent confirmer cette année ? Prioul ? Ossandon ? Vaugelade ? C’est leur saison ? \r\n\r\nC’est vrai. Je crois que Vaugelade a déjà confirmé son statut comme l’un des aces de Rouen avec Owen Ozanich. Quant à Prioul et Ossandon, ils travaillent forts, progressent et ne sont pas loin de devenir clunch sur la butte pour nous.\r\n\r\n
keino

Comme manager, je pense m’améliorer chaque année. Dans mes choix tactiques mais aussi dans la gestion du groupe et dans ma relation avec mes joueurs. Je commence à me sentir de mieux en mieux dans ce costume.

\r\n\r\nToulouse s’est bien renforcé, Chartres aussi, Sénart et Montpellier également… Toutes ces équipes paraissent plus fortes qu’en 2015. Le niveau monte selon vous ? \r\n\r\nCela donne cette impression en effet.  On va observer chaque équipe. On ne doit aps oublier aussi qu’aucune équipe n’est à l’abri de blessures.\r\n\r\nQui sera votre plus dangereux adversaire ? \r\n\r\nJe n’aime pas répondre à ce genre de questions. D’abord parce que je suis un très mauvais pronostiqueur, mais aussi parce que je ne veux pas donner de crédit à d’autres équipes. Il y a de très bons étrangers dans toutes les équipes, après chacun doit trouver la cohésion dans son groupe, ce qui n’est pas toujours facile.. Donc faire des pronostics avant le début du championnat, c’est trop tôt.\r\n\r\nChampionnat, Challenge, Coupe d’Europe, vous voulez tout gagner ? \r\n\r\nBien sur, toutes les équipes rêvent de tout remporter. Mais toutes ces compétitions sont difficiles. Il suffit parfois d’un mauvais appel de l’arbitre, d’une erreur défensive pour que le favori se fasse sortir. On va se concentrer sur chaque rendez-vous. Un match après l’autre. N’allons pas trop vite.\r\n\r\nVous attaquez votre 5e saison en tant que manager. Vous sentez vous de plus en plus expérimenté ? \r\n\r\nExpérimenté ? Oui. J’ai déjà connu des succès et des échecs comme manager et c’est comme cela qu’on se construit. Je pense m’améliorer chaque année. Dans mes choix tactiques mais aussi dans la gestion du groupe et dans ma relation avec mes joueurs. En tant que manager de Rouen, manager de l’équipe de France universitaire, coach de l’équipe de France, mais aussi en travaillant aux côtés de Sylvain Virey, j’ai beaucoup appris et je l’avoue, pour le joueur que je suis, je commence à me sentir de mieux en mieux dans ce costume.