Demi Finale D1 – Comme on se retrouve !

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Le 16 août dernier, dans un après-midi ensoleillé au stade Pershing, les Huskies ont assisté à un spectacle dont ils avaient perdu jusqu’au souvenir. Voir des adversaires se sauter dans les bras en criant de joie après les avoir éliminés en championnat de France. Toutes les séries ont une fin, et les Huskies ont choisi de perdre une demi-finale à chaque année se terminant en 4 (2004, Montpellier, 2014, PUC), puis de se remettre au travail, de mettre en rebus les mauvaises habitudes, de reconstruire une formation gagnante en évitant la crise. La saison régulière a parfaitement rempli cette mission : par la grâce d’un recrutement réussi, d’une motivation retrouvée, d’une maturité grandissante, les rouennais ont survolé la saison, ont renoué avec un titre (le challenge), et se retrouvent en toute logique grands favoris pour rajouter une ligne de plus à leur palmarès. Et comme le hasard fait bien les choses, ils retrouvent sur leur chemin ceux-là même qui les ont éliminés l’an passé.\r\n\r\n

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Crédit bernardvinc photographie

\r\n\r\nPlus que d’une revanche (une notion un peu bancale, une victoire cette année n’enlèvera rien à la défaite de l’an passé),  c’est surtout l’occasion de remettre les pendules à l’heure et l’église au milieu du village qui est proposées aux rouennais. Enfin, c’est la 1ère étape du programme. Car une victoire contre le PUC ne serait pas une fin en soi. Rouen est programmé pour remporter le titre, son titre, pour affirmer toujours plus haut et plus fort qu’elle est la meilleure équipe française du XXIè siècle, laissant aux parisiens ce titre pour le siècle passé. Mais bon, avant de jouer une finale, il faut gagner une demi-finale. Et tout indique que cela pourrait bien ne pas être une formalité. D’abord en raison de ce curieux calendrier qui pénalise les 2 premiers du championnat, les empêchant de jouer pendant 3 longues semaines. Les Huskies se sont certes entraînés, mais pendant ce temps les parisiens jouaient 5 fois, deux contre Sénart et 3 contre Toulouse. Rien ne remplace la compétition, le fait d’affronter des lanceurs, de jouer sous pression. Forcément, les battes et les bras rouennais seront un peu rouillés samedi au moment du play ball. Et puis les rouennais ont lâché un peu de lest en fin de calendrier, un peu moins dominants qu’à l’ordinaire, comme si un second souffle était nécessaire à trouver. Rien de bien grave, mais un sentiment diffus que la mécanique n’est pas tout à fait aussi bien huilée qu’au printemps.\r\n

C’est surtout l’occasion de remettre les pendules à l’heure et l’église au milieu du village qui est proposées aux rouennais

\r\nOn peut toutefois faire confiance aux rouennais pour se montrer à la hauteur des circonstances. Ils ont la profondeur suffisante au monticule pour ne pas craindre que la série se prolonge, ils ont un alignement offensif qui n’offre aucun répit aux frappeurs adverses (par exemple, se dire qu’on vient de passer le haut du line-up, puis se retrouver face à un Bastien Dagneau au 7ème rang n’a rien d’amusant), et une défense qui offre suffisamment de garantie pour répondre positivement au fameux dicton : « ce sont les défenses qui gagnent les championnats ». Les Huskies, s’ils ont bafouillé leur jeu l’an passé, n’ont pas non plus complètement oublié leur expérience des rendez-vous décisifs. Des matches compliqués en play-offs ou en Coupe d’Europe, ils en ont gagné des dizaines, ils savent attendre leur heure quand il le faut et frapper sans pitié le moment venu.\r\n\r\nSi les rouennais doivent se montrer méfiants, c’est aussi que la qualification des pucistes face à Toulouse est le genre de performance qui soude un groupe, le rend plus fort, le persuade qu’il est capable de tous les exploits. L’affaire était en effet très mal engagée pour les parisiens. Perdre le 1er match avec son « as » au monticule, ce n’est pas la meilleure façon de débuter un « 2 de 3 ». Mais les deux victoires qui ont suivies, si elles ne sont sans doute pas les plus prestigieuses de la riche histoire de ce grand club, comptent sûrement parmi les plus excitantes.\r\n\r\n

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Douglas Rodriguez (Paris)

\r\n\r\nLe mot est à la mode, et il convient parfaitement pour le PUC : résilience. Il fallait en avoir pour ne pas s’affoler après avoir encaissé 1 point en 1ère manche et 2 en 3ème manche (1-3). Tout semblait alors indiquer que Toulouse se dirigeait vers une qualification tranquille. Mais le PUC a su refaire son retard avec des poussées de 2 et 3 points en 5è et 6è manche, orchestrées par qui d’autre que Douglas Rodriguez. Mais pour lui, finalement, c’est de l’ordinaire que de porter son équipe sur ses épaules. Il faut surtout s’attarder sur la performance de Maximin Monbeig qui a choisi le meilleur moment pour lancer la meilleure performance de sa jeune carrière. Lui qui n’avait pas lancé de match complet depuis 2011, à l’âge de 17 ans et demi, face à Sénart, a tenu la distance contre Toulouse, bien aidé par un solide Eddie Murray à l’arrêt-court.\r\n\r\nA 1 victoire partout, les pucistes ont encore fait preuve de beaucoup de solidité dans le match 3. Ils ont été secoués dès la 1ère manche avec 3 hits de suite, aucun retrait et le très dangereux Belen Fanhoni au bâton. Mais là où un Douglas Rodriguez aurait certainement cogné un coup-sûr productif, le brésilien s’est compromis dans un double jeu qui fut sans doute le point tournant de ce ¼ de finale. Les pucistes égalisaient en 2ème manche, et prenaient un avantage décisif en 6ème, avec comme héros cette fois-ci Oscar Saavedra qui a produit les 3 points de son équipe. Jérôme Dussart a revêtu son habituel costume de guerrier pour fermer la porte aux toulousains dans les 5 dernières manches. Après avoir résisté en 6è, 7è et 8è avec des coureurs en position de marquer, mais sans donner de point, il en concédait un wild pitch en 9è qui place le point égalisateur en 2, mais s’en sortait par un roulant à l’arrêt court.\r\n\r\nDans cette qualification, les pucistes ont démontré d’intéressantes vertus morales capables de renverser bien des montagnes. Ce ¼ de finale, comme le 3ème match de la saison contre le PUC, sont autant de signaux d’avertissements forts utiles pour les Huskies. Ils doivent savoir que rien ne sera facile les deux prochains week-ends.