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Rouen dans les cordes

Le pire scénario s’est produit pour les rouennais, dominés par Montpellier qui prend une avance de 2-0 dans la finale 2011. Les Huskies vont-ils avoir les ressources nécessaires pour réagir ?

Le week-end prochain, la météo devrait être froide et humide sur le terrain Pierre-Rolland. Les joueurs et les supporters du Rouen Baseball 76 peuvent y voir le signe que c’est une nouvelle finale qui commence. Oublié le soleil et la chaleur montpelliéraine, on rejoue dans des conditions à la Normande, sur un terrain où aucun adversaire ne fait la loi impunément.

Si évoquer cette tendance météo peut paraître un peu superficiel, c’est qu’après la correction subie lors des deux premiers matches de la finale 2011, les Huskies doivent s’accrocher à tous les signes positifs pour espérer renverser le cours des choses.

Les Barracudas ont fait le nécessaire pour se donner une solide avance. Après avoir démontré leur capacité à ne rien lâcher dans le premier match, ils ont infligé aux rouennais une de leur plus terribles défaites depuis bien longtemps. Les Huskies ont été dominés du 1er au dernier frappeur du match, coincés dans les cordes, maltraités par des adversaires qui ont fait preuve d’un terrible opportunisme.

Le ton était donné dès la première frappe du match, celle de Gregory Cros qui trouvait un des rares espaces que le rapide outfield rouennais pouvait laisser. Après un BB à Didier, Montpellier n’hésitait pas à demander l’amorti sacrifice à son 3ème frappeur, Zuaznabar. La stratégie portait ses fruits, puisqu’Anthony Cros ne se privait pas pour envoyer son frère au marbre sur un ballon sacrifice.

Les rouennais, vexés de la défaite de la veille, pensaient démarrer le match à 100 à l’heure, ils se retrouvaient déjà à courir après le score. La situation allait s’aggraver pour eux en 3ème manche, quand deux erreurs défensives permettaient aux Barracudas de remplir les sentiers. Zuaznabar se retrouvait au bâton dans cette situation hautement favorable, comme la veille en 10ème manche. Mais au lieu d’un roulant au lanceur et d’un double-jeu, l’arrêt-court cubain frappait une flèche au centre qui envoyait deux de ses équipiers au marbre. 3-0, puis 4-0 à la manche suivante, avec une nouvelle erreur de l’infield rouennais et cette fois un simple de Gregory Cros pour faire payer à la défense des Huskies le moindre de ses relâchements.

Pendant ce temps, Laurent Andrades accomplissait avec l’attaque rouennaise le même travail de destruction qu’une semaine auparavant avec celles des Templiers. Il ne laissait aucune chance aux frappeurs adverses, presque tous incapable de cogner solidement la balle. Avec cette avance de 4 points, le grand gaucher retirait 11 frappeurs rouennais de suite entre la 2ème et la 6ème manche, avant que Mathieu Brau, une des battes rouennaises les mieux affutées du week-end, vienne interrompre la série, mais sans aucun autre dommage pour Montpellier.

Rouen essayait de revenir dans le match en 7ème manche avec Joris Bert qui déposait un ballon sur la ligne du champ gauche et filait en 2, avant de croiser le marbre sur une balle passée que Jean-Michel Mayeur (qui croyait à un hit-by-pitch sur le jeu), perdait de vue dans le back-stop. Mais Montpellier n’allait pas se laisser déstabiliser par ce semblant de réaction. Les Barracudas enfonçaient solidement le clou en 8ème manche, scorant après une nouvelle erreur de la défense rouennaise (le gimmick de ce match 2, erreur de Rouen, point de Montpellier), et quelques solides frappes dont un long double de Mayeur et un triple très « made in Veyrassi » de Pitcher.

Avec une avance de 7 points, Laurent Andrades se déconcentrait peut-être un peu en 9ème manche, et concédait deux points aux rouennais, mais la marche était bien trop haute pour que les Huskies puissent espérer revenir dans le match.

Que reste-t-il dès lors de ce premier week-end ? Montpellier a été à son meilleur niveau, solide en défense (mais jamais réellement bousculé), très appliqué en attaque, misant beaucoup sur les hit-and-run et les vols de bases, faisant preuve de discipline et d’opportunisme. Les lanceurs ont fait exactement ce qu’on pouvait attendre d’eux, lancer des prises, garder la balle basse, et mettre hors balance l’attaque rouennaise. Les Barracudas sont incontestablement sur une lancée positive, et ils ont, au fil des manches, gagné en sérénité et en confiance, faisant d’eux un adversaire des plus solides.

Les Huskies n’ont rien montré de bien positifs. Ils restent sur 4 défaites à leurs 5 derniers matches. Et depuis le grand chelem de Rickey Thomas contre Eloi Secleppe dans le match 1 de la ½ finale, leur attaque tourne au ralenti, frappant collectivement à peine pour .200. Si le pitching tient la route (hormis la 8ème manche du match 2 de la finale), ce n’est pas en marquant pas plus de 2 ou 3 points par match que les rouennais parviendront à créer l’exploit. C’est d’une prise de conscience collective qu’il doit désormais être question, une réaction de champions qui ne sont pas disposés à laisser gagner leur adversaire sans aller jusqu’au bout d’eux-mêmes.

Une atmosphère de fin de règne flotte indubitablement dans le ciel rouennais. Les Huskies auront-ils suffisamment de souffle (d’aucuns parleraient d’un organe situé plus bas, d’ordinaire associé à la virilité) pour balayer ces miasmes et faire briller leur 8ème étoile ? C’est tout l’enjeu des 7 et 8 octobre, des dates que les hommes de Robin Roy veulent graver dans leur histoire, comme celles du grand retournement. Ils n’ont jamais été confrontés à un tel défi. Voilà qui doit donner à des joueurs de ce calibre la motivation nécessaire pour prouver au baseball français qu’il ne faut jamais désespérer des rouennais.



[03/10/2011]
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