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Joris Bert : "Je ne m’occupe pas de la concurrence"

Le Rouennais Joris Bert fait les beaux jours de son équipe des Dodgers en Floride. Le premier français à avoir signé pro aux États-Unis réalise un excellent début de saison. Tout en gardant un œil sur Rouen. Interview.

Véro Beach (Floride) - le 4 juillet 2008

Joris Bert a commencé sa saison aux Etats-Unis, en Floride, par une bonne nouvelle. Il a récupéré le chandail floqué du numéro 27. Son numéro. Comme à Rouen. Et cela lui réussit. Depuis le début de saison, Joris a gagné sa place de titulaire dans l’équipe des Dodgers en Gulf Coast League, l’équipe des rookies de Los Angeles. Et il frappe. Sept matchs, huit hits en 21 passages au bâton pour une moyenne de .381. Une moyenne de présence sur les buts de .536, avec 6BB et seulement 3K. Le soleil brille sur Vero Beach. Ce qui n’empêche pas Joris de regarder avec beaucoup d’attention les performances des Huskies.

- Comment se déroulent tes journées ?
Mes journées sont les mêmes que l’an passé, quand on joue à domicile on fait un batting practice sur le terrain avant le match, sinon c’est en cage et ensuite départ en bus à destination du match.

- Sur le terrain, comment ca se passe depuis le début de la saison ?
Ca se passe vraiment bien, je suis confiant dans tous les domaines, tant à la frappe qu’en champ extérieur, je prends mon pied.

- La concurrence est rude ? Qui sont les autres champs extérieurs ?
On est 5 outfielders, 3 américains, 1 dominicain et donc un frenchy. Moi, je ne m’occupe pas de la concurrence, certains jouent plus que d’autres, à chacun de s’imposer.

- La situation est différente de l’année dernière ?
Oui, tout d’abord j’ai vraiment confiance en moi, j’ai vraiment mûri dans tous les domaines, j’ai compris ce qu’on attend de moi et je fais tout ce que je peux pour servir au mieux l’équipe. Mon approche au bâton et mes objectifs personnels sont clairs à chaque at-bat. J’ai appris la patience, j’ai compris qu’il n’était pas nécessaire de swinguer tous les strikes, seulement le pitch qui me convient. Et si ce lancer n’arrive pas avant 2 strikes, et bien ensuite je m’ajuste et je mets la balle en jeu...

- Tu es arrivé plus tôt cette saison, ca change tout ?
Oui, tout à fait. Premièrement dans mon état d’esprit, je me sens intégré à l’équipe et ensuite je connais mes coéquipiers et ce sont mes amis.

- C’était impressionnant de côtoyer tous les joueurs de la MLB ?
On a côtoyé ces joueurs durant le spring training et maintenant ils sont tous à Los Angeles. Actuellement, il y a aussi des joueurs de AAA, de AA, qui sont avec nous en rééducation, de retour de blessures, et quelques joueurs de MLB comme Tony Abreu, Andy Laroche etc

- Dans quel domaine as tu l’impression d’avoir le plus progressé ?
Mon approche et mes at bats, je n’ai pas peur d’avoir 2 strikes au compte, c’est normal maintenant. En défense aussi, en outfield, au niveau de la régularité de mes lancers, la capacité à toucher le cut off à chaque fois, j’ai vraiment progressé.

- Que disent tes coachs ?
Ils me félicitent quand je fais des bonnes choses et m’expliquent quand je fais des erreurs, des erreurs de courses sur bases notamment. Ils cherchent toujours à me faire progresser dans ce domaine.

- Quels sont tes objectifs ?
Je n’ai pas vraiment d’objectifs personnels, si ce n’est que de corriger mes défauts. Je veux aider l’équipe à gagner le plus de match possible. Je joke (chambre) également.

- Crois tu que d’autres français peuvent suivre ton parcours et être repérés par les clubs de la MLB ?
Bien sur que oui, Fred (Hanvi) m’a suivi, et ce ne sera pas le dernier, il y a beaucoup de potentiels en France, c’est dur de les exploiter mais cela va venir.

- Fred Hanvi, quel conseil lui donnes tu ?
Fred sait qu’il est bon, il est encore un peu jeune, il a juste besoin de temps pour se développer, tout ira bien pour lui, j’en suis sûr.

- Il y a d’autres européens dans ton championnat ? Tu les connais ? Tu as discuté avec eux ?
Oui, je connais bien deux Allemands et un Hollandais, Rodney Guesman, qui a arrêté sa carrière prématurément à cause d’une blessure à l’épaule qui ne guérit pas.

- Tu suis le parcours de ton club, Rouen ?
Bien sûr !

- Et alors, qu’en penses-tu ?
En toute franchise, j’étais super déçu du début de saison des Huskies, je l’ai dis à tout le monde mais, depuis peu, la machine s’est relancée, le team spririt est revenu. Je comprends que l’équipe soit différente de l’an passé et que chacun a sa vie personnelle et professionnelle mais sur le terrain, on est tous des Huskies, tous de la même famille. Alors avec ça, on est imbattables.

crédit photos : Christophe Dupont Elise



[03/07/2008]
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