Baseball. La Chine et Cuba dominent respectivement Taiwan et les Etats-Unis.
Envoyé spécial à Pékin JEAN-LOUIS LE TOUZET
samedi 16 août 2008
Les deux rencontres se sont déroulées sur des terrains quasi mitoyens à l’ouest de Pékin, pas loin du musée de la glorieuse Armée du peuple. Le représentant de la délégation taiwanaise, qui, trois heures plus tôt, n’était que sourires, était effondré. Il a expliqué en substance que nous vivons une époque tragique où « les Chinois découvrent soudainement le base-ball » et battent (8-7) une équipe qui a tant fait pour le rayonnement de ce sport en Asie : « En fait, nous aurions dû gagner. »
Literie.
Les Chinois trépignaient de joie. Leur coach principal, américain, James Lefebvre, n’en revenait pas : « La victoire est tellement énorme pour la Chine… Mais de grâce, ne me demandez pas de faire des commentaires politiques sur ce match ! Je ne connais qu’une langue, c’est celle du base-ball. » Son homologue taiwanais, Hong I Chu, avait, lui, avalé un sabre de travers : « On se connaît depuis longtemps… Leur entraîneur leur a fait faire de grands progrès, de très grands progrès… Mais je voudrais dire que nos joueurs n’ont pas pu s’endormir avant 2 heures du mat et on s’est levés à 7 heures pour disputer le match à 11 heures… »
Les défaites sont souvent composées de silence, d’aigreurs. Et la literie a bon dos. Le public chinois était comme fou. Les Taiwanais ont été beaux joueurs et ont félicité leurs voisins avec qui ils sont en froid depuis près de soixante ans.
« Honteux ».
Sur le terrain principal, les rapports étaient nettement plus tendus. Et ça avait mal commencé. Le premier lanceur américain touche le receveur cubain, histoire de l’intimider. Ça n’a pas loupé : regards mauvais, frôlements d’épaules. Durant les trois heures et vingt minutes de la partie, les joueurs ne se sont pas adressé la parole. Le deuxième incident survient alors que les équipes sont à égalité. Pedro-Luis Lazo, le lanceur vedette dont on ne connaît pas précisément l’âge (tantôt 38 ans, tantôt 42), mais deux médailles d’or olympiques et une d’argent au compteur, n’en finit pas de gratter la terre rouge avec son pied et lance finalement. En face le batteur Nix, qui joue en Major League et auteur d’un home run en début de partie, se prend la balle dans la figure. Interruption de la partie. Nix sort et Cuba gagne 5-4.
Dans la zone mixte, Jose Camacho, l’un des cinq entraîneurs cubains, s’en prend au coach américain, qui a laissé entendre qu’il s’agissait d’un lancer intentionnel : « C’est honteux de dire ça ! C’est sûr que c’est toujours spécial de jouer contre eux. Mais c’est la réalité du terrain qui a parlé, pas la politique. » Dehors les journalistes cubains se tombent dans les bras. Alors José, intentionnelle cette balle dans la tronche ou pas du tout ? Sourire de Camacho : « Hé, hé, mais c’est la réalité du terrain… »
http://www.liberation.fr/actualite/sports/jo2008/actualite_jo/345501.FR.php
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SCOUTS TOUJOURS
Ils sont assez reconnaissables car bagués comme des oiseaux, de grosses chevalières au doigt. Et suivent tous les matchs du tournoi de base-ball dans les tribunes. Ce sont les « scouts », ces superviseurs dépêchés par les équipes pros de la Major League américaine. Vendredi, ils scrutaient les leurs en priorité. Mais aussi l’équipe cubaine dont ils ne désespèrent pas, un jour, de débaucher un joueur. Ariel Pestano, le receveur magique, a été approché par la bande car, officiellement, les Cubains ne parlent pas. Il vaudrait un peu plus d’un million de dollars (680 000 euros) par mois chez les Chicago White Sox. Chaque Cubain pourrait toucher chez le grand voisin dans les 500 000 dollars mensuels. Mais pas question qu’un des gars parte aux Etats-Unis. Un tel affront ferait tâche quand Raul Castro a fait d’Alexander Malleta, le jeune intérieur d’Industriales La Havane, le porte-drapeau de la délégation cubaine.
RESULTATS DU JOUR
Taïwan Cuba 0-1
Pays-bas Chine 6-4
Canada - USA 4-5
[16/08/2008]











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