SAN FRANCISCO (Etats-Unis), 15 nov 2007 (AFP) - Barry Bonds a été inculpé jeudi dans le cadre de l’enquête sur le laboratoire Balco, un scandale de dopage aux stéroïdes qui a coûté leur carrière à plusieurs athlètes dont la sprinteuse Marion Jones. Bonds, 43 ans, détenteur depuis août du record de "home-runs", l’un des plus recherchés de l’histoire du sport aux Etats-Unis, est visé par cinq chefs d’inculpation au total, quatre pour parjure et un pour entrave à la justice. Le bureau du procureur fédéral de San Francisco a indiqué que M. Bonds devrait répondre devant la justice d’avoir menti à une chambre d’accusation "à propos de son usage de stéroïdes anabolisants et d’autres produits dopants, alors qu’il était sous serment". S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement par chef d’inculpation de parjure et dix pour celui d’entrave à la justice. Il pourrait donc être condamné jusqu’à 30 ans de prison ferme. Le joueur est convoqué devant un juge fédéral le 7 décembre à San Francisco pour une première audience. Barry Bonds est le détenteur du record absolu des "home-runs", un coup de batte envoyant la balle en dehors du terrain et permettant à son équipe de marquer jusqu’à quatre points en une seule fois : 762, soit sept de plus que la légende des Milwaukee Braves Hank Aaron. Mais ce record a été entaché de soupçons de dopage et le joueur s’est retrouvé au centre d’une controverse ces dernières années puisque, après avoir affirmé qu’il n’avait jamais pris de stéroïdes, il a indiqué n’en avoir jamais utilisé "sciemment". Même si Bonds n’a jamais été contrôlé positif à ces substances, un livre écrit par deux journalistes affirmait qu’il avait pris différents types de stéroïdes et d’hormones de croissance à partir de 1998. Après 15 saisons passées chez les San Francisco Giants, Bonds a été récemment informé qu’aucun nouveau contrat ne lui serait proposé pour 2008. Le scandale Balco, du nom d’un laboratoire de la région de San Francisco, ébranle le sport américain depuis plus de quatre ans et a déjà fait tomber plusieurs athlètes de premier plan.
L’enquête avait commencé en juin 2003, lorsque l’Agence antidopage américaine avait reçu un appel anonyme accusant des athlètes d’utiliser un nouveau produit dopant, plus tard identifié comme de la THG, un stéroïde synthétique. En octobre 2006, le fondateur de Balco, Victor Conte, a été condamné à quatre mois de prison et quatre ans de résidence surveillée pour distribution de produits dopants et blanchiment d’argent. Le vice-président du laboratoire James Valente a été condamné à une mise à l’épreuve, alors que l’entraîneur Greg Anderson, qui s’était occupé de Bonds, a été condamné à trois mois de prison et trois mois de résidence surveillée. Un autre entraîneur, l’Ukrainien Remy Korchemny, a aussi été condamné à une mise à l’épreuve tandis que le chimiste Patrick Arnold, créateur de la THG, également appelé "The Clear", a reçu une peine de trois mois de prison.
Mais le développement le plus récent et le plus spectaculaire a été l’aveu en octobre par Marion Jones, triple championne olympique en 2000 à Sydney, qu’elle avait pris de la THG de Balco entre 2000 et 2001. Elle a rendu ses médailles après avoir plaidé coupable devant la justice américaine. La liste des sportifs compromis dans cette affaire compte une trentaine de noms, dont le Britannique Dwain Chambers, la championne du monde déchue du 100 m et du 200 m des Mondiaux 2003, l’Américaine Kelli White et l’ancien recordman du monde du 100 m et père de l’enfant de Marion Jones, Tim Montgomery. tq/tes AFP
LA PRESSE CANADIENNE
Le cogneur Barry Bonds est accusé de parjure et d’entrave à la justice
SAN FRANCISCO - Barry Bonds a été accusé de parjure et d’entrave à la justice, jeudi, au terme d’une enquête fédérale d’une durée de quatre ans qui cherchait à déterminer s’il avait menti sous serment devant un grand jury.
La mise en accusation est survenue trois mois après que le joueur de baseball de 43 ans eut dépassé Hank Aaron à titre de meneur de tous les temps au chapitre des circuits en carrière.
Bonds a coupé les liens avec les Giants de San Francisco à la fin de la saison 2007 du baseball majeur.
Pendant que Bonds tentait de rattraper Aaron, un grand jury travaillait derrière portes closes afin de peaufiner une mise en accusation longuement préparée.
Bonds aurait menti sous serment devant un grand jury qui enquêtait sur la consommation de stéroïdes chez les athlètes d’élite.
"Au cours de l’enquête, on a obtenu des preuves, dont des tests positifs de la présence dse stéroides anabolisants et d’autres produits dopants pour Bonds et d’autres athlètes," peut-on lire dans l’acte d’accusation.
Les Giants ont dit à Bonds vers la fin de la saison qu’ils ne retiendraient pas ses services et il est maintenant joueur autonome.
"Je suis surpris, a dit John Burris, un des avocats de Bonds. Mais il y avait un plan en place pour coincer Barry depuis longtemps. Je suis curieux de savoir quelles preuves ils ont maintenant qu’ils n’avaient pas auparavant."
Selon l’accusation, Bonds aurait menti quand il a dit qu’il ne savait pas que les susbtances que lui donnaient son entraîneur Greg Anderson étaient des stéroides . Il a aussi dit qu’il n’avait pas pris de stéroides en 2001 quand il tentait d’établir un nouveau record de circuits.
Il est aussi accusé d’avoir menti quand il a dit qu’Anderson ne lui avait jamais injecté des stéroides.
"Greg ne ferait pas une telle chose, avait dit Bonds quand il témoignait en 2003 en réponse à la question à savoir si Anderson lui avait déjà injecté des stéroides. Il ne le ferait pas parce qu’il sait que je suis opposé à ces choses-là."
Bonds a terminé la saison avec un total de 762 circuits, sept de plus que Aaron. En 2001, il avait établi un nouveau record en claquant 73 circuits.
Bonds a dit à maintes reprises qu’il n’avait jamais pris de produits dopants consciemment et il n’a jamais subi un test positif de la part du baseball majeur.
On a réagi rapidement à la Maison Blanche. On sait que le Président Bush est un des anciens propriétaires des Rangers du Texas.
"Le Président a été très déçu d’apprendre cela, a dit son porte-parole Tony Fratto. Mais comme cette affaire est maintenant devant les tribunaux, nous nous abstiendrons de faire tout autre commentaire. Mais c’est certes un jour triste pour le baseball."
L’ancien sénateur George Mitchell, qui dirige une enquête sur l’usage des produits dopants dans le baseball, n’a pas voulu émettre de commentaires. C’est le cas également du vice-président du Temple de la Renommée du baseball Jeff Idelson.
Bonds est devenu le personnage le plus connu dans l’enquête fédérale mise sur pied en 2002 à l’issue du raide du laboratoire BALCO, un laboratoire qui servait de centre de distribution de stéroides.
Bonds doit se défendre depuis plusieurs années et une ombre a toujours accompagné ses exploits. Le fils de l’ancien joueur des ligues majeures Bobby Bonds avait fait son entrée dans les grandes ligues en 1986 à titre de voltigeur longiligne qui volait des buts.
Mais à la fin des années 1990, il avait pris du muscle et pesait 240 livres. Même son crâne avait pris du volume. Sa prise de poids s’était accompagnée d’une force physique accrue.
On s’attendait depuis plus d’un an qu’il soit mis aux arrêts.
En juillet 2006, un procureur de San Francisco, avait rendu l’enquête publique. Après l’expiration de son mandat de 18 mois, il a remis le tout devant un grand jury.
Anderson était au centre de l’enquête. Il a passé toute l’année en prison pour avoir refusé de témoigner devant le grand jury.
Selon ce qu’a appris le San Francisco Chronicle, Bonds aurait témoigné en 2003 disant qu’il avait pris les deux substances, "the Cream" et "The Clear" que lui avaient données Anderson, supposément pour lui permettre de guérir plus rapidement de ses blessures.
Ces substances ressemblent en tout point aux stéroides distribuées par le fondateur de BALCO Victor Conte. Mais sous serment, Bonds a dit qu’il croyait que Anderson lui avait donné de l’huile de lin et du baume pour traiter l’arthrite.
Les enquêteurs et le public en doutaient.
Les procureurs ont tenté de faire témoigner Anderson pour prouver que Bonds avait menti, mais quand il a refusé de le faire, on l’a emprisonné pour mépris de cour.
Anderson a par ailleurs plaidé coupable d’avoir distribué des stéroides et d’avoir blanchi de l’argent.
Conte a lui aussi passé trois mois en prison après avoir plaidé coupable à une accusation de distribution de stéroides.
Patrick Arnold, chimiste qui a créé le stéroide artificiel THG, James Valente, vice-président de BALCO, et l’entraîneur d’athlétisme Remi Korchmeny ont aussi tous plaidé coupable dans cette affaire.
Des douzaines d’autres athlètes connus ont été impliqués dans l’affaire BALCO, dont Jason Giambi, des Yankees de New York, qui a dit devant le grand jury s’être injecté des stéroides obtenus chez BALCO, et le voltigeur Gary Sheffield, des Tigers de Detroit, qui a dit sous serment que c’est Bonds qui l’avait présenté aux gens de BALCO.
Le commissaire du baseball Bud Selig a dit prendre la chose très au sérieux.
"Je n’ai pas vu l’acte d’accusation et même si en Amérique on est présumé innocent tant et aussi longtemps qu’on n’a pas prouvé qu’on est coupable, je prends ces accusations très au sérieux et je vais suivre de très près tout le déroulement de cette affaire," a dit Selig.
Quant au président de l’Association des joueurs, Donald Fehr, il s’est dit attristé d’avoir appris la mise en accusation de Bonds.
"Il faut se rappeler cependant que le procureur a mentionné qu’il s’agissait seulement d’allégations et qu’on a le droit à la présomption d’innocence dans ce pays et que Barry Bonds a les mêmes droits que tous," a dit Fehr.
[16/11/2007]











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