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Play offs : Montpellier 3ème adversaire

Tout va se jouer ce week end. Rouen et Montpellier s’affrontent. Celui qui remportera 2 des 3 matchs sera en finale. Quelles sont les forces et faiblesses des Barracudas ? L’analyse de quelques observateurs bien placés.

MONTPELLIER ATTEND CELA DEPUIS 14 ANS

A Montpellier, personne n’a oublié les saisons 1993, 1994 et 1995. Montpellier est au sommet du baseball français et remporte trois titres d’affilée sous la direction de Greg Hamilton (aujourd’hui cadre technique à Baseball Canada).
En 1994 notamment, sur la butte, Jeff Zimmerman balaie tout ce qui se présente devant lui. Il fera ensuite à partir de 1999 une belle carrière en MLB avec les Texas Rangers.
1995, c’est pourtant leur dernier titre de Champion de France. Les Barracudas ont depuis perdu sept finales ! La dernière en 2004.

FORCES

Une équipe soudée. Les Héraultais s’appuient d’abord sur un enthousiasme impressionnant. A Montpellier, le mot « équipe » prend tout son sens : pas de très grosses individualités (hormis les frères Cros) mais un collectif qui tire dans le même sens. L’entraîneur Jean Michel Mayeur n’y est pas innocent.

Un bullpen bien rempli. La grande force des Barracudas se situent aussi sur le monticule avec 5 lanceurs capables de prendre un départ en play-offs et de donner une chance à leur formation de l’emporter (T. Langlois, E. Massé, T. Meley, M. Blackmore et L. Andrades). Le bullpen montpelliérain dispose aussi d’un bon mélange droitiers / gauchers ce qui est assez rare dans le championnat. Peut-être de quoi conserver un peu de fraîcheur durant ces play-offs qui s’annoncent éprouvants sur la butte (3 matchs par week end) et puis comme dit l’adage : « The name of the game is pitching ».

FAIBLESSES

Un manque de muscles. Montpellier a longtemps été une équipe puissante au bâton (Lesfargues, Casacoli…) mais aujourd’hui, sans Anthony Cros, elle est sans doute la plus faible des 4 équipes qualifiées pour les play-offs dans ce secteur de jeu. Or dans les matchs serrés et tendus, un double ou un circuit peuvent changer la donne. En attaque, les Héraultais ne peuvent pas non plus s’appuyer sur beaucoup de vitesse mais ils compensent par de la course sur base souvent intelligente et une belle maîtrise du « petit jeu » (hit-and-runs et amortis bien exécutés). Un mental en question. L’entraîneur Jean-Michel Mayeur vous dira que le fiasco du challenge de France (éliminé dès les phases de poules alors que Montpellier organisait la compétition) a renforcé l’équipe mais on peut tout de même s’interroger : les Barracudas peuvent-ils répondre présents dans les grands rendez-vous ?

Le calendrier. Sur les 9 matchs des play-offs, Montpellier en jouera 6 à l’extérieur. Curieux ratio pour une équipe classée deuxième du championnat.

Le poids du passé. L’équipe en place n’y est pas pour grand-chose mais les Barracudas traînent aussi une réputation de « perdants ». Sept finales perdues depuis le dernier titre en 1995, la jeune génération pourra-t-elle en faire abstraction ?

Edouard Massé (crédit Christophe Elise)

CE QU’ILS PENSENT DE MONTPELLIER

Ils jouent ou entraînent à Clermont, Montigny ou Toulouse. lls ont affrontés Montpellier cette saison. Ils parlent des Barracudas.

OLIVIER CHARLIONNET (LANCEUR DES ARVERNES DE CLERMONT)

« Dès le mois de mars, je les voyais champions de France et je n’ai pas changé d’avis. La formule des play-offs est faite pour eux. Ils n’ont aucun « tueurs » sur le monticule mais leur bullpen est le plus profond du championnat ce qui leur permettra aussi de garder une certaine fraîcheur jusqu’à la finale. Un seul bémol pour les barracudas : sur les 9 matchs des play-offs, ils vont en jouer 6 à l’extérieur. Pas franchement logique quand on termine 2ème de la saison régulière. »

GREGORY FAGES (MANAGER DES COUGARS DE MONTIGNY)  

« Ils doivent aller en finale. Ils ont la rotation de lanceurs nécessaire et un esprit d’équipe qui leur sera utile dans ces matchs souvent tendus et serrés. A contrario, le groupe manque aussi d’expérience et il peut aussi craquer comme en ouverture du challenge de France chez eux. J’avoue être assez surpris de leurs performances depuis le début de saison : leur effectif est très jeune et, pour sa première année à la tête de l’équipe, Jean Michel Mayeur gère très bien son équipe tout en parvenant à rester performant sur le terrain. »

JAMEL BOUTAGRA (MANAGER DU STADE TOULOUSAIN)

« Ils ont toutes leurs chances d’aller en finale. Avec Rouen, c’est la formation la plus soudée, la plus complète et surtout, ils disposent de nombreux lanceurs. Peu d’équipes dans le championnat peuvent se targuer de compter dans leurs rangs autant de lanceurs partants. Ils n’ont pas fini à la deuxième place par hasard. Est-ce que leur manque de puissance peut peser ? Je ne pense pas. Ils ont pratiqué du « petit jeu » toute la saison, ils exécutent très bien et savoir poser un amorti en dernière manche, toutes les équipes n’en sont pas toujours capables... »



[17/09/2009]
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