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Elise, l’esthète

La plupart des magnifiques photos des Huskies sont signées Christophe Elise. Que ce soit en MLB à Los Angeles ou en Élite à Rouen, Christophe sait mieux que personne saisir les émotions et la beauté du baseball. Entretien.

Christophe, tu peux te présenter ?
Christophe Elise, jeune (par l’expérience, 5 ans) photographe professionnel, spécialisé dans le sport, journaliste en presse écrite de formation. Je travaille plus particulièrement sur le baseball - à travers le monde - et le basket - surtout le championnat NBA aux USA - mais ne néglige quasiment aucun sport, si ce n’est peut-être les sports mécaniques. Mon parcours m’a donné l’opportunité de suivre des dizaines de disciplines. Au delà de la couverture de matchs, de compétitions, je travaille de plus en plus sur des portraits.

Comment as-tu découvert le baseball ?
Jeune adolescent, mes premiers contacts ont été via la littérature américaine dont je raffolais déjà. Les nombreuses références au baseball saupoudrées ici et là n’ont cessé de titiller ma curiosité pour ce drôle de sport. Dès lors, j’ai taché d’en savoir plus, de le découvrir et le comprendre, tombant vite amoureux de ce sport. Un amour qui n’a pas faibli depuis. J’ai aussi un peu pratiqué, mais dans les années 80, dans le coin de France où je vivais, les structures et les moyens de se former étaient plutôt faibles. Rapides retours sur les terrains en 1996 à Olivet, puis début des années 2000 aux Patriots, mais à chaque fois un événement majeur ou le travail m’a hélas contraint à abandonner. En 2002, j’ai assisté à un match des World Series entre les Giants et les Angels à San Francisco, et 3 ans plus tard je débutais une carrière de photographe de sports. Depuis, j’ai couvert de nombreux événements dans le baseball : matchs MLB, World Baseball Classic, championnats d’Europe, du monde, etc...

Qu’est ce que tu aimes dans ce sport en tant que photographe ?
Quoiqu’il en soit, en devenant photographe professionnel, il était impensable que je ne travaille pas sur le baseball. Il m’est probablement difficile d’avoir du recul sur ce sport que j’aime tant, mais c’est réellement une discipline photogénique. Ne serait-ce que l’ensemble des matériaux, couleurs : le bois, le cuir, le vert du terrain, la terre, etc. Les attitudes, les postures, la gestuelle sont gracieuses. La variété des prises de vue possibles est assez étendue, du pitcher aux actions en infield ou outfield, l’attente dans la batter box, les attitudes dans le dugout, la gestuelle des umpires. Les objets sont intéressants aussi. J’ai d’ailleurs débuté un travail sur la batte et les objets autour de la batte, intitulé Batworld, dont on peut voir (et commander) les photos à cette adresse : http://www.darqroom.com/portfolio/29551

Comment prendre une bonne photo de baseballeur ?
Question délicate ! Comment prendre une bonne photo, de baseballer ou autre ? En regardant, encore et encore, en observant, avant de coller son oeil dans l’oeilleton. Les occasions ne manquent pas en baseball, mieux vaut éviter de trop se concentrer sur les actions dans l’outfield. Evitez aussi l’at bat en France car les fonds sont souvent peu harmonieux. Rapprochez vous de la première base, ou de la troisième, et tachez de vous focaliser dans une zone d’actions proches.

Quels conseils pourrais-tu donner à un jeune photographe qui veut saisir le baseball ?
Se faire expliquer le sport, et l’observer avant de tenter de le shooter. Et surtout ne pas tenter de tout suivre, de photographier tout ce qui se passe, mais commencer par se focaliser sur une position.

Avec quel matériel travailleras-tu lors de la finale ?
Deux boitiers Canon, un 1D Mark IV et un 1DS Mark III, et plusieurs objectifs : un 400mm 2.8 L IS, un 70-200mm 2.8 L IS, un ou deux grands angles, et un flash autonome Elinchrom Ranger RX AS.

CE QU’ILS PENSENT DE LUI

Christophe fait définitivement partie des passionnés de notre sport. Je pense que l’on ressent cette passion dans ces photos. Il faut le voir à l’œuvre à toujours chercher le meilleur angle, anticiper et être prêt pour telle ou telle situation. Il vit le match à travers ses photos. C’est un pro et il se prépare comme tel. De plus, c’est quelqu’un d’apprécié dans l’entourage des joueurs pas sa convivialité, son attitude positive. Mais il faudrait réussir à savoir qu’elle est réellement son équipe favorite ! J’en profite au passage pour saluer Patrick et David, fans du club et également passionnés de photos qui nous proposent aussi de jolis souvenirs.
Robin Roy, manager de Rouen

Christophe est un grand photographe, qui a parfaitement saisi l’esprit du jeu, et qui sait le retranscrire dans ses images. C’est un atout incroyable pour le baseball français de pouvoir compter sur les clichés d’un grand professionnel comme lui. Il a une des qualités majeures du photographe, on ne le voit pas travailler, puis, quand on constate le résultat, c’est à chaque fois un émerveillement. J’espère qu’il continuera longtemps à suivre le baseball français en général et les Huskies en particulier. J’invite d’ailleurs tous les baseballeurs à acheter ses clichés, car c’est d’une part une façon de le remercier, et surtout de l’inciter à continuer. Le Balck Wall, The Perfect, L’Unique, Christophe Elise est incomparable, sa modestie (hum, hum) dut-elle en souffrir
François Colombier, assistant coach Rouen

C’est incontestablement le meilleur photographe du baseball français ! Il connait le jeu et anticipe parfaitement les actions.
Kenji Hagiwara, centerfield Rouen

UNE PHOTO QU’IL AIME

J’ai une certaine fascination pour la position de pitcher, la solitude, le point d’ancrage d’une équipe, que représente ce joueur. J’ai certainement fait plus de photographies de pitchers en baseball que de toute autre position.
J’aime particulièrement cette photographie de Peavy car elle est assez rare dans le travail que je mène autour de cette position. L’instant est symbolique de ce lien qui relie le pitcher à sa défense. Dans le cas présent, elle représente la déception, la lassitude, d’un pitcher qui n’a pu compter sur sa défense sur une action. On aperçoit très légèrement, au fond, dans la partie basse de la composition, la tête baissée d’un joueur de cette défense.
L’instant sera fugace, et Jake Peavy reprendra bien vite sa place sur le monticule, face à son catcher, mais pendant un bref moment, on a un coup d’oeil de ces moments de doutes, de cette communication silencieuse, faite d’un regard, d’un geste, d’un hochement de tête, d’une casquette repositionnée, d’une balle jetée plus nerveusement dans un gant, qui sont aussi l’essence du langage d’initiés de ce sport.
Cette photographie me plaît pour toutes ces raisons. Aussi parce que je l’ai vue et pensée en noir et blanc, et que rarement j’ai le désir du noir et blanc dans ma pratique. En l’état, le résultat est épuré comme je le souhaitais.



[15/10/2010]
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